‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 120 sur 214 · LIVRE QUINZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIEME

L'\CT£ GÉNBRAL du 9 juiu i8i5 peut être considéré comine le résultat des plus profondes combinaisons , l'œovre de la sagacité, et le triomphe de la raison universelle. Cet acte, malgré les difficultés nées de l'invasion inopinée de l'usurpateur , a rendu la paix au monde , et est devenu la grande charte politique de l'Europe.

Si l'on s'étonnait pourquoi le Congrès de Vienne n'a pas encore recueilli le tribut unanime de reconnaissance des peuples , à laquelle il avait tant de droit par ses travaux , l'explication est facile 9 et doit satisfaire tout esprit raisonnable. D'abord le Congrès ne dut, ainsi qu'il arrive dans toutes les répartitions générales, contenter personne, pas même ceux qui étaient le mieux traités, parce qu'il avait été impossible d'accueillir toutes les prétentions : la Russie et la Prusse en offirent l'exemple. Les petits états aspiraient à devenir grands, et l'on vit jusqu'à Genève à laquelle certes rien n'était dû , soUici-» tel* une augmentation de territoire. Pour satisfaire à tous les vœux et aux réclamations, il eut fallu des espaces doubles de l'Europe.

En Angleterre , l'opposition , qui avait une si belle occasion de parler , vint traverser plusieurs des plans de son cabinet et du Congrès. En France , ce fut bien pis. Silencieux sous }e despotisme, ceux qui en avaient joui, réveiU

OU du moins qu'il est aussi parfait que les circonstances le permettaient; et que les souverains qui Font dirigé , non moins que les ministres qui y ont coopéré, ont bien mérité de l'univers.

guère qu'une opération locale, ou un acte germanique. Elle ne statua rien sur le nord ni sur le midi de l'Europe , et ne s'occupa pas de l'Angleterre, alors théâtre d'une guerre civile dont le résultat devait être un crime atroce. On pourrait observer encore, que le Congrès de Munster ne pourvut pas assez à l'exécution de ses décisions qui allumèrent dans la suite deux guerres.

Pour assurer le maintien de l'équilibre général , le Congrès d'Utrecht défendit à jamais la réunion des couronnes de France et d'Espagne sur ta même tête. Occupé d'élever des barrières autour de la France, il donna à l'Autriche les Pays-Bas et le Milanais, et fortifia le duc de Savoie qu'il éleva à la royauté. Mais cette assemblée travaillant moins pour l'Europe que contre la France , laissa des germes de dissension qui amenèrent depuis une rupture entre l'empereur et l'Espagne, et entre la France et T Angleterre.

Le Congrès de Vienne, livré à des opérations* beaucoup plus compliquées que les Congrès de Munster et d'Utrecht, a réintégré dans leurs possessions, les monarques de Prusse, d'Autriche, de Sardaigne et de Naples, ainsi que le pape, le grand-duc de Toscane et le duc de Modène. Il a rendu à l'indépendance l'Hanovre, la Hesse- Electorale, Hesse-Hombourg, l'Oldenbourg, les

OU du moins qu'il est aussi parfait que les circonstances le permettaient; et que les souverains qui Font dirigé , non moins que les ministres qui y ont coopéré, ont bien mérité de l'univers.

Page 1