‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 37 sur 180 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

de la ville et de l'état de Gênes ; et une députàtion se rendit à Turin à la fin de janvier i8f4» pour assurer le roi de Sardaigne de leur entière soumission.

Les antagonistes de la réunion de Gènes au Piémont, ont prétendu qu'elle était une atteinte aux droits des nations. Mais l'étal de Gênes pouvait-il avec fondement réclamer son indépendance, après avoir favorisé les vues envahissantes de la république française en Italie, et avoir demandé à lui être incorporé? Ce pays était du nombre de ceux qui ayant sollicité des chaînes, avaient perdu tout droit à une entière liberté. Telle avait été du moins la conduite d'un .grand nombre de Génois. Les états médiatisés en Allemagne , et les villes impériales ; étaient dans une situation bien plus intéressante; et néanmoins le Congrès ne put les rétablir dans leurs immunités. L'on pourrait même dire que cette assemblée, en réunissant Gênes au Piémont, aux conditions indiquées, fit beaucoup pour le peuple génois qui n'avait point mérité de l'Europe. Les Généis réclamaient les engagemens pris parles généraux anglais; mais les promesses des chefs militaires doivent toujours être ratifiées par le cabinet; et l'Angleterre n'avait pas confirmé celles de lord Bentinck. Le Congrès ayant résolu pour la sûreté de

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l'Europe , de fortjûep le nord de Tltalie , il était évidenj: qu'on ne pouvait y parvenir qu'en réunissant letat de Gênes au Pién)ont. On peqs^ qu'il valait mieux confier au roi de 3{4*^Aigne |a garde entière des Alpes, que de la partager entre lui et un petit état qi^ n'avaif: d'ai|tre d^r fen&ç qif' une neutralité jamais reapectée.

Les ennemis de la réunion disaient qja^ Iç commerce de Gènes succomberait sous le poids des nouve^px impots , et quples ii^térets du peuple piémontais, partie prinicipale de la monarchie ^ardç, seraient toujours préférés apx intérêts de * Gênes. Ils faisaient valoir l'opposition des mœurs, des caractères^ des habitudes, une antipathie, effet de deux siècles de querelles, et ne voyaient dans l'union qu^ des élémens de discorde et, de faiblesse, de décadence , de misère ou d'avilissement. Le même parti cherchait à intéresser l'Angleterre , en lui offrant de mettf e Gênes 3pns sa protection, par l'appât des avantages qu'elle tirerait de son port daps la paix et dans la . guerre. Mais li^ plupart de ces motifs se trouvaient détruits par les faveurs accordées aux habitans et au commerce de Gênes , ou disparurent devant la raison d'état européenne.

L'acquisition de l'état de Gênes et la neutralité perpétuelle du Chablais et du Faucigny reconstituèrent la monarchie sa^de, qui, quoique

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