LIVRE DOUZIÈME
tulations , et englouti une pafriie importante de son territoire. L'anarchie y régnait; despenplesfrères s'égorgaieiit, et un ennemi réel, soUs le nom de protecteur, donnait à tous des lois. Depuis la paix de Campo-Formio^ et notamment en i8o3 et j8o6, l'Allenoagne avait éprouvé des changemens aussi désastreux qu'irréparables. Depuis près de dix ans, la nation allemandie existait sans chef. Sa grande chai*te , la bulle dur de Charles IV, avait été déchirée. Une suppression presque absolue avait frappé tous les souverains dont la mitre était entourée d'une couronne. I^a noblesse immédiate avait perdu ses immunités assurées par leii traités comme par des siècles de possession; et la plupart des petites républiques qui, sous le nom de villes impériales, offraient encore des images^ de la liberté des anciens Germains^ avaient été soumi^sau pouvoir de quelque prince imitateur, du protec-^ tèur. Le système ^(^ coneentratioh ^ une des merveilles du génie révolutionnaire , avait englouti les ordres de chevalarie; Partout Ja coavenance avait pris la place du droite écrasé le faible^ et frappé la plupart des princes du troisième rang qui^ n'étant ni guerriers, lii entreprenans, s'offraient comme des intermédiaires utiles qui amortissaient l'action des puissances supérieures , procuraient même aux grands souverains des alliances de fa-
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l68 CONGRÈS DE VIENITE.
mille, et faisaient souvent rhontieur du trône , en y portant moins de faste et plus d'affection pour les sujets.
De l'incorporation violente des états inférieurs aux étals du second , et de quelquesuns de ces derniers dans les monarchies , étaient résultées des oppositions internes qui avaient amené des mécontentemens dangereux. Plusieurs des souverains dn second rang , qui avaient sollicité ou accepté des accroissemens à une époque où l'usurpation était la seule religion politique, n'avaient pas réfléchi que le syslèaie de concentration , ou plutôt de spoliation dont ils profi-taient, menaçait leur propre existence ; car ces états étaient dans les mêmes rapports de puissance avec ceux du premier rang ^qu'ils étaient eni-mémes avec les états du troisième; et il ny avait pas cle raison pour qu*ofi ne tinît par prononcer leur incorporation aux puissance$ dû premier ordre. La progression de ce système était facile à saisir. Par le recès de iSoS^ on avait supprimé la presque, totalité des principautés ecclésiastiques, et en 1 806, de nombreuses principautés séculières (i). En 1807, la Prusse avait
(1) On comptait dans l'empire, entre les trois électeurs ecclésiastiques, un archevêque, vingt-un évoques j dix abbés , et treize abbrsses, plus ie grand-maître de Tordre teu-