LIVRE DIXi-mBUTIÈME
résolutions qu'il prit, outété suivies d'une prompte exécution , et le plus souvent même avant sa clôture. Néanmoins, l'invasion de Bonaparte ayant entremêlé les plans politiques de plans militaires, plusieurs objets importans avaient été ajournés. De ce nombre était le sort ftitur des îles Ioniennes , doni il avait été question de disposer tantôt pour Murât, en indemnité de Na* pies; tantôt en remettant Corfou, la principale de ces iles, à l'ordre de Malte. De leur côté, les insulaires réclamaient une entière indépendance , mais sans moyens de terre et de mer pour la défendre contre les nombreux pirates de l'Archipel. Dansun traitédu 5 novembre 1 8i 5 conclu à Paris, entre l'Autriche, la Russie et la Prusse, d'une part, et l'Angleterre de l'autre , les îles de Corfou , Céphalonie^ Zante, Sainte-Maure, Ithaque, Paros et Cérigo , &irent cédées à l'Angleterre^ pour les couvrir de sa protection, leur donner des lois , et y tenir des troupes. Ce traité achevait de donner à cette puissance, la suprématie de I9 Méditerranée. Les immenses services reiidus p^r là cour de Londres, dans les campagnes de 1 8 1 3 à 1 81 5, et les énormes subsides qu'elle avait fournis aux alliés, purent seuls faire fermier les yeux sur les dangers de cet accroissen)0ut maritime.
Par un autre acte signé à Paris, le aq^, no-
des états de l'Europe accédèrent au traité de la Sainte-Alliance , parce que , loin d'y voir des dangers, ils n'y virent que leur conservation. Le prince-régent d'Angleterre ne put y donner son accession, à cause des formes strictes de la constitution anglaise qui exige que les traités soient contre-signes par un ministre, et soumis à la ratification du parlement; mais le prince-régent donna à connaître qu'il adoptait entièrement les principes de la Sainte- Alliance ; principes qui n'ayant pour^but que la conservation des états et Tordre général , étaient favorables à la cause de Louis XYIII , et même à celle de la nation française.
Le ministre duc de Richelieu, convaincu de la nécessité de mettre une prompte fin aux maux causés par la prolongation du séjour des troupes étrangères, s'attachait à obtenir des adoucissemens aux conditions des alliés , puisqu'il était impossible de les repousser entièrement. L'estime générale dont ce seigneur jouissait auprès des monarques alliés et de leurs ministres, fit obtenir dans la conférence du 3 octobre, des modifications importantes. Ainsi d'abord, ils consentirent à réduire à sept cents millions, la contribution qui, dans ce premier projet de traité, devait être de huit cents ; et le séjour des trou-