LIVRE ONZIÈME. 1 S'y
i< cette fois seulement ) , et sans préjudice des « droits et privilèges de l'ordre', son grand-maî- « tre, afin que la réorganisation statuaire n'é- « prouvât aucun retard. »
Les plénipotentiaires présentèrent, le ^4 février i8i5, un second mémoire, dans lequel, après avoir fait le tableau des malheurs de l'ordre, et réitéré leurs premières instances, ilç demandaient : i^ Que la puissance, qui retiendrait l'île de Malte, voulût indemniser l'ordre des biens et propriétés de toute espèce, qu'il avait été obligé d'y- laisser, et comme le lui dicteraient sa justice et sa générosité ;
a^ Que le Congrès employât ses bons offices pour qu'on lui rendît la partie de ses biens vendus , ou qu'il fût indemnisé par d'autres biens ou revenus;
3*^ Que si , après qu'on aurait accordé ces bases, il était trouvé nécessaire d'y ajouter d'autres conditions, celles-ci pourraient être, ainsi que leur moyen d'exécution, l'objet d'une négociation particulière. Ce dernier article avait trait à des insinuations faites aux plénipotentiaires mal- ^ tais, pour que l'ordre consentît à l'adinission de chevaliers de toutes les communions chrétiennes, et adoucit la sévérité des anciennes preuves, afin de compléter l'ordre.
Le ton grave de ces deux mémoires et la con-
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duite extrêmement réservée des plénipotentiaires, permettaient d'espérer que le Congrès prendrait 9 avant sa clôture, connaissance de la situation de l'ordre ; mais l'invasion de Bonaparte, en précipitant la fin du Congrès, empêcha cette assemblée d'assigner, à l'ordre de Malte 9 un cbef-lieu indépendant.
Deux endroits semblaient à la convenance de l'ordre , l'île d'Elbe et celle de Corfou. La première avait été attribuée, comme on a dit, au grand-duc de Toscane ; et les nouveaux services que l'Angleterre rendit aux alliés, dans la guerre de i8i5, portèrent la Russie , rÂutriche et la Prusse à lui céder, sous les dehors de la protection , l'île de Corfou et les autres îles Ioniennes. La concession de ces îles a rendu le sort de l'ordre de Malte encore plus incertain , et suspendu une réorganisation définitive, qui, si elle est trop long-tems retardée, pourrait conduire à une ruine entière. Les obstacles au rétablissement complet de l'ordre, viennent principalement de ce que plusieurs souverains , qui jouissent de ses biens, n'ont pas paru disposés à les restituer, et ont montré de l'opposition à ce que le souverain pontife, premier supérieur de l'ordre de Malte, fît procéder à la réélection d'un grand -maître, en sorte qu'il n'a, depuis la mort de Ferdinand de Hompeseh, dernier grand-