LIVRE NEUVIÈME. 5l
boldt , en opinant également pour la conservation des deux nouveaux cantons, parut néanmoins enclin à rendre à Berne une partie de l'Argovie ; et il ^e bornait à offrir , pour le moment à ce canton, une grande partie dej'évéché de Bâle; mais en évitant soigneusement de donner à cette réunion , le nom ^indemnité.
Dans la séance du 1 5 novembre , lord Stewart donna son opinion. Suivant ce ministre, « il n*y avait que deux manières de terminer les différens territoriaux de la Suisse ; ou par un arbitrage amical et volontaire, ou par une intervention d'autorité, de la part des principales puissances de l'Europe. Le premier expédient, si on pouvait l'employer, offrirait de grands avantages, parce que les cantons réclamans se trouveraient préakblement engagés, par la nature même de ce' moyen, à se soumettre à une décision subséquente, et on écarterait par-là l'inconvénient des protestations. Si cependant l'arbitrage deve-^ nait impossible; si les puissances alliées se trouvaient obligées d'intervenir ex necessilale m, et si les Suisses eux-mêmes désiraient leur intervention , la seule question à résoudre était de savoir de quelle manière on pourrait faire im arrangement, en compromettant le moins possible la tranquillité publique en Suisse. Cet arrangement, pour être efficace, devait, de la part
Sa COVGRisS DE VIBVVE.
des puissances intenrenantes , être unanime ^ autant que possible 9 et se rapporter à leurs déclarations antérieures. Il devait être encore de nature à ne porter que la plus faible atteinte à Tétat de possession subsistant depuis plusieurs années; état que les puissances alliées, quelle que fût la justice ou l'injustice de son origine ^ n'étaient pas en droit de changer et de façonner en conquérans, vu que leurs années étaient en> trées en Suisse comme amies, à la suite d^une déclaration qui reconnaissait sa neutralité, et que , par conséquent , leur droit d'intervention devait être strictement borné à la nécessité des cas. y>
D'après l'application de ces principes, lord Slè- Virart était d'avis a qu'on devait faire pour Beri^e tout ce que les alliés pouvaient entreprendre avec justice, n Les souffrances et les pertes essuyées par ce canton, son caractère de bonne administration, établi depuis long -temps par le bonheur de ses ressortîssans, ainsi que le poids dont il jouissait dans la confédération , en faisaient un devoir principal. Toutefois, il était d'avis « que si l'arbitrage était impraticable , on devait en^ tamer une négociation avec Berne, basée sur le principe déjà énoncé, c'est-à-dire, « que les puissances intervenantes n^ envisageaient pas VAr* govie bernoise, comme un moyen d'indemnité dont