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qu'elles lui auraient demandées sous son précédent gouvernement ;
« Qu'abolir cette clause inséparable du traité de Paris, c'était rompre le traité; et que le consentement formel de la nation française au retour de Bonaparte, équivaudrait à une déclaration de guerre contre l'Europe, puisque l'état de paix entre elle et la France, n'avait subsisté que par le traité de Paris, traité incompatible avec le pouvoir de Bonaparte. »
«Si ce raisonnement, disait la commission, avait encore besoin d'srppui, il se trouverait dans l'ofifre même de Bonaparte de ratifier le traité de Paris, traité scrupuleusement observé et exécuté, et dont les transactions du Congrès de Vienne n'étaient que les supplémens et les développemens ; en sorte que , sans lé nouvel attentat de Bonaparte, il eut été pour une longue suite d'années, une des bases du droit public de C Europe; mais que cet ordre de choses avait fait place à une nouvelle révolution dont les agens , tout en proclamant sans cesse qu'il n'y avait rien de changé, sentaient eux-mêmes que lout était changé autour d'eux;
« Qu'il ne s'agissait plus aujourd'hui de maintenir le traité de Paris, mais de le refaire, les puissances se trouvant rétablies envers la France dans la même position dans laquelle elles étaient
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h 3i roar^ >8i49 cfue e^ n'était pm poUr préve^ nir la guerre, la France Tayaut alliiioée de fait» mais pour la terminer, que l'on offiraît aujourd'hui à l'Europe , un état de choses esseiiitî^Utment différent de celui sur lequi^l h paix aiyait été établie en i8i4;
« Qu'ainsi la question avait cessé d'être une question de droit; qu'elle n'était plus qu'une question de calcul politique et de prévoyance, dans laquelle les puissances n'auiaient qu'à, con*^ sulter l^s intérêts réels de leurs peuples 0t l'intérêt de l'Europe, etc«, etc« »
La commission ajoutait « que la garantie d^ Vhomme qui ofirait de sanctionner le traité d^ Paris ne pouvait être acceptée, après la criielU expérience de quinze années de perfidies , et qn? la paix avec un gouvernement placé dans de telles mains, ne serait qu'un état perpétuel d'in*certitude, d'anxiété et de dangers, i» P'après c;^ diverses considérations, la commission croyait qu'il était inutile d'émettre , aVi sujet de Bona-^ parte ,. une nouvelle déclaration. Cette opinion fi^t sanctionnée sans contradiction pat le comité des huit puissances.
I^a nation, fr^nçaisç s'étant nu>nttéQ sofiirde à la déclaration du Congrès du 1 3 mars, soit parcQ que cet acte ne fut connu à Pariç qu'après le départ du roi, i^oit parce que l'armée avait été entière-
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meot séduite, rAutricIie, ta Hussîe , l'Angleterre et la Prusse signèrent, le a5 mars, à Vienne, un trûté d'alliance dans le:quel , prenant en considération les suites que l'invasion de Bonaparte e€ l'état présent de la France pouvaient avoir pour la sûreté de l'Europe , elles appliquaient à cette drccH^stance importante les principes consacrés par le traité de Chaun]ont,et fi/'engageaien€(art. i) « à réunir tous leurs moyens pour maintenir dans « leur intégrité le traité de Paris du 3o mai , et a les stipulations arrêtées an Congrès de Vienne « contre les desseins de Bonaparte. »
Chaque puissance s'engageait ( art* ;> et 3 ) » tenir constamment en campagne i So^ooo hom*. me^, et ne devait déposer les armes qu'après^ que Bonaparte aurait été mis absolument hors d'état d'exciter des troubles « et de renouveler sffi tentatives pour s'emparer du pouvoir s»? préme en France.
Toutes les autres puissances ( art. 7 ) étaient appelées à accéder au traité.
Par l'art. 8, S. M. T.-C. était invitée en particulier à donner son- adhésion aux mesures cidessus , et à feire connaître , dans le cas où elle devrait requérir les £circes stipulées par l'article deuxième, quels secours les circonstance» lui permettrateot d'apporter à l'objet du pré-
4o CONQUES DIS. VIENNE.
sent traité. Louis XVIII ne tarda pas à accéder à cet acte.
Le prince-régent d'Angleterre, en le ratifiant, y joignit cette explication , « qu'il ne devait pas « être entendu comme obligeant S. M. B. à « poursuivre la guerre dans la vue d'impoiser à « laFrance aucun gouvernement particulier, quel- « que désir qu'eût le prince-régent de voir S. M. « T. C. rétablie sur le trône. » Cette clause qui put paraître singulière, n'était point une restriction réelle aux intentions ni aux vœux de l'Angleterre qui , plus qu'aucune autre puissance , avait £ait tout ce qui pouvait favoriser la cause des Bourbons ; mais le prince-régent voulait user de ménagemens envers la nation française. La Russie , l'Autriche et la Plisse , en adop;* tant la même restriction , étaient animées d\in semblable motif, et pensaient servir plus efficacement la cause de Louis XVIII.
La cour de Londres , toujours magnifique en subsides, s'engagea à en fournir un de cinq millions sterling , à répartir entre les cours de Vienne , de Péfersbourg et de Berlin. Un auti^e subside de deux millions sterling fut laissé à la disposition du duc de Wellington pour être distribué entre les princes allemands.
