‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 3 sur 180 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

tateurs se mêlent, s'interrogent; et les souverains eux-mêmes se mettant à l'écart, s'entretiennent avec un air fortement préoccupé. Le secret rfest pas Icmg-temps gardé; et Ton apprend que Bonaparte a abandonné File d'Elbe, et qu'il s'est embarqué ; mais l'on ignore encore pour quel point, et dans quel but; ce n'est que le 8 mars, qu'un courrier de Sardaigne apprend la nouvelle de son arrivée sur la côte de Provence.

Avant de tracer les suites de cet événement, il est juste de repousser l'opinion aussi fausse qu'absurde, d'après laquelle la pensée émise à Vienne, par quelques ministres , de transporter Bonaparte à Sainte-Hélène , ou dans Tune dés Açores, aurait eu pour objet de le poussier à l'incartade hardie qu'il venait de commettre, afin de j uat ifier par-là de nouvel aux sévices contre lui, ainsi qu'une seconde invasion delà France, comme ayant été trop ménagée par les alliés; et ^ que c'était' dans cette intention qu'ils continuaient à tenir leurs troupes sur le pied de guerre. Les alliés s'étaient engagés, par le traité de Londres du 29 juin 18149 à conserver un nombre suffisant de troupes potn* l'exécution du traité de Paris du 3o mai; et depuis les armements avaient subsisté pendant les discussions au sujet de la Saxe et de la Pologne; mais^tQu^;

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ayant été réglé à cet égard , dans les premiers jours de février i8f5, les troupes allaient être réduites par les divers souverains déjà prêts à retourner dans leurs états , lorsqu'ils se trouvèrent , à leur grand regret, jetés au milieu d'embarras aussi fâcheux qa'inattendus.

L'impression que fit l'irruption de bonaparte, soutenu par l'armée française, fut profonde; et si , pour la vanité turbulente , c'est une vive jouissance d'appeler sur soi les regards universels , le plus vain des hommes put dès lors recueillir l'unique prix de son entreprise. Son nom répété retentit partout comme un cri d'alarme. I^es peuples , occupés déjà à soigner les plaies dé trente ans de désolation , sont troublés. Ces nuées de soldats qui aspiraient à secouer dans leurs foyers la poussière des camps; la jeunesse qui avait quitté la robe académique pour arborer le panache et la cuirasse ; l'artisan et le laboureur, ehrôlés dans la landwher; tous sont déconcertés par l'ambition du perturbateur du monde. Mais ce qui honore également les princes et les individus, c'est que l'union des sentimens et le concours de toutes les volontés , l'ardeur patriotique et l'enthousiasme belliqueux furent aussi uniformes qu'en iâi3. Pas une seule défection, pas ime désertion, pas la plus légère hésitation. L'Europe individualisée, pour

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