LIVRE HtlTlÀME. ^'J
« devaient obtenir des passeports, et une escorte « pour se rendre près de l'empereur; et, loin a d'exécuter cette promesse, on a séparé violem- « ment l'épouse de l'époux , le fils du père ; et « cela dans les circonstances douloureuses où a Tame la plus forte a besoin de chercher de la « consolation , et du support au sein de sa fa^ a mille et de ses affeciions domestiques. »
Le conseiller d'état rappoileur ignorait sans doute que Marie-Louise avait refusé de venir retrouver Bonaparte dans l'iie d'Elbe oii celui-ci n'attendait pas des confidens de ses peines, mais des coopéraleurs et des complices.
« 2® La sûreté de Napoléon, de la famille im- « périale et de leur suite, était garantie par toutes <c les puissances, et des bandes d'assassins avaient « été organisées en France » sous les yeux du gou- « vernement français , et même par ses ordres. »
Ici l'erreur est encore plus forte, et elle prend le caractère de la calomnie. La haine et l'indignation cont;*e Bonaparte furent telles à son passage dans le Midi, que sans le commissaire autrichien Koller, il eût été sacrifié à l'exécration publique.
« 3® Les duchés de Parme et de Plaisance « ^avaient été donnés en toute propriété à Marie- K Louise pour elle , son fils et ses descenclaus; et , « après de longs refus de les mettre en posses*
ce sion, on a consommé l'injustice par une spo- « liation absolue, sous le prétexte illusoire d*un cr échange sans évaluation, sans proportion, sans a souveraineté, sans consentement; et les docu- « mens existans aux relations extérieures que « nous nous sommes fait représenter, prouvent « que c'est sur les sollicitations, sur les instances, « par les intrigues du prince de Bénévent, que « Marie-Louise et son fils ont été dépouillés. »
On ne peut nier que la mission du Congrès n'eut pour objet de pacifier l'Europe : or, du moment qu'il fut avéré que Bonaparte cherchait de l'île d'Êlbe à remuer l'Italie , toutes les puissances pensèrent qu'il était dangereux de laisser Parme en patrimoine à son fils ; mais ce pays fut conservé à Marie-Louise.
« 4® Il devait être donné au prince Eugène, a fils adoptif de Napoléon , qui a honoré la « France qui le vit naître , et conquis l'affection « de l'Italie qui l'adopta , un établissement con- « venable hors de France. »
L'ex-vice-roi Eugène Beauharnais était déjà riche d'immenses possessions acquises en Italie (i). Il vint à Vienne, solliciter une souveraineté de 70,000 âmes;
(i) Ce3 possessions , les plus belles de la Lombardie , avaient été conservées , et de plus il reçut, en 1817, de la libéralité du roi de Bavière > une dotation de i3,ooo individus, avec le titre de prince d'Eichstadt.