Il fut ouvert ensuite des conférences eiitre
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les ministres des puissances alliées et la députatiou des plénipotentiaires des princes et villes Ukres d'Allemagne , pouf régler le mode de leur adhésion au traité du a5 mars. Dans la conférence du la avril, le prince de Metternich dit que le traité à conclure renfermait quatre objets : 1^ l'accession; a® la garantie des puissances; 3^ la fixation des contingens; 4^ une convention particulière pour fixer l^&ntretien des troupes.
Le plénipotentiaire de Nassau, le baron de Ga» gem, homme énergique , dit , « que s'il y avait de grandes monarchies, elles étaient nécessaires pour balancer d'autres monarchies également grandes; que toutefois^ la France était la première de toutes par ses ressources intérieures qui étaient telles , que l'Europe entière réunie contre elle était à peine un adversaire assez puissant ; que la France était entourée d'un triple rang de places fortes qu'elle n'avait point acquises ou conquises par des voies légitimes; mais que ses intrigues et les discordes de l'Allemagne lui avaient données dans le cours des derniers siècles; que l'Alsace était en première ligne , parmi les provinces que son astuce lui avait mises entre les mains.
n Je me suis assez prononcé , ajoutait le baron Gagern , sur la paix de Paris , rédigée dans defs termes préjudiciables à l'Allemagne. Toutefois^ on avait l'intention de ménager l'amour-propre
4SI CONGRES UU VIEjrNE.
des Français, en étendant encore leurs limites. On voulait TpplaîceT les Bourbons sur le trône , sous des auspices favorables, et on espérait qu une conduite s^ magnanime consoliderait la paix et affermirait la tranquillité. Il n'en a pas été ainsi : Le mcrtel qui a réuni au plus hcutt degrés Vaur dace^ la méchanceté et la perfidie ^^t%\, replacé sur le trône; il nous menace de nouveau; qire dis-je? sa seule existence est une menace. Nous la repousserons les armes à la main. L'union qui règne entre noua, l'amitié de toutes les puissances et de tous les peuples qui partagent nos sentimenSy nous encouragent dans ,oette lutte pépilleuse-M.c. Si nos armes sont bénies, si les armées françaises sont défaites, et si les forteresses tombent, nous sommes autorisés à espérer un plus heureux résultat que celui de la paix de Paris. 11 est de notre devoir de le voulcnr, de le dire ^ de le proclamer hautement, et de travailler
pour le repos .de nos enfans Convenons
cependant que si la partie saine de Ja natiop, revenue à elle-même , pendant qu'il en est tems encore, s& délivre sans que nous ayons besoin de verser notre sang, les choses devront rester au point où elles étaient au 3o mai i8i4; majis.si la force des armes décide en notre faveurf qu'il ne soit plus question d'une paix comme celle de Paris. »
tIVRB SUlTfàllS. 43
Ce langage du baron de Gagera à Tégard de la France , n'était pas sana doute trèa-amicâl ; il ae ressentait de l'împrewlon profonde ôccaaioi^ née par une guerre nouvelle. Du reste, aon t)pî«iioil fut celle de pluaîeura autres poUiiques aigria par l'itivasion de Bonaparte; et elle pré* para le traité du ao novembre iSiS^ fort difiGé^ rent sans doute de celui du 3o ttiai i8i4«
Le tableau des contingens à fournir pai* les princes et états d'Allemagne, ayant été arrêté^ l'tecessicm au traité d'alUatice du %S macs , fut successivement donnée par les rois d'Hainovre, du JPortugal , de Bavière , par lea grandsrducs de Bade et de Hesse^ le roi de Wirtemberg^ par le roi de Sane. Le traité d'accession dc^s princes dt états d'Allemagne, du 37 avril, portait « que tous les efforts seraient dirigea en commun et de con* cert vers le même but, qui était le maintien du traité de Paris du 3o mai i9i4 et des atipuU^tioQS conclues et signées au Congrès de Vienne ^ pour compter ce traité.
L'article a contenait, de ia part des princes d'Aileittagne, l'engagemenit de mettre sur pied un cwt^in nombre de troupes qui se réuniraient à l'armée du Haut-Rhin, sous les ordres du prince de Sqhwart^emberg , à celle du. Bas-Rbin^ squs ceux, du maréchal Bluçbçr, et à celle des Pays-Bas, sous, le commandement du duc de WelUngtoa.
44 CONGfiiS DE VIENNE.
Le contingent que les princes et villes libres d'Allemagne s'engageaient à fournir, s'élevait à. 38,5 lo hommes. La landsturm, ou levée ea masse, devait être requise, suivant les circon«> stances. Ce traité complétait la réunion du nord et du centre de l'Europe contre l'usurpateur. Une commission composée de Prussiens, d'Au* trichiens et de Russes, se réunit à l'instant, pour régler les mesures à prendre pour la subsistance des armées alliées.
La diète de Zurich et la plupart des états de l'Europe accédèrent successivement à ce traité.
La ëour de Madrid y donna son adhésion , à condition qu'elle serait admise dans l'alliance et dans les actes subséquens, comme partie princi"* pale. Elle fondait «a prétention sur les services que la nation espagnole avait l*endus à l'Europe dans la guerre de la révolution , et sur l'éroinence de son rang entre les couronnes. Elle ajoutait « qu'elle se concerterait pourtant avec les autres puissances pour les opérations militaires ; mais que lorsqu'on aurait à traiter, soit pendant la guerre, soit après, elle ne se croirait nullement comprise dans les stipulations faites entre les plénipotentiaires des autres puissances , si le sien n'était point admis sans réserve dans les négociations. » Cette prétention de l'Espagne ayant été rejetée par les puissances alliées, elle fit des