LIVRE DIX-3EPTIÈME
w venait de donner Tordre de suspendre liostilités contre les cotes de France, observa . qiTil y avait lieu de prévcnr que des armateurs tianoais pourraient se livrer de nouveau à la traite des nègres, dans la croyance que Fabolitioii absolue, totale et immédiate décrétée par Bonaparte, avait cessé avec ses pouvoirs; que ce* pendant de fortes considérations puisées dans des motifs d'humanité , et dans l'intérêt même de l'autorité du roi, invitaient à ne pas différer de confirmer en France l'abolition immédiate du commerce des noirs; que si, à l'époque du traité de Paris , le ministère français avait pu ^ désirer que la cessation de ce commerce ne fut amenée que graduellement et dans un inter* valle de cinq ans, pour donner au roi l'avan* . tage d'avoir ménagé les intérêts de la classe des Français propriétaires dan^ les colonies; maintenant que la défensç absqlue avait été pro* noncée, la question se présentait tout différem*mept : que si le roi révoquait cette défense , il justifierait le reproche fait à l'ancien gouvernement français d'autoriser le^ réactions^ et ferait naître aM-dehors, et npmmément en Angleterre, l'opinion d'une opposition systématique aux idées libérales; qu'ainsi le mQment paraissait arrivé où les glliés ne devaient pas hésiter à donner un ^ppui foro^el 4 l'interdiction immé-
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qu'il put se placer au milieu. Le roi de Prusse tardant à répondre , Louis XVIII qui ne se souciait point d'être pris au mot, s'adresse à l'empereur Alexandre dont il réclamait l'intervention. L'autocrate ayant invité avec fermeté le maréchal Blucher à renoncer à son dessein, celui-ci ne s'en désiste qu'avec un vif regret, parce qu'il avait l'approbation secrète de son maître. Blucher se proposait aussi de faire désarmer la garde nationale parisienne ; et ce fut encore l'empereur Alexandre dont Louis XVIII invoqua les bons offices, qui empêcha une mesure dont l'amour-propre des Parisiens eût été fort blessé.
Bonaparte s'était attaché par orgueil, à rappeler en cent endroits, ses triomphes sur les ennemis. Ijes rues^ les ponts portaient des noms qui étaient autant d'injures pour les alliés. L'empereur d'Autriche eût pu se trouver offensé autant par la construction du pont d'Jlusterlitz , que par l'érection de la colonne fondue avec des canons pris sur les Autrichiens , et qui retraçait en bronze immortel , les événemens de la campagne de i8o5. On pressait François I de fiaire renverser le pont, la colonne, ainsi que V arc de triomphe du Carrousel; mais ce prince modéré s'y reiuse; et l'on se contente de descendre la statue de Bonaparte du haut de la co-