‹ Histoire du Congrès de VienneChapitre 43 sur 214 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

ces oppositions morales « il eu est crintéréf. La configuration allongée de la Péninsule nuirait à la centralité du gouvernement italien. Dans quelle \ille placerait-on la capitale ? Rome se prévaudrait de seÉ souvenirs , Naples de son site délicieux, Floi*ence de sa centralité; Milan se mettrait aussi sur les rangs. Toutes ces villes et d'autres encore aspireraient à être le siège de la monarchie italienne.

Dans la division présente , l'Italie est coupée en deux par YÉtat de r Église , dont la conservation a paru nécessaire à l'indépendance du chef de la religion. Ce motif suffirait pour em-^ pécher la réunion des pays d'Italie possédés par les maisons d'Autriche et de Bourbon; réunion qui , en siipposant même l'abolition de la souve«> raineté temporelle du pape^ ne pourrait s'effec* tuer qu'en donnant à Tune de ces deux maisons la part de l'autre « ou en les expulsant toutes les deux de l'Italie; double événement impos^* sible d'après l'organisation présente de l'Europe ; car , pour que l'un et l'autre eût lieu , il faudrait que toute balance de forces entre ^a France et l'Autriche, disparut de nouveau , et que l'Europe cessât de prendre aucune part à ce qui se passerait en Italie» Malgré ces divers obstacles qui pour le moment sont insurmontables , on cherche imprudemment à électriser les Italiens ; on

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s'efforce *par Timage jde leur grandeur passée , d'aiguillonner leur amour- propre; et si on n'ose pas leur promettre une seconde fois la domina^ tion du monde, du moins on leur dit qu*ils pourraient former une natioli unique et indépendante ayant pour bornes, les Alpes et la mer. Mais les Italiens sages ne doivent pas regretter la fortune de la république romaine , ni celle des Empereurs qui se réduisit au triste honneur de ravager ou d'opprimer. Ils ne doivent pas tnéme regretter la réunion des peuples d!ltaUe en un seul corps de nation; opération qui coûta aux. Romains autant dé sang et d'efforts, que la soumission des autres états du monde. Les peuples d'Italie ne pouvant exister sous un même chef et sous un même gouvernement, ont été prudemment divisés, ainsi que l'Allemagne, en diverses souverainetés. On ne voit poifit d'ailleurs quel intérêt aurait l'Europe à ce que l'Italie formât un état unique.

L'on répète aux Italiens qu'ils sont gouvernés par des étrangers. Mafe une possession plus que séculaire n'a-t-elle pa^ donné la naturalité aux princes des maisons de Bourbon et d'Autriche ? Quand on repasse dans la mémoire la domination tyrannique de quelques princes, et l'anarchie sanglante des républiques du moyen âge, on ne peut nier que les Italiens d'aujour-

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