LIVRE TRinZlÈME
les droits ou les prétentions de sou commettant ; et il s'établit même une espèce de lutte entre les plénipotentiaires des têtes couronnées admises partiellement dans la diète et les princes allemands du second rang. Le plénipotentiaire de Hesse-Darmstadt se prononça positivement contre toute manière de voter d'après la proportion un-, peu vague de l'étendue territoriale. Il observait que le rang n*étant point une chose îndifFérente , devait être fixé soit d'après ce qui avait anciennement eu lieu à la diète , soit par une combinaison de cet usage avec la proportipn de- la population; que le Danemarck, dont l'accession était au reste un événement désirable, n'accédant que pour le Holstein, et le titre royal étranger n'ayant aucune influence sUr la constitution de la confédération germanique , le Holstein ne devait pas être placé avant les maisons de Hesse; que le même cas avait lieu à l'égard du Luxembourg qui ne pouvait pas prendre rang avant les maisons de. Hesse, quoiqu'on rendît justice.au mérite de la maison d'Orange, et qu'on appréciât, comme on le devait^ son ac<cession à la confédération germanique; enfin qu'on désirait que la douzième place fut assignée aux maisons ducales seules, à l'exclusion de Sehwartzbourg et de Reuss; que la treizième fût ' donnée à Brunswick et à Oldenbourg ; la quatorzième à la maison de Mecklembourg ; la
U'i4 CONGRÈS DE VIENNE.
« grand nombre de parties agissant de concert, u et d'après des formes régulières , que par les « efforts séparés de quelques membres. » Ce principe était susceptible d'être contredit, surtout d'après la jalousie naturelle aux petits états contre les grands^, et qui eût pu les porter à former opposition à beaucoup de mesures né* cessaires, et à se prévaloir de la majorité des voix; quoique entre puissances ce soient le rang et la suprématie qui l'emportent.
L'expression de Congrès allemand n'était pas exacte; car il n'avait jamais été question de former à Vienne deux congrès , l'un pour l'Europe, l'autre pour l'Allemagne. Les princes et états d'Allemagne avaient été invités en masse à envoyer des plénipotentiaires au Congrès de Vienne, non pour y prendre tous séance, mais pour faire valoir leurs prétentions, et régler leurs intérêts, par la voie des négociations. -
Cette note des princes du second rang ne laissa pas de faire impression, puisque', le 4 février, les plénipotentiaires prussiens transmirent au premier plénipotentiaire d'Autriche, une note dans laquelle ils témoignaient le désir qu'on reprit la discussion de la constitution germanique, eu y admettant , par députàtion , les plénipotentiaires des princes du second rang, attendu que la diversité d'opinions avait cessé d'exister.