‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 160 sur 214 · LIVRE DIX-SRPTJKMR. 4o · texte numérisé non relu

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qu'il put se placer au milieu. Le roi de Prusse tardant à répondre , Louis XVIII qui ne se souciait point d'être pris au mot, s'adresse à l'empereur Alexandre dont il réclamait l'intervention. L'autocrate ayant invité avec fermeté le maréchal Blucher à renoncer à son dessein, celui-ci ne s'en désiste qu'avec un vif regret, parce qu'il avait l'approbation secrète de son maître. Blucher se proposait aussi de faire désarmer la garde nationale parisienne ; et ce fut encore l'empereur Alexandre dont Louis XVIII invoqua les bons offices, qui empêcha une mesure dont l'amour-propre des Parisiens eût été fort blessé.

Bonaparte s'était attaché par orgueil, à rappeler en cent endroits, ses triomphes sur les ennemis. Ijes rues^ les ponts portaient des noms qui étaient autant d'injures pour les alliés. L'empereur d'Autriche eût pu se trouver offensé autant par la construction du pont d'Jlusterlitz^ que par l'érection de la colonne fondue avec des canons pris sur les Autrichiens , et qui retraçait en bronze immortel , les événemens de la campagne de 1 8o5. On pressait François I de fiaire renverser le pont, la colonne, ainsi que V arc de triomphe du Carrousel; mais ce prince modéré s'y reiuse; et l'on se contente de descendre la statue de Bonaparte du haut de la co-

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anglais avait été chargé de l'accompagner daus ses promenades hors des limites prescrites. A l'arrivée des vaisseaux de commerce anglais ou élran* gers, et aussi long-tems qu'ils seraient en vue, Bonaparte ne pouvait sortir de l'enceinte de sa demeure dont la garde était confiée à des factionnaires des détachemens postés le long des cotes de l'île qui est partout inaccessible, à l'ex* ception du coté de la ville de James-Town où les vaisseaux peuvent aborder. Outre ces précautions à l'intérieur, il y avait des bricks et bâtimens légers qui , dans leur croisière habituelle , enveloppaient l'ile. Ces précautions étaient justifiées par l'évasion furtive de Bonaparte de l'île d'Elbe , et surtout par l'opinion qu'on avait de son caractère rusé et intrigant.

Un bill du parlement du 8 avril 1816 ordonnait « que Napoléon Bonaparte , pour le maintien « de la tranquillité de l'Europe et pour la suce reté générale, serait détenu en captivité comme a prisonnier de guerre , sous la surveillance de <« toute personne nommée par Sa Majesté bri- <x tannique, et dans tel endroit de ses possessions <c et ^vec telles restrictions qu'elle jugerait con- <( venables ; et que tout individu qui tenterait « de faire évader Bonaparte du lieu où il aurait «c été placé , ou même concourrait à son inva- « sion , serait déclaré coupable de félonie ^ et

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« comme tel condamné à mort. » Ce bill qui constituait Bonaparte prisonnier de guerre et d'état, le blessait autant qu'il affectait ses partisans qui auraient voulu qu'au lieu de rester ainsi tout vivant dans les mains d'un ennemi auquel il avait juré haine implacable, il ne lui eût laissé que son cadavre ; mais l'exterminateur des nations, celui qui disait avec tant de facilité , «ye vous ferai fusiller ; » s'estimait et s'aimait trop lui-même, pour songer à imiter ces personnages fameux qui, dans divers siècles, préférèrent de trancher la trame de leurs jours , à la honte de suivre en humbles captifs , le char du triomphateur. Bonaparte n'avait ni le cœur indomptable de Mithridate , ni Tarae indépendante d'Annibal, ni la vertu stoîque de Caton d'Uti'que. Personnage théâtral , il . n'était point disposé à abandonner la scène , dût-il parcourir la terre comme un chef de bande, ou errer sur les mers en avide pirate. Il avait en horreur l'inactivité, et cet oubli qui est le néant de l'homme vain. Pressentant ce " que les révolutionnaires et ses adhérens attendaient de son courage et de son orgueil , il les déconcerta en disant a qu'il ne voulait pas finir ses jours comme un <c joueur désespéré, et qu'il tenait à la vie par « le sentiment de la gloire ; » mais n'était-ce pas ' plutôt par un esprit d'intrigue , par la folle es-

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