‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 44 sur 214 · LIVRE DIXIÈHTE. 8t · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈHTE. 8t

d'hui ne soient plus heureux et mieux gouvernés. Qu'importe que la langue et les formes des Allemands contrastent avec celles des Italiens? l'essentiel est que le sang de ceux-ci ne soit pas capricieusement versé , que la justice soit aussi impartialement rendue à Milan qu'à Vienne , et que les emplois ne soient pas l'apanage exclusif des sujets autrichiens.

La Lombardie s'applaudit du régime de l'Autriche; et elle est revenue de l'illusion qui lui faisait entrevoir, dans le dernier royaume d'Ita* lie, le type d'un nouvel empire italique qui eût embrassé toute la Péninsule , et lui eût rendu son ancienne importance. Mais qui peut dire que dans leur existence présente , Naplesr, Florence, Milan et Turin soient sans considération, et que les états dltalie soient dégradés ? Les Italiens raisonnables sont loin de le penser ; aussi ne les vit-on pas solliciter du Congrès une plus entière indépendance : Gènes seule réclama.

Il a été question quelquefois de former une confédération italique à l'exemple de la confédération germanique. Toutefois cette mesure ne fut point mise en négociation au Congrès, parce que le repos de lltalie n'intéresse pas autant l'Europe que celui de l'Allemagne , et n'est pas autant exposé à être troublé. On peut donc conclure que l'Italie est, dans le système eu- II. 6

Sa COKGRÈS DE VIENNE.

ropéen présent, aussi* bien distribuée et combinée qu'elle peut Fétre. C'est dans cette contrée que la monarchie autrichienne a retrouvé les principaux élémens de sa reconstruction ; en sorte que devenue autant puissance italienne que puissance germanique, elle a un double intérêt à défendre. La cour de Vienne, après une lutte de vingt-quatre ans, suspendue par de courts intervalles de paix, a triomphé. Ce succès, qui immortalise le règne de François I , est le fruit d'une persévérance aussi vertueuse que courageuse^ du dévouement de ses sujets, et de l'habileté de son cabinet. La guerre de trente ans, celle de la Pragmatique-Sanction et la dernière, attestent que l'Autriche est la puissance moderne quia le mieux connu l'art de soutenir les revers , et de tirer parti de ses défaites pour reparaître avec plus d'éclat. Il y a dans le gouvernement et le peuple dutri* c;hiens, une égalité d'ame qui fut toujours regardée par les moralistes comme un signe de vertu , et par les politiques comme un gage de succès, quelquefois tardif, mais non moins assuré.

Il avait été dit dans le traité de Tœplitz du 9 septembre 1 8 1 3 , entre la Russie et l'Autiùche : c< Que la monarchie autrichienne serait recon- (( struite sur l'échelle la plus rapprochée dé sa situa- (c tion en i8o5. » C'était là son titre fondamental. On appliquait à cette puissance, encore plus

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