‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 154 sur 180 · LIVRE DIJC-SEPTliMB · texte numérisé non relu

LIVRE DIJC-SEPTliMB

Louis XVIII lui-même^ ne.se faisait appeler dans l'étranger, que le comte de Lille ; et un Corse plus obscur d'origine que ce roi Théodore qui avait un instant donné deslois dans sa patrie, entrait en fureur s'il n'était qualifié de majesté. Cet hoiniHe alla jusqu'à dire au chirurgien 0-Méara,«5'«'//a/- « mer ait mieux mourir^ que de consentir à ce qu'il i< le nommât général Bon aparté dans les bulle* « tins de sa santé ; » et l'on a parlé du grand caractère de ce personnage ! Si la vanité fut toujours la preuve d'un petit esprit , que penser du prisonnier de Sainte - Hélène ; et comment l'adversité nous le représente-t-elle?

Bonaparte ne se borna pas à réclamer le titre, suivant lui, ineffaçable ^empereur ; il se disait libre ^ et refaisait de convenir qu'il fât le prisonnier des monarques alliés. Il était pourtant mauifeste qu'en i8i5, s'étant mis en guerre ouverte avec toutes les puissances , il avait été vaincu à Waterloo; et que cherchant à parvenir dans les États-Unis, il n'avait pu obtenir de Wellington un passe-port ; et que , sans moyen d'échapper à la croisière anglaise , il s'était rendu au capitaine du Bellérophùn^ lequel ne l'avait reçu momentanément sur son bord, qu'en attendant les derniers ordres de son gouvernement. Peu importait que Bonaparte eût artificieusement demandé au prince -régent, à vivre sous les lois de la

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Grande-Bretagne ! Est-il uij prisonnier qui n'eût |3as. préféré cette dépendance à la détention? Pour prouver ses droits à la liberté, Bonaparte al léguait qu'il aurait pti se mettre à la tête de l'arraée delaLoireet prolonger la guerre; mais il n'ignorait pas que la commission du gouvernement et le ministre Davoust, s'y étaient opposés. N'aurait-il pas dû se souvenir de là réclusion qu'il avait imposée à Ferdinand VII,- aux infans, à la reine d'Étrurie , au pape ? Mais le vice arrogant se dissimule ses propres écarts. La rage de Bonaparte contre le gouverneur, sir Hndson- Lovvre, devint une véritable mbnomanie;il lui parlait avec une insolence effrénée; et sir Hudsoi^-Lowe ne put s'empêcher de dire un jour « qu'il regardait le pacha de Janina, Ali (i), « comme un coquin beaucoup plus estimable que « Bonaparte qui mériterait d^être mis aux fers, » Ainsi l'exilé s'exposait à être flétri par les qualifications les plus injurieuses; et sans doute il le méritait celui qui n'ayant jamais rien respecté, affectait encore l'empire , et outrageait le pouvoir légal.

On reconnaît qu'il était poignant pour Bonaparte, d'être le captif d'une nation dont il avait si souvent juré la ruine; mais puisque, dans une

(i) Ali, fameux par ses rapines et ses cruautés.

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