LIVRE QUATORZIÈME. 3o
Il y eut beaucoup de plaintes contre les souverains auxquels avaient été réunis les états médiatisés. Les maisons de Solms et de Neuwied, ainsi que Içs habitans des comtés de Solms-Braunfels et Greifenstein, adressèrent des mémoires au Congrès, contre le gouvernement du duc. de Nassau.
Les comtes d'EuBACH ou d'ERPACH (i), soumis au grand-^duc de Hesse - Darmstadt , portèrent au Congrès leurs réclamations contre son gouvernement qui avait fait saisir leurs revenus pour des arriérés de contributions si supérieures à leurs ressources, qu'ils étaient menacés d'une ruine entière. Us observaient que, malgré les contributions arbitraires levées sur eux, pendant les six premières années de la confédération Rhénane, on les avait soumis à de nouvelles levées de deniers qui surpassaient tout ce que jamais en Allemagne, un souverain eût imposé à ses sujets. Ijes contestations entre les états médiatisés et leurs nouveaux souverains, étaient fréquentes, soit que, ceux-ci affectassent de soumettre les premiers à un joug qui les humiliait, soit que de la part des médiatisés , le dépit de la dépendance les
(i) Quoique cette maison soit ancienne, on n'en a cependant une connaissance suivie que depuis le comte d'Ërbach vivant en i3Hi.
ir. no.
3o6 COICGRÈS DE VIENNE.
rendit plus récalcitrans , et oioins propres à plier sous des co- états devenus leurs maîtres.
Le GANERBiNAT était une association de familles allemandes faisant preuve de seize quar* tiers. Il possédait à Friedberg, des terres considérables. Une suite de privilèges impériaux lui avait assuré les droits régaliens^ et même celui de battre monnaie. L'empereur Joseph II avait fondé pour le ganerbinat , ufi ordre spécial dont il s'était déclaré le chef Le grand-duc de Hesse«Darmstadt , par une combinaison ambitieuse, avait cherché à surprendre, à main armée, dans la nuit oragçu^ du 20 janvier 1804» 1^ ville impériale et bourgraviat de if rietdberg, siège du Ganerbinat. Néanmoins, par la protection de l'Autriche , cette noble corporation s'était maintenue jusqu'en 18069 dans la jouissance de son indépendance constitutionnelle et de son immédiateté ; mais par l'acte de la confédéi'atioa du Rhin , le grand-duc de Hesse avait été mis en possession du bourgraviat de Friedberg , pour le posséder en toute souveraineté, pendant la vie du bourgrave , et eu toute propriété après le décès de son chef qui était le comte de Westphalen. Le ganerbinat se trouvant dans la catégorie des états médiatisés,, réclamait son rétablissement d'après le principe