LIVRE HUITIÈME. II
droit de le surveiller; et on ne voit pas même à quel titre il résidait dans Tîle ; le traité du 1 1 avril n'y établissait point de commissaire de l'An* gleterrè. Soii court voyagfe à Lîvourne né peut lui être reproché; et s'il se fut trouvé danS l'île d'Elbe, au moment de rembarquement, il eût été sûrement consigné chez lui. Il faut donc repousser le bruit absurde que les Anglais étaient dans la confidence de l'évasion de Bonaparte, et qu'ils le laissèrent rentrer en France pour la replonger dans de nouveaux maux. Le zèle ^ue le ministère britannique mit à poursuivre Bonaparte 9 réfute suffisamment cette opinion. Le gouvernement anglais né disposait pas sans doute de l'armée française. On a dit encore que les lenteiirs du Congrès ramenèrent l'usurpateur sur^ le continent. La nullité de cette assertion est démontrée par Tiactivité du Congrès à cette époque. Il est permis de croire que le hardi envahisseur n'avait point une idée exacte de ce qui se passait à Vienne; ou qii'il croyait que, parce qu'aux jours de sa puissance il décidait en peu de jours du sort des états, soit en imposant silence à la justice, sort en rejjoussant toute discussion, le Congrès devait être terminé ou renversé dans quatre mois. Les fausses notions sur le but de l'alliance purement éventuelle du 3 janvier, durent aussi faire illusion à l'imagination deBona-
ïa CONGRÈS DE VIENNE,
parte. Il se flattait qu'une guerre générale allait éclater, et qu'il lui suffirait d'accepter le traité du 3o raai , pour remonter sur le trône de France. Il crut ou plutôt feignit de croire «que la cour de Vienne lui était dévouée , parce qu'il avait obtenu de la faiblesse paternelle , ou par la crainte de sa vengeance, l'archiduchesse Marie-Louise ; et que l'Autriche était encore son alliée, parce qu'elle était l'auxiliaire de Louis XVIU. On apercevra d'autres causes des premiers succès de l'usurpateur dans cette cupidité insatiable qu'il avait lui-même alluméf^ parmi ses partisans , dans les alarmes de ceux qui appréhendaient la restitution des biens nationaux, dans les remords de ceux qui., trop coupables^ ne pouvaient croire à la sincérité du pardon royal et à des vertus odieuses ou méconnues. Il faut aussi compter pour beaucoup le dépit de la noblesse nouvelle contre l'ancienne rendue à ses droits , à sa prééminence , et surtout l'opinion présomptueuse de l'arfnée qu'il lui appartenait , ainsi qu'aux gardes prétoriennes, de donner ou d'ôter. l'empire.
La nouvelle du débarquement de Bonaparte arrivait à Vienne ♦ lorsque le prince de Metternich , le liuc de Wellington et le prince de TaJleyrand se rendaient à Presbourg, en qualité de députés du Congrès, pour faire connaître au