LIVRE ^EISlàME
coiQtioe cette position singulière ne mettait pas Bonaparte à l'abri d'être arrêté, si Ton faisait une visite sévère du bâtiment, il se résout, après eu avoir loug-tems délibéré, à envoyer, le 10 juil* let , les sieurs Las-Cazes et Savary au capitaine Maitland, commandant du vaisseau anglais le BeUérophony pour s'enquérir en apparence si les sauf- conduits qu'il prétendait attendre du gouvernement anglais, étaient arrivés ; quoique ce ' ne fût qu'un pur artifice ; car il n'ignorait pas que le roaréchaMuc Wellington avait bautement rejeté la demande des passe-ports. Sur la réponse négative du capitaine, Las-Cazes ayant demandé si Bonaparte pourrait, suivant sou projet, passer aux États-Unis^ sur une frégate française, ou au moins sur un bâtiment neutre; le capitaine Maitland dédara netliement que, conformément à des instructions trèsrprécises , il ne pouvait permettre à aucun bâtiment français de sortir du port de Rocbefort , ni que Bonaparte passât sur un bâtiment neutre. Savary ayant observé que Bonaparte n'était plus redoutable; et que, quand même on l'inviterait à remonter sur le trône, il s'y refuserait^ le capitaine Maitland répondit .'«Pourquoi « alors nepas demander pour lui, una»le en Anft gleterre ? » Cet dfider ajouta que , dans ce cas il prendrait sur lui de le conduire en Angleterre, mais sans s'engager à rien touchant l'accueil qu'il
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pourrait y recevoir; Ce fut de cette insignifiante réponse du capitaine anglais, que Bonaparte cher^ cha à se prévaloir, pour prétendre qu'il pouvait en toute sûreté se rendre en Angleterre comme par un choix libre, quoiqu'il fût trop évident que c'était le parti de la nécessité , puisqu'il n'avait aucun moyen d'échapper. Bonaparte qui devait en être convaincu , écrivit le 1 3 juillet , au princerégent, la lettre suivante.
a Altesse Royale , en butte aux factions qui (c divisent mon pays et à l'inimitié des plus « grandes puissances de l'Europe, j'ai consommé « ma carrière politique. Je viens comme Théa mistocle, m'asseoir sur le foyer du peuple bri- « tannique ; je me mets sous la protection de « ses lois que je réclame de Votre Altesse Royale, a comme celle du plus puissant , du plus consa tant, du plus généreux de mes ennemis.»
« Napoléon. »
Las-Cazes et Gourgaud ayant apporté cette lettre au capitaine Maitland ; celui-ci répondit qu'il allait faire partir à l'instant Gourgaud sur un bâtiment de la station, et tout préparer pour recevoir Bonaparte et sa suite. Mais le capitaine anglais réitéra formellement à Las - Gazes, ce qu'il n'était point autorisé à rien stipuler pour « ce qui concernait la réception de Boha-