‹ Histoire du Congrès de Vienne (volume 3)Chapitre 58 sur 180 · LIVRE ONZlkjAM, l · texte numérisé non relu

LIVRE ONZlkjAM, l

auprès du Congrès. Il fut en mésintelligence ouverte avec les deux plénipotentiaires maltais; et cette brouillerie nuisit, sotis plus d'un rapport, aux intérêts de l'ordre,

La légation française près le Congrès , avait reçu pour instruction formelle de solliciter Corfou pour l'ordre de Malte, parce que cette île , dans ses mains , n'inspirait aucun ombrage. D'ailleurs, il était digne de Louis XVIII de protéger une noblesse dont une partie avait été écrasée sous les débris du trône, ainsi qu'un ordre qui avait donné à Louis XVI, dans un moment critique , une marque signalée de dévouement (i). Néanmoins le premier plénipotentiaire français se montra peu ardent pt>ur les . intérêts de l'ordre. Le comte Alexis de Noailles et le duc de Dalberg qui en portaient la décoration, étaient plus disposés à soutenir sa cause, qui du reste ne fut pas traitée au Congrès. Cependant l'Angleterre , qui sentait le poids des réclamations que l'ordre avait à exercer soit à cause de la possession de Malte, soit à cause d'un immense mobilier dont elle avait profité ,

(i) Ce monarque, partant pour Varennes, et manquant d'argent, s'adressa à la caisse de Tordre à Paris , qui lui fit remettre à l'instant deux ceijt mille écus, dont le roi ne donna une reconnaissance que quinze jours après son retour de Varennes. Louis XVIII ac^quitta les intérêts de cette somme.

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n'avait manifesté aucune opinion positive à ce sujet. Ses plénipotentiaires au Congrès se montraient fort enveloppés, et avaient évité d'entrer dans des explications. 11 est vraisemblable ' que la cour de Londres eût firti par accorder au moins à Tordre de Malte des indemnités pécuniaires. Les états d'Italie , l'Espagne et la Russie étaient favorables à l'ordre , qui pourtant manquait d'un protecteur ardent. Le prince de Metternîch avait bien promis de porter la parole en sa faveur, et de stipuler ses intérêts; mais ce ministre était préoccupé de soins bien plus sérieux.

Les plénipotentiaires maltais agissaient toujours avec une noble modération qui commande l'estime, mais qu'il ne faut pas qu'on puisse confondre avec la timidité. Ils adressèrent , le ao septembre i8i4, au Congrès un premier mémoire dans lequel, après avoir rappelé les services de l'ordre , ils sollicitaient pour lui un emplacement convenable et la restitution de ses biens non vendus. Ils se prévalaient de la neutralité permanente de Tordre « et du soin qu'il tf avait porté à veiller rigoureusement au main- « tien de la preuve de noblesse de nom et d'ar- « mes^ de cette noblesse que le pouvoir même ne « saurait accorder, mais que le mérite fonde , et « que le teras seul consacre ; noblesse qui était

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