LIVRE DOUZIÈME
été réduite à la moitié de ses forces et de ses provinces. Or, comme il est dans la politique des grandes puissances de ne jamais décroître , elles eussent, incessamment tout englouti; et l'Europe ffit devenue le partage dé cinq à six potentats , entre lesquels se fut ouverte une lutte terminée par la domination d'un seul. Ainsi l'on fât retombé sous le joug d'une domination monstrueuse ; première calamité qui pouvait se prolonger jusqu'à ce que cette même puissance se fut dissoute et partagée en cent débris incohérens; nouvelle calamité non. moins intolérable que la première, et qui eut duré jusqu'à ce qu'à la suite de guerres sanglantes, ces débris redevenus des étatjs, eussent formé entre eux divers équilibres. Ainsi le monde politique eut été encore réduit à tourner dans ce cercle vicieux de conquêtes, d'agglomérations et de destructions , dont l'empire des Macédoniens , des Romains, des Tartares,^ des Ottomatis sous Mahomet II et Soliman' I , etc. , ont offert la triste' image; et tout ce que la politique moderne a pu
tomque et la grand-bailli de l'ordre de Malte. Toutes ces personnes avaient voix dans la diète de l'empire , ou par elles - mêmes , ou par des représentans : les deux tiers avaient été supprimés; le tiers restant avait été dépouillé d'nne partie de ses biens. ^ • ' .
imaginer de plus profond pour la conservation et la stabilité des états:, eût disparu devant les écarts d'une ambition insensée* Depuis, cette po* litîque a su, par un heureux conçut, rétablir l'ordre, et préparé les événemens qui ont abattu la dernière domination qui pesait sur l'Europe. Toutefois 5 en brisant le pouvoir oppresseur, les puissances alliées, non itioins que les divers étals d'Allemagne y sentirent la nécessité de suppléer pi*oiiiptement à l'ancienne constitution par une association mieux liée et mieux garantie. C'est ds^ns.ceXte iutenjtionrque l'article VI du traité de Haris, portait « que les états d'Allemagne seraieiU; a iudépeiKlàns et unis par un lien fédérptif. d En co^^équ^ce, dès loiiigine du Congrès, on songea à rétablir en Allemagne, et comme un des objets les plus dignes de son attention, une union constitutionne^Ué et permanente des diflEé* reus états, ou une confédération ayant sa législation propre,* son pouvoir exéaitif, ses forces militaires , et tout ce qui peut donner de l'unité et une action centrale à un corps composé.
Si les divers peuples et souverains d'Allemagne ont , d'après leur position respective , des intérêts trop variés, pour qu'ils soient réunis sous le même sceptre ; i^ ont du moins plusieurs intéréts communs dont les plus précieux sont leur indépendance et l'intégrité des territoires. Il