LIVRE SEIZIÈME. SSq
arréler plusieurs ministres étrangers. Foulant aux pieds ses sermens à la république, il contribua à élever Ponaparte à Tempire , l'abandonna, revint à lui, Tabandonna encore pour Louis XVIII qu'il trahit pour servir de nouveau Bonaparte , et avait feint de revenir au roi. Banni, ce ne fut qu'alors qu'il cessa de trahir; c'était le génie vivant de l'infidélité.
Malgré sa seccHide abdication , et la proscription sous laquelle il se trouvait placé, Bonaparte hésitait à résigner le pouvoir qui avait tant de charmes pour sa vanité. D'ailleurs, il craignait de retomber dans les mains des monarques qui pouvaient avec justice lui faire éprouver le poids de leur indignation et de la haine des peuples. La nécessité de céder aux événemens se fai- *sant impérieusement sentir, la commission du gouvernement instruisit les chambres que l'approche des alliés qui exigeaient la remise de Bonaparte , et la crainte d'un mouvement dans l'intérieur , imposant le devoir de. le faire disparaître sans délai du territoire français, il avait résolu de l'envoyer immédiatement aux États-Unis.
A cet effet, le ministre de la marine , Decrès , avait donné des instructions secrètes au capitaine Philibert, commandant la frégate la Saak^ et au capitaine Pomé , commandant la frégate la Mé-
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duse^ pour qu'ils eussent à conduire Bonaparte en Amérique où Ton espérait qu'il recevrait l'hospitalité. Les deux bâtimens devaient appareiller, quatre heures au phis tard après l'embarquement de Bonaparte^ éviter avec soin tous les bâtimens de guerre qu'ils pourraient rencontrer; et s'ils étaient obligés de combattre des forces supérieures, la frégate sur laquelle ne serait pas embarqué Bonaparte, était tenue de se sacrifier en vue de retenir l'ennemi , et de donner à celle sur laquelle il se trouverait, le moyen de s'échapper. Le débarquement devait s'effectuer dans quelque port des États-Unis avec toute la célérité possible.
Bonaparte arrive à Rochefort, le 8 juillet, monte à bord dé la frégate la Saale ; et le lende» maih aborde à l'île d'Aix. Entraîné par sa passion pour le commandement, il passe en revue , comme s'il eût régné , ta garnison mise sous les armes ; parcourt les^ postes , et distribue l'éloge et le blâme. Cependant, à l'apparition subite d'une escadre anglaise , son inquiétude s'éveiUe. Dans l'impossibilité d'appareiller en présence de l'ennemi , il fait acheter deux bâtimens demipontés, avec l'intention de gagner pendant la nuit, un smack danois qui consent à le cactier dans une profonde barrique à laquelle seraient adaptés des tuyaux pour l'aider à respirer. Mais