‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 38 sur 180 · LIVRE DIXIKM · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIKM

état secondaire', fnit partie e&$entielta de l'ordre général, eomipe up des remparts de W Vétùnsuie. Cette monarchie a acquis des élémens de force maritime et de prospérité commerciale qui relèvent au second rang des états. Elle a, sans coup férir, atteint ses plus hautes espérances qui s'étaient toujours portées vers l'acquisition de l'état de Génes^ comme moy^ de communication lihre avec la Sardaigpe. Ce qui a dû accroître la satisfaction de la cour de Turin , c'est qu^elle fut invitée à s'agrandir, et n'eut d'autre sollicitude que de régler avec le Congrès le6 formes d'un bienfait sans prix. Tout vint au-devant de ses vœuK^ comme pour honorer ses disgrâces, et confirmer par son exemple que la ss^esse politique est à la longue plus forte que les armes.

On a vu, dîins l'introductioB , les événem^ns qui avaient successivement enlevé la Toscane an grand-duc et à l'infant de Parme devenu roi d'Étrurie. Le roi^ de Naples , Murât, à la suite de son alliance avec, l'Autriche du ii janvier 1814^ ^ysâX fait occuper la Toscane, et en avait expulsé les Français; mai^ lord Bentinck ayant débarqué, le 8 mars, à Livourne, avec des Anglo-Siciliens ; et de plus , une convention pour l'évacuation de toute l'Italie par les Français^ ayant été conclue^ le 17 avril, entre le général

lOO GONGRJilS DE VIENNE.

de Bellegarde et le vice-roi (^'Italie, la Toscane avait été rendue à son ancien souverain, Farchiduc Ferdinand , qui n'avait pas hésité à quitter la ville de Wurtzbourg où, par des combinaisons bizarres, if avait été transféré en 1809. La cour de Madrid songea à faire valoir les prétentions sur la Toscane, de l'infant don Charles-Louis, lils de Louis I , roi instantané d^Étrurie. Le plénipotentiaire espagnol, le chevalier Labrador, qui avait également les pleins pouvoirs de la reine douairière d'Élrurie, tutrice de son fils, remit, le 11 novembre i8i4> au prince de Metternich une note portant en substance, «que la Toscane, cédée par l'Autriche à la France , par le traité de Lunéville, avait été transportée à l'Espagne par le traité de Madrid du ai mars 1801, en échange du duché de Parme et de la Louisiane; que Napoléon avait depuis usurpé la Toscane sur la reine Marie-Louise et son fils, sans leur donner d'indemnité; et que l'envahissement nouveau de ce pays en 1814^ par le roi de Naples, et peu après par les alliés, ne les avait point autorisés à en disposer, au préjudice de l'infant donCharles- IjOuîs, en faveur de l'ancien grand-duc, pourvu successivement des pays de Saltzbourg et de Wtirtzbourg. »

Le plénipotentiaire du grand-duc de Toscane, don Neri Corsini, dans sa note du 5 décembre

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i8i49 ^H réponse à celle de l'Espagne, se prévalait d'abord, de la réintégration de son souverain dans ses anciens états, formellement reconnu dès le mois de mai i8i4t par les puissances alliées. Il se prévalait aussi du traité de Paris du 3o mai, par lequel la France avait fait aux mêmes puissances, la cession absolue et non conditioimelle de tous les pays qui, pendant la guerre de la révolution, avaient été envahis par elle, hors des anciennes limites de la France. Don Neri ajoutait : « Que la dynastie légitime de France « n'avait jamais reconnu en Toscane d'autre sou- « veraineté que celle du grand-duc, et qu'on ne a pouvait douter un seul instant qu'elle n'eût « déjà sanctionné la destination officiellement « et publiquement donnée à ce pays, avant la « stipulatiqn du traité de Paris, d'autant plus « qu'elle ne pouvait qu'être constamment atta- « çhée aux principes conservateurs des ancien - « j[ies dynasties, et fidèle à Texécution des traités a dans lesquels la France, pendant le siècle der- «( nier, avait été partie principale et garante de «( la possession de la Toscane, en faveur de la « dynastie qui y avait été rétablie. » Le plénipotentiaire, toscan faisait évidemment allusion au traité de Vienne du 3 octobre 1735, confirmé par diverses stipulations successives, et portant

lOÎ COIV&RÈS DE VIENNE.

échange de la Toscane contre la Ix)rraine , patrimoine primitif de la mai^oh d'Autriche. A la suite de cette déduction , don Neri pénétrant plus avant dans la queétiori, soutenait : « Que le « grand-duc y nanti de 6és anciens titres con* « firmes par des acteâ récens, lié devait pasat- « tendre du Congrès , la légitimation de ses cf droits reconnus par le vœu prescjue unanime de (c toutes les puissances. » Abordant la difficulté élefvée par le plénipotentiaire espagnol , et retraçant l'histoire de l'usurpation de la Toscane, faite par Napoléon , pendant l'armistice de Marengo, pkr une infraction ouverte de cetarmistic^e, don Neri se prévalait i** du traité de Fontainebleau du 27 octobre 1807 qui annulait les dispositions de celui de Lunéville, du commun consentement de la France et de l'Espagne; et 2? de l'Édit delà reine d'Étrurie, publié après ce ti*aité, par lequel elle déliait les Toscans de tout serment de fidélité, comme étant appelée à gouverner d'autres états. En effet , la reine trompée par Napoléon , et croyant retrouver en Portugal un trône plus brillant , avait quitté Florence avec ses enfans.

«An surplus, disait don Neri, la question (si c'ett « est une) se réduit à des termes fort simples. La « France et l'Espagne, qui s'étaient réunies pou* «créer le royaume d'Étrurie, stipulèrent, d'un

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