LIVRE NEUVlàMi
pour. un pays bien gouverné, heyreux et prospère; qu'en effet, il «t'y existait pas d'impôts; que la justice y était distribuée avec impartia» lité, et que rhumanité souffrante y était libéralement soulagée; mais que l'invasion française tons, animés d'une injuste jalousie, avaient abandonné Berne dans le moment du danger;. qu'un gouvernement établi par la France, avait dissipé les ressources, fruit de longues économies; et que depuis, par l'effet de l'acte de médiation dont le but était de détruire l'esprit national, Berne avait été partagé en trois cantons;
oc Que , lors de l'entrée des alliés en Suisse , on s'était flatté du rétablissement de l'ancienne constitution, et que toutes les publications, surtout la proclamation du prince de Schwartzeœ* berg, avaient confirmé cette opinion et ces espérances; mais quç, depuis, les souverains alliés avaient paru changer de système, et qu'on avait ratifié la séparation des d^ux cantons de Vaud et d'Argovie; ce qui avait occasionné au canton de Berne une perte de 120,000 aroes, pour laquelle on lui avait promis ime indemnité; que Berne toutefois ne réclamait pas ces deux pays pour les faire rentrer dans l'état de sujets, mais pour les admettre à partager ses propres droits.
« L'Argovie, disait M. de Zerledcr, est un territoire qui nous a été ^uni près d'un siècle de plus que le pays de Vaud : il existe entre nous toutes sortes de rapports et de similitudes; et nous y avons des amis plus nombreux qu'on ne le croit. »
Au reproche que l'on faisait à Berne, d'être trop dévoué à la France, ce député répondait : « Qu'il était vrai que son canton était attaché à cette maison royale qui lui avait témoigné tant de bienveillance, dont les malheurs avaient été contemporains des siens et la sounse de ceux qu'avait éprouvés sa patrie ; mais que la France conquérante, celle qui voudrait asservir les autres nations ; cette France qui ne peut pas revenir, ne trouverait à Berne que le souvenir des outrages éprouvés, du pillage de ses trésors, des contributions excessives imposées, et de l'anéan* tissement de son bonheur. Autrefois même, ajoutait: le député, Berne â-t-elle 'donc été outre-mesure dans les intérêts de la France? S'estelle jamais laissée aller à agir contre la maison d'Autriche, oU à convoiter ses possessions? N'at-ell^ pas confié ses économies à la loyauté de la nation anglaise? Lorsque la souveraineté de Neuchâtel fut réclamée par une maison française et la dynastie qui vient d'y rentrer glorieusement, n'employa- 1- elle pas son influence