‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 5 sur 180 · L1VR£ HUITIÈME · texte numérisé non relu

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n'entrevoyait point de danger imminent. L'Angleterre, unie par sa récente alliance avec la France et l'Autriche, quoique bien convaincue de la nécessité de transporter Bonaparte sous des latitudes plus éloignées, ne donnait pas une attention particulière à sa conduite. Mais la Russie et la Prusse, qui se trouvaient en opposition avec la France, l'Autriche et l'Angleterre, par rapport à la 'Pologne et à la Saxe, pouvaient, sans croire à la possibilité d'une rupture, envisager d'un autre œil, le séjour de Bonaparte dans l'île d'Elbe ; et bien éloignées pourtant de vouloir se servir d'un pareil instrument, elles pouvaient penser que son voisinage tiendrait en réserve là cour des Tuileries, et atténuerait son opposition à leurs prétentions ; car tel est le fatal effet des divisions politiques qu'elles entraînent à ménager le méchant détesté.

Ceux qui ignoraient ces dispositions diverses suggérées non pas par les affections, mais par la position du moment , s'étonnaient que le Congrès eût tant tardé à repousser dans d^utrès climats l'ennemi de la paix; mais d'après le traité du 1 1 avril que les puissances devaient maintenir, Bonaparte jouissait, dans l'île d'£lbe, d'une entière indépendance. Les principales puissances ne commencèrent à raisonner sur sa translation dans un autre hémisphère, que lors-

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que les arrangemens majeurs eurent été arrêtés^ et que les plaintes dès souverains d'Italie, notamment du grand^due de Toscane, sur le voisinage de Bonaparte , se furent aecumulées. C'est alors que le plénipotentiaire portugais, Palmella^ of* frit l'une des Açdres, potir lieu de la réclusion de Bonaparte , et que l'Angleterre offrit Sainte- Lucie ou Sainte^Hélène ; mais l'aveu de leurs cours et le transport de ce personnage dans l'une de ces îles , emportaient d'indispensables délais. Bien plus, il eût fallu un armement; car il n'est pas vraisemblable que Bonaparte, maître d'une aussi forte place que Porto-Ferrajo, et ayant huit cents hommés'ientièrement dévoués à sa personne , se fut rendu à la première sommation; Le Congrès, préoccupé par ime multitude d'af-^ faires graves, ne paraissait donc deyoir prendre, à l'égard de Bonaparte, une résolution définitive qu'à la fin de ses séances, d'autant qu'on était loin de regarder à Vienne les suites de son évasion comme aussi menaçantes qu'elles le devinrent. Une des causes immédiat^es de ce fâcheux évé-» nement fut la négligence à l'observer du côté de la mer, quoique beaucoup de marins prétendent que dans ces parages la surveillance est fort difficile. On a reproché au colonel anglais , Ciimpbell, qui résidait à Tîle d'Elbe, d'avoir laissé évader Bonaparte; mais il n'avait pas le

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