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qui était sa principale forteresse, il ne songe qu'à mettre sa personne en sûreté, et gagne la capi<tale. Dès le i4 mai, il y avait eu, parmi les lazzaronis de Naples, un soulèvement furieux qui avait contraint Caroline , femme de Murât et exerçant la régence, à signer, avec le commbdore Campbell, une capitulation par laquelle elle Remettait la ville de Naples, et obtenait la far culte de se retirer avec son or et ses pierreries (i). •
Murât qui était arrivé incognito à Maples, dans la nuit du 19 au lato mai, avait employé la journée du lato, à préparer sa fuite sous un déguisement. Il s'embarque vis-à-vis de l'île de Nisida, sur un petit bâtiment qu'escortait un chebec, et arrive à Cannes, en Provence, dans le même' lieu où Bonaparte avait abordé trois mois auparavant. Le dessein de Murât était d'aller le rejoindre ; mais Bonaparte, feignant d'avoir l'Autriche poiir alliée, refuse d'accueillir son beaufrère fugitif (2).
(i) Madame Murât fut transportée à Trieste , d'où elle se retidit à Gratz en S ty rie. Elle obtint ensuite la permission de l'empereur d'Autriche de se fixer au château de Haimbourg à dix lieues de Vienne*
(a) On connaît la fin de Murât. Après avoir erré quelque tems en Provence, il passe en Corse, et y prépare .des
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Le général Garascosa qui commandait à Ca-^ poue les débris de Farmée de Murât, jugeant sa cause désespérée, conclut, le 21 mai, avec le feld-inarécfaal Blanchi, une capitulation, en vertu de laquelle le royaume de Naples , à l'exception des places d'Ancône^de Pescara et de Gaëte , devait être remis à l'instant au roi Ferdinand lY . Le prince Léepold et le feld-maréchal Blanchi font leur entrée à Naples, le 2 3 mai, au milieu des acclamations d'une immense population, heureuse d'être délivrée du joug qui, depuis huit ans, pesait sur elle.
L'Europe applaudit à cette révolution , et aucune puissance n'éleva la voix en faveur de Murat. En Angleterre seulement où, toutes les opinions sont librement débattues , plusieurs membres de l'opposition ayant dit que le ministère était lié vis-à-vis de Murât, et lui avait garanti la couronne, lord Gastlereagh déclara : «Que, quoique le cabinet anglais eût promis, à une certaine époque, de maintenir Murât, il le
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moyens d'invasion. Débarqué à Pizzo en Calabre , avec un petit nombre d'hommes , la plupart étrangers , il est enveloppé par les troupes et le peuple , et condamné par une commission militaire, à être fusillé, le i3 octobre i8i5 , comme violateur des lois sanitaires , et ayant tenté de renverser le gouvernement.
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croyait dégagé de cette promesse, depuis qiie celui-ci avait fourni la certitude morale de sa duplicité et de son infidélité aux traités; que sa conduite, lors de l'invasion de Bonaparte, ses proclamations, ses mouvemens offensifs et ses mesures pour insurger l'Italie , l'accusaient hautement ; et que les alliés avaient été déliés envers lui de tout engagement, du moment qu'il avait inopinément et sans provocation attaqué la cour de Vienne ; que de plus le Congrès s'était formellement réservé de prononcer à la fin de sa session , sur le sort du royaume de Naples , lequel était lié aux intérêts généraux de l'Europe; et qu'on n'avait pris encore aucune détermination au sujet de Murât, quand il lui plut de déclarer la guerre à l'Autriche. »
Cette assertion de lord Castlereagh qui est conforme à la plus exacte vérité, suffit pour démontrer combien fut téméraire et précipitée l'agression de cet ambitieux personnage. Il avait la mêriie turbulence que son patron Bonaparte , mais moins d'énergie de caractère. Comme le théâtre, sur lequel il s'exerçait, était plus resserré , ses entreprises furent moins romanesques , à l'exception pourtant de la dernière qui causa sa ruine totale; car, quoiqu'il est vraisemblable que le Congrès ne l'eût pas laissé à Naples, il aurait eu, même dans ce cas, une indemnité sinon
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équivalente^ du moins honorable. Murât fut un de ces hommes raédiocrefr, qu'une fortune capricieuse élève au milieu des désordres politiques, mais quuii destin plus juste se plaît à renverser.
Par le traité général du 9 juin j 8 1 5 , le roi des Deux-Siciles , Ferdinand IV fut obligé de cédç^r au grand-duc de Toscane la propriété des Présides et sa part de l'île d'Elbe.
