LIVRE HUITIÈAIE. aQ
mais sa conduite suspecte avait déterminé son départ , et plus tard il fiit fait droit à des promesses de pure générosité.
« 5° L'empereur avait stipulé, en faveur des « braves de Tarmée, la conservation de leurs do- « tations sur le Monte-Napoleone , et elles n'ont « été maintenues. »
On sait que cette affaire qui offrait quelques difficultés , à cause de la répartition à faire des dettes du Monte-Napoleone ^ entre les divers états qui composaient le royaume d'Italie, était en négociation à Vienne, au moment de l'irruption de Bonaparte , et , sans cet événement , elle aurait pu être terminée à la satisfaction des donataires.
ce 6** La conservation des biens meubles et a immeubles de la famille de l'empereur était sti- « pulée par le même traité, et elle a été dé- « pouillée des uns et des autres. »
Le fait n'est point exact. Cette famille , dénuée dans l'origine de toute fortune, a conservé la majeure partie de ses acquisitions; et le luxe qu'elle étale encore aujourd'hui à Rome, en Allemagne, et aux États-Unis, le prouve assez'. On lui avait uniquement retiré quelques possessions et des revenus dont elle jouissait sans titre.
« 7® Napoléon devait recevoir deux millions
3o CONGRÈS DE VIEICITE.
<c cinq cent mille francs par an , selon la réparti- « tion établie; le gouvernement français a con* Hc stamment refusé d'acquitter cet engagement; et « Napoléon se serait bientôt vu réduit à licencier « sa garde fidèle, faute de moyens pour assurer « sa paie, s'il n'eût trouvé dans les souvenirs re- « connaissans des banquiers et négocians de Gê- « nés et d'Italie , l'honorable ressource d'un prêt « de douze millions qui lui fut offert. »
On demandera si, quand Bonaparte complotait contre Louis XVIII, ce monarque devait payer ses machinations, et lui solder des troupes? D'ailleurs , il est constant que, soit par orgueil, soit pour ne pas avoir l'air de reconnaître le souverain légi^ time , Bonaparte n'avait point réclamé la rente de deux millions. Quant aux douze millions qu'il trouva dans les soui^enirs reconnaissans des Génois et des Italiens y leurs souvenirs les plus positifs leur rappelaient que, pendant son généralat, son consulat et comme empereur, il fut, par les contributions de guerre et les conscriptions , l'épouvautail de l'Italie.
« 8** L'île d'Elbe était assurée à Napoléon en « toute propriété, et là résolution de l'en dépouil- « 1er, désirée de tous les Bourbons, sollicitée par « leurs agens, avait été prise au Congrès... ; et si « la Providence njr eût pas poun^u dans sa jusc( tice^ l'Europe eut vu attenter à la personne et .