LIVRE DIXIÈME
niibe, rinn et la Yistule, a acquis sur la Méditerranée leséiémens d'une existence maritime que la paix et le goût particulier de quelque monarque autrichien, développeront ; et sous quelques années, il pourra sortir des portsdeVenise,deTrieste et de Raguse des escadres imposantes. François I a prouvé que Ta vraie politique est dans la modération et la rectitude des plans , et il a pleinement vérifié ce qu'il disait à un ministre étranger au retour de la campagne de i8o5 : a Je suis a bien malheureux ; mais j'ai le pressentiment « que mes malheurs auront un terme. » Par un caractère exempt de passion, ce prince a suspendu et presque effacé l'ancienne rivalité de Vienne et de Berlin , sur laquelle les politiques brouiU Ions se plaisent tant à compter, ne fût-ce que pour amener des schismes dans la diète germanique : mais il n'en sera pas ainsi , du moins sous le règne de François I et de Frédéric-Guillaume. De même, quoique FAutriche pui^e avoir avec la Russie, des rapports d'une nature délicate, à cause de leur commun voisinage de l'empire ottoman, la sagesse de leurs cabinets est une garantie qu'ils ne se brouilleront point sérieusement y OU que leur brouillerie ne sera pas de longue diurée.
L'Autriche n'a presque plus rien à démêler avec la France, si ce n'est dans des guerres gé-
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nérales. L'éloignement des deux états a du moins produit cet avantage si chèrement acheté.
On a blâmé les plénipotentiaires français au Congrès , de ne s'être pas opposés aux riches acquisitions de l'Autriche en Italie; mais, même en écartant les droits de cette puissance fondés sur des garanties réciproques et sur d'immenses sacrifices, et en mettant à part les engagemens des alliés en x 8 1 3 ^ la France ne devait-elle pas les plus grands raénagemens à la cour de Vienne , soit pour parvenir à la réintégration dû roi Ferdinand lY, soit pour arrêter sur d'autres points des prétentions beaucoup plus redoutables que celles de l'Autriche ? Il fallait savoir céder sur un article , afin d'obtenir de la condescendance sur d'autres.
On a voulu soulever les Italiens contre l'Autriche , en leur disant qu'elle les avait laissés à la merci dçs Français ; mais les siècles rediront les efforts prodigieux de la cour de Vienne pour prévenir l'asservissement de l'Italie. Ce furent les Italiens qui ne secondèrent pas l'Autriche. Les antagonistes de cette puissance supposent qu'elle pourrait, à la longue , s'incorporer toute la Péninsule; mais ils partent de l'opinion que pouvant beaucoup, elle envahira , au lieu de l'envisager comme protectrice et conservatrice. Au fond, on n'est pas envahisseur parce qu'on est