‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 18 sur 214 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

SOMMAIRE

État de la Saiue. — Ses députés au G>Dgrès; leurs iiutrac- Ijona^ — iL<Xuail sévère d'Ale|uiii4re an député de Beme. — Création d'un comité pour les affaires de la Suîsset — « Délibération. — Opinion des plénipotentiaires fromposant le comité. — Demandes du canton de Berne. — Discours et mémoire de son député Zerleder, — Opposition du dépot^ du cant4>p de Vand. — Réclamation de Zug. — Dis-^ pfissipn an aujtt ida Genève. «^ Ctisions du roi de Sardai^e I en faveur de p^nèvf , — Réupion de la Valteline» de Chiavenne et de Bormio 9U Milanais. — Réserve du* plénipotentiaire français. — Déclaration du cabinet autrichien à ce-- sujet. — Réclamation des familles grisonnes dépouillées par la FVance. — Déclaration du Congrès tonttkant U ^ttiai^. — Acceptation de oette déclaradon par la diète,

O N a VU que , lors de l'entrée des alliés en Suisse, à la fin de i8i3, Vacte de médiation de i8o3 avait été annulé par la très-grande majorité des cantons, et que les plénipotentiaires des alliés avaient entamé à Zurich , avec les dépûtes des dix-neuf cantons, une négociation

dont Tobjet était de réorganiser ia Suisse , et de la lier au système de l'Europe dont, jusqu'à ce jour, elle aTait été isolée; car la uentralité de la Suisse n'était pofait garantie par les autres puissanees. Les alliés s'étaient engagés à fairf reconnaître , lors de la pacîficcitiop générale , la neutralité perpétuelle de la nation helvétique, à lui faire restituer les pays que la Franee en avait détachés, et à fortifier même sa ligne de défense par des arrondissemens. Mais ces engar gemens n'étaient obligatoires de la part des alUés, qu'autant que l'association hdvétiqne o£Frirait à l'Europe, par son système fédératif et ses institutions cantonales, une garantie de sa tranquillité intérieure , ainsi que des mpyens sttffisatis pour faire respecter sa ne^itralité. Cette première négociation ayant été conduite à sa fin 9 la plupart des cantons avaient signé, le 8 septembre i8i4 9 un noi|veau pacte fédéral; et tous, à l'exception de Berne , de Pribourg et du Valais, s'étaient empressés de terminer leur organisation particulière ou cantonale. La diète avait immédiatement nommé ses députés au Congrès. Le premier était M. de Reinhard , landamman de ta Suisse , homme édairé , sans passion , et recommandable par sa franchise et là pureté de ses intentions. Les denx autres députés étaient MM. Montmach et Viéland.

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Leurs instructions leur enjoignaient principalement de demander, i^ Fintervention des puissances, pour que la Suisse fut reconnue dans ^on état présent de liberté et d'indépendance politiques : a^ de faire consacrer le principe de sa neutralité perpétuelle ; .V de solliciter la réintégration de la Suisse dans ses anciennes frontières, et qu'il y fut ajouté quelques améliorations. Pour ce. qui concernait les questions qui agitaient l'intérieur du pays et les prétentions •de canton à canton , les députés de la diète devaient fournir des renseignemens au Congrès, afin d'éclairer ses jugemens.

Il y avait encore à Vienne , des députations f)articulières de divers cantons 4 et nommément de Berne , de Saint-Gall , d'Argovie , du pays de Yaud , du Tésin , des Grisons et de Genève : elles r'emirent leurs lettres de créance, comme représentant des états indépendans, dont elles étaient chargées de défendre les intérêts.

La légation suisse reçut des monarques qui étaient à Vienne, un accueil honorable. JJne véritable estime s'attacha toujours au noin delà nation suisse. C'est le prix mérité de la valeur, çt d'une fidélité plus honorable encore. L'empereur Alexandre dit à la légation : « Qu'il n'avait cessé de porter un vif intérêt aux affaires de la Suisse; qu'il continuerait d'y donner son' attention, et

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qu'il aurait toujours près du corps helvétique un ministre chargé de veiller k tous les événemens et de conscHider son existence politique; roais que dans la circonstance présente , il considérait toute la nation , et non aucune partie , ni aucune faction; qu'il apprenait avec peine qu'il y avait toujours en Suisse des inquiétudes et des troid>les ; que l'indépendance de la Suisse serait reconnue sans difficulté , mais qu'elle devait s'en rendre digne. »

Le député de Berne ayant voulu prendre la parole , Fempereur Alexandre le regardant avec sévérité , ne se montra point disposé à l'écouter. Ce prince avait été prévenu contre ce canton.* La part que le cabinet de Pétersbourg prenait aux afiaires de la Suisse , indiquait qu'il entendait participer désormais à tous les inté» rets du continent. Ce vif intérêt au sort des cantons était aussi , en partie , l'efiet des démar^ chesdu colonel Lafaarpe, ancien instituteur d'A^ lexandre, qui était, à Vienne , député du canton de Vaud.

L'article 11 secret du traité de Paris , portait , « que la France reconnaîtrait et garantirait con«- <x jointement avec les puissances alliées, et comme « elles , l'organisation politique que la Suisse se « donnerait sous les auspices desdites puissances « alliées , et d'après les bases arrêtées entre If. 4

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tf elles. » En conséquence , le comité des huit avait nommé, le 2 novembre, un comité spécial pour les affaires de la Suisse. Il était composé du baron de Vessenberg pour l'Autriche, du baron de Humboldt pour la Prusse, de lorcl Stewartet de M. Strafford-Canning pour l'Angleterre , et du baron de Stein et du comte Capod'Istria pour la Russie. On n'introduisit point de plénipotentiaire français dans cette première formation du comité, parce qu'un article secret du traité du 3o mai, semblait supposer que les puissances alliées interviendraient seules dans la nouvelle organisation suisse, quoiqu'il fût peu régulier de soumettre la France à garantir des arrangemens auxquels elle n'aurait pris au* cune part. On revint plus, tard sur l'exclusion de la France.

La première séance du comité suisse eut lieu le i4 novembre. On y débattit d'abord la question concernant la réclamation territoriale du canton de Berne , dépouillé , dans le cours de la révolution, de TArgovie et du pays de Vaud, dont on avait formé deux cantons. L'opinion du plénipotentiaire autrichien , baron de Ves* senberg, fut de maintenir ces deux derniers cantons dans leur indépendance, en indemnisant Berne par une partie de l'évéché de Bâle.

Le plénipotentiaire prussien , baron de Hum-

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