LIVRE BUITIÈME
occupation , couvraient 'des machinations. On pensait qu'il combinait avec sa famille , avec Lu*^ cien, son frère, et ses confidens secret^, les moyens de ressusciter sa grandeur passée. Dans la réalité 9 il entretenait des relations clandestines avec les chefs des factieux qui noui^rissaient son ambition de folles espérapees, et invoquaient son génie pour venir rendre le bonheur à la France^ c'est-à-dire, leur rendre à eux-mêmes le pouvoir.
Le bruit de la prochaine rupture du Congrès, l'alliance défensive du 3 janvier entre la France, l'Autriche et l'Angleterre, et l'opinion que les Belges, les Polonais et une partie de l'Allemagne, brillaient de se ranger sous les drapeaux de Bonaparte, échauffaient une multitude d'hommes remuans ou sans principes. Le gouverneniënt d'un homme qui se jouât de tout ce qu'il y avait de sacré , convenait à leur immoralité. Us éxprimàîent leurs Regrets sur les cessions immenses de territoire, et ne cessaient de préconiser le génie guerrier de Bonaparte , con^me le seul gage de la prospérité publique. Là sagesse du cabinet de Louis Xyill, la bonne intelligence avec les puissances étrangères, la bienveillamce générale , l'esprif: d'humanfîté , étaient traités avec dédain; Incendier de nouveau l'Europe, paraissait à certains yeux, le sublime de
4 COWGRÈS DE VIKNWE.
la politique. Ces génies turbulens adressaient secrètement leurs vœux à Bonaparte ; et celui-ci crut qu'ayant le parjure et Taudace pour auxiliaires, il pourrait tout oser. Le a6 février au soir, il fait inopinément embarquer quatre cents soldats de. la vieille garde et cinq cents hommes (te différentes armes qu'il répartit sur un brick armé et sur six petits bâtiments, et il va aborder, le i^"* mars, près de Cannes^ dans le golfe de Juan. Pourvu de plusieurs milliers de. proclamations séditieuses, et d'une forte somme d'argent que lui avait procurée sa famille, il ne tarde pas à se porter dans l'intérieur de la France étonnée. La nouvelle de l'irruption de Bonaparte arriva, à Vienne, le 5 mars au soir, au moment où se donnait chez l'impératrice d'Autriche, une représentation d'un Tableau vwant rappelant ^ l'entrevue de Maximilien V^ avec Marie de Bourgogne , grand et mémotable souvenir pour la maison d'Autriche. Tandis, que le nom et le choix des nobles acteurs de cette brillante scène , ainsi que l'élégance des costumes et les situations diverses présentaient un ensemble qui charmait les regards, tout à coup une sourde rumeur, ipdice de quelque événement important, vient troubler le majestueux ensemble de la représentation. Le Tableau se sépare, tous les spec-