LIVRE ONZIÈME. l
Padoue et Brescia, avaient cédé à ces suggestions; mais la Toscane, quoique envahie par les Napolitains, était restée immobile.
Le général autrichien, Bianchi, qui n'avait pu encore réunir qu'un petit corps de troupes sur les bords du Tanaro , ayant été attaqué , le 4 avril, avait opposé une vive résistance; mais les Napolitains, très -supérieurs en nombre, avaient traversé cette rivière, et Modène ainsi que Reggio, avaient ouvert leurs portes. Le présomptueux Murât croit le sort de l'Italie décidé; et qu'il lui suffisait de faire sa jonction avec les troupes de Bonaparte , pour renverser l'ouvrage des alliés et opérer en Europe une nouvelle révolution; mais l'illusion fut de courte durée. Les généraux Livron et Pignatelli, entrés à Florence, le 7 avril, ayant voulu poursuivre la colonne autrichienne du général Nugent qui s'était retirée à Pistoie, sont battus; et ce premier revers est le prélude de ceux qui renversèrent en peu d*instans la fortune de Mnrat. La déclaration de guerre de l'Angleterre et l'avis du départ de l'expédition de Sicile , ayant achevé de déranger les plans de Murât qui craignait une descente en Calabre,il songea se rapprocher de ses états. Ce mouvement rétrograde a lieu au moment où il venait de convoquer, à Rome, une assemblée des députés de toute
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ritalîe, pour se concerter sur une révolution gé-* nérale, et où personnellement il recevait un échec près du pont d'Occhio-Bello attaqué avec fureur. Dans le même tems, ses principaux généraux Livron et Pignatelli étaient contraints de se replier sur Rome. Murât qui était doué de plus d'impétuosité dans les combats que de fermeté dans les revers, fait solliciter, le ai avril, auprès du feld - maréchal Frimont, commandant en chef de l'armée autrichienne d'Italie, un armistice. Il rejetait son agression sur la crainte « qu'il avait eue qu'on ne songeât à. le dépouiller de son royaume; ce qui l'avait porté à reprendre les positions qu'il occupait l'année précédente, ne soupçonnant point que les Autrichiens s'opposeraient à sa marche ; mais que ceux-ci ayant tiré les premiers à Césène, il avait été obligé de recourir à la force; qu'il était fâché d'avoir connu si tard par ses ministres à Vienne, la disposition du Congrès à lui laisser ses états ; qu'il demandait à ouvrir une négociation nouvelle , et sollicitait. un armistice' avec offre de rentrer immédiatement sur son territoire. »
Ces fausses excuses et ces regrets tardife ne persuadèrent pas le feld-maréchal Frimont qui, dans sa réponse, rappelait à Murât sa proclamation révolutionnaire aux peuples d'Italie, comme