LIVRE NEliVlàMii
pour. un pay» bien gouverné, heyreux et prospère; qu^en effet, il «l'y existait pas d'impôts; que la justice y était distribuée avec impartialité, et que l'humanité souffrante y était libéralement soulagée; mais que l'invasion française avait détruit cette opinion ; que plusieurs can* tons, animés d'une injuste jalousie, avaient abandonné Berne dans le moment du danger;. qu'un gouvernement établi par la France , avait dissipé les ressources, fruit de longues économies; et que depuis, par l'effet de l'acte de médiation dont le but était de détruire l'esprit national, Berne avait été partagé en trois cantons;
«Que, lors de l'entrée des alliés en Suisse, on s'était flatté du rétablissement de l'ancienne constitution, et que toutes les publications, surtout la proclamation du prince de Schwartzeœberg, avaient confirmé cette opinion et ces espérances,; mais quç, depuis, les souverains alliés avaient paru changer de système, et qu'on avait ratifié la séparation des d^ux cantons de Vaud et d'Argovie; ce qui avait occasionné au canton de Berne une perte de 120,000 âmes, pour laquelle on lui avait promis ime indemnité; que Berne toutefois ne réclamait pas ces deux pays pour les faire rentrer dans l'état de propres droits.
HG CONGAÈS DR VIENNK.
iralité perpétuelle ; n c'est-à-dire, que Je Congrès se coiistitiierair , eu quelque sorte, arbitre forcé des cantdus.
Sur la réclamation de la légation française^ son second plénipotentiaire, le ducde Dalberg, fut admis dans la séance du comité suisse du 3o novembre. A cette séance parut aussi M. de Zerleder , député de Berne. Ce canton avait plus souffert qu'un autre, parce qu'étant plus puissant et plus considéré, il avait eu des titres plus certains à^ la haine de l'ancien gouvernement fraudais qui s'était plu à le dépouiller, à l'humilier et à le calomnier : la tyrannie française se croyait plus pure que la sage aristocratie bernoise. L'acte de médiation avait détaché de Berne, le pays de Vaud et la majeure partie de l'Argovie, pour les ériger en cantons. C'était toujours le système de réduire et de partager, afin de dominer. Berne réclamait la restitution de ses anciennes possessions ou des indemnités. Cette demande était appuyée par plusieurs cabinets , comme propre à donner plus de consistance à la nation helvétique , et à maintenir dans le gouvernement, l'esprit des maximes d'état qui l'avaient fait fleurir si long-tems.
M. de Zerleder dit au comité : <r Que le canton de Berne formait presque autrefois le tiers de la Suisse; qu'il passait, aux yeux de l'étranger.