LIVRE JNBUViiME. 'J l
« tur de s. M. l'iafaute Marie-Louise d'Ëspagoe « et de son fils, le premier plénipotentiaire d'Au« « triche était autorisé à donner à ce sujet, la dé- « claration la plus précise que la réunion défini* « tÎTe desdits territoires qui, dans ce moment, or était devenue une mesure de nécessité près- « crite par les circonstances les plus impérieuses, if ne dérogerait en rien aux arrangiemens prévus, « et qu'ils n'en seraient pets moins mis en ligne « de compteydans V évaluation des objets qui de^ « i^ienî servir de compensaiion pour l'établisse* « ment réclamé par VinJarUe Marie - Louise. » Cette déclaration ayant été acceptée par le prince de Talleyrand, la réunion de la Yalteline, de Chiavenna et de Bormio au duché de Milan « fut adoptée. L'Autriche fit ainsi, à peu de frai$t une acquisition importante qui n'était pas entrée dans ses premiers calculs.
Parmi les réclamations adressées au comité de Suisse, upe des plus dignes d'être accueillieSi était celle de beaucoup de familles du pays des Grisons, jetées dans la misère par l'enlèvement de toutes leurs propriétés , héritage de leurs aïeux. Si l'on réfléchit à la valeur des propriétés ruraJiQB dans un pays pauvre^ isolé, et où il n'y a point de commerce, on ne pouvait que pren- ^fe un ,vif intérêt à la spoliation de ces familles,
dont plusieurs, telles que les SaUsy jouissaient de beaucoup de considération.
Lorsqu'en 1 797 , l'armée franj^aise pénétra en Lombardie , les habitans de la Yalteline, de Chiavenna et de Borinio , poussés par l'esprit d'insurrection, s'étaient détachés d'eux-mêmes de la domination des trois ligues grises, à laquelle ils avaient été soumis pendant près de trois siècles; et ces vallées avaient été incorporées par le directoire exécutif de France à la république cisalpine. Le général Bonaparte avait établi, dans ces pays, un comité composé de cinq personnes pour les gouverner; et ce comité digne d*uii instituteur peu ami de la justice, avait ordonné la confiscation immédiate de toutes les propriétés individuelles des Grisons qui se trouvaient enclavées dans le territoire de la Valteline, de Chiavenna et de Bormio , sous prétexte que ces vallées avaient des répétitions considérables à faire valoir contre l'état des Grisons, leur ancien maître. Cet acte d'autorité, quoique émané d'un pouvoir sans légitimité, avait néanmoins été exécuté avec une extrême rigueur. Les biens des particuliers grisons, situés dans les territoires des trois vallées, biens d'une valeur de sept à huit millions de francs , avaient été vendus, et les fonds provenant de la vente' avaient été