‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 177 sur 180 · LIVRE DIX-'HUITIÈMK · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-'HUITIÈMK

ment français (i), etqui avait tant aigri les nations vaincues, eût été plus mitigé, tandis que Tusage étendu qu'on en faisait dans ce moment, tendait à l'introduire indéfiniment dans le code des nations. Ces contributions excessives en prolongeant pour un tems indéterminé, les privations d'un peuple, lui sont souvent plus pénibles que la cession de quelques places fortes.-

La contribution de sept cents millions jointe aux frais d'entretien de 1 5o,ooo hommes, pendant cinq années, et à des remboursemens de diverses natures, étaient une charge bien pesante. Néanmoins, animée non de ce patriotisme qui éclate en phrases sonores ou qui cherche à se signaler par la ruine des autres peuples, mais se manifeste par de grands sacrifices, la France sut faire honneur à son immense dette. En voyant combien lui coûtaient les conquêtes de la révolution, elle put mieux apprécier la gloire paisible dont ses anciennes annales lui offrent de si beaux exemples. La réflexion eût dû la convaincre plus tôt, que le système d'invasion et la lutte constante avec l'Europe, devaient finir par quelque éclatante catastrophe, effet ordinaire

(i) On pourrait évaluer à plus de trois milliards, les contributions déguisées sous différens noms, que le gouvernement français leva sur différens peuples depuis 1792.

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et mérité de l'abus de la puissance. La réconciliation entre les autres peuples et la France, n'eût pu être sincère, tant que l'Europe fut restée flétrie par des succès non compensés, au lieu que la réconciliation est désormais scellée par une balance

' de gloire et de revers. L'humiliation o'a plus de vengeance à rechercher; les affections se sont raniméejs ; la parole française a repris son antique réputation ; et le cabinet des Tuileries pourra être encore médiateur pacifique, ou protecteur généreux.

Les grandes puissances alliées, l'Autriche,

' l'Angleterre, la Russie et la Prusse, conclurent entre elles , le même jour que cehii de la signature de la paix avec la France , un traité de garantie qui, en confirmant ceux de Chaumont du i*^ mars i8i4?et de Vienne do aS mars i8i5 , reconnaissait dans le préambule, « que le rétablissement de l'ordre en France et le repos de l'Europe étaient fondés sur le maintien de l'autorité royale et de la Charte constitutionnelle. »

Ce traité confirmait i*^ V exclusion à perpétuité du pouvoir suprême en France^ à V égard (k Bonaparte et de sa famille.

2° Dans le cas où les troupes que les alliés devaient laisser en France, seraient attaquées, ou qu'elles seraient obligées d'entrer en guerre

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contre la France , le contingent de chacune des quatre grandes puissances devrait être augmenté de 60,000 hommes.

3® Pour assurer l'exécution de ce traité , les hautes puissances contractantes convenaient de renouveler à des époques déterminées , soit sous les auspices immédiats des souverains , soit par leurs ministres respectifs , des réunions consacrées aux grands intérêts communs, et à l'examen des mesures qui , à chacune de ces^ époques , seraient jugées les plus salutaires pour le repos et la prospérité des peuples, et pour le maintien de la paix de l'Europe.

C'est ce dernier engagement pris entré les puissances, qui prépara les résolutions définitives dont nous allons parler, et qui servent de complément au Congrès de Vienne.

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