Le prince de Talleyrand tenta en vain de faire réunir au royaume de Naples, les deux principautés de Bénévent et de Ponte-Corvo , dont la première»lui avait été conférée par Bonaparte. Ces pays appartenaient au saint-siége^
Outre les cessions imposées par le traité du 9 juin, le roi Ferdinand, par des arrangemens particuliers avec la cour de Vienne, s'obligea à payer à cette puissance, pour frais de guerre, une forte somm^ d'argent, et à entretenir chez lui jusqu'à son entier acquittement, un corps de !20,ooo Autrichiens (i). Mais tous ces sacri6ces étaient peu de chose , en comparaison de l'inap-
(i) La cour de Vienne tint la même coniluite à l'égard du pape et du grand-duc de Toscane. L'un et l'autre , en reconnaissance de ses secours, lui payèrent une sonfime d'argent ; et des troupes autrichiennes occupèrent , pour uti teras détei'miné, Ancône et Livourn^.
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préciable avantage de rentrer dans le beau royaume de Naples. Ferdinand IV ne tarda pas à regagner le cœur de ses anciens sujets par cette affabilité qui l'avait toujours distingué. Le retour de ce monarque à Naples, était aussi nécessaire an repos de l'Italie qu'à l'harmonie de l'Europe ; car la maison de France n'eût jamais ratifié le dépouillement d'une de ses plus illustres branches persécutée pour son dévouement constant à la cause des rois. 'Ferdinand se montra^àlafois débonnaire envers ses sujets, et généreux envers ses amis. Le commandeur Ruffo reçut une riche dotation et le titre de prince ; le feld-maréchal ^ianchi fut créé duc , et reçut en don une terre considérable; d'autres personnes furent magnifiquement rémunérées. C'est par cette sagesse de conduite , comme par la juste sévérité dont' il usa envers l'usurpateur rentré, que la couronne a été raffermie sur la tête du souverain légitime , et que les grands intérêts du Midi de l'Europe furent fixés.
L'empereur Paul le*", doué de l'esprit de chevalerie , était devenu grand-maître de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, par un choix irrégulier, mais que légitimaient ses bienfaits et ces circonstances. A sa mort, Pie VU, en qualité de premier supérieur de l'ordre, avait nommé pour grandmaître le bailli Tomasi , et toutes les couronnes
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l'avaient reconnu. 11 résidait à Catane en Sicile , où se tenait également le sacré conseil de Tordre. Les langues et les grands prieurés encore subsistans correspondaient avec lui. Ce grandmaître étant décédé en i8o5, une assemblée de chevaliers lui avait donné, le 17 juin , pour successeur le bailli Garacciolo , Sicilien ; mais les sollicitations du cardinal Fesch , ambassadeur de Napoléon à Rome, et les réclamations élevées contre la régularité de son élection , ayant déterminé le pape à ne pas la confirmer, le conseil de Tordre avait nommé, pendant Tinterrègne , un lieutenant du grand-maitre, ou lieutenant du Magistère^ lequel jouissait à peu près des mêmes droits. Ija paix d'Amiens avait rendu à Tordre de Saint-Jean, Tîle de Malte; mais le traité de Paris du 3o mai i8i4 Tavait transportée , sans motif énoncé comme sans indemnité , à la Grande- Bretagne. Celle-ci avait bien pu en i8oa , refuser d'évacuer Malte par l'appréhension ^que Bonaparte ne cherchât à s'en emparer; mais, à la chute de ce personnage, les alarmes de l'Angleterre n'avaient plus de motif suffisant; et le don de Charles-Quint à la noblesse catholique de TEurope, eût dû revenir à Tordre de Saint- Jean. La disposition arbitraire du traité du 3o mai, à Tégardd'un état indépendant,^ et renversé par le pouvoir révolutionnaire français, en haine des trônes, eût donc pu fournir matière à de
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justes plaintes de la part de Tordre , si sa faiblesse ne lui eût pas conseillé des ménagemens politiques.
L'ordre de Malte se flattant de trouver dans le Congrès, le réparateur de ses pertes, avait envoyé à Vienne, en qualité de plénipotentiaires les baillis Miari etBerlinghieri^ de la langue dltalie. Ces ministres ayant présenté leurs pouvoirs au comité de vérification , avaient été reconnus, malgré l'avis de ceux qui ne voulaient admettre au Congrès, que les ambassadeurs des souverains ayant territoire ; opinion d'après , laquelle la souveraineté ne serait pas un droit, mais un simple fait soumis aux vicissitudes de la fortune. La commission des trois langues de France, réunie à Paris, sous la présidence du prince Camille de Rohan , grand bailli d'Aquitaine , avait député à Vienne, auprès du Congrès , le bailli d'Allon ville, accompagné d'un secrétaire de légation. Les deux plénipotentiaires , Miari et Berlingkieri , et le sacré conseil de Catane refusèrent de les admettre d'après le principe que la souveraineté était dans l'ordre en masse , et non dans ses divisions. Le bailli d'Allonville n'ayant pu même se faire agréer pour conseiller de la légation maltaise , partit de Vienne fort mécontent, et le S^ Vie de Césarini y resta seul, comme député des langues de France^ qualité sous laquelle il ne put pourtant se légitimer