‹ Histoire du Conservatoire impérial de musique et de déclarationChapitre 13 sur 271 · MONDON VILLE · texte numérisé non relu

MONDON VILLE

1762, Dauvergne.

1771, Berton.

1775, Gaviniés et Le Duc.

. ^^ . < Legros.

Les artistes étrangers venaient s'y faire entendre.

Les frères Besozzi de Turin y parurent en 1755, et y jouèrent, avec grand succès, des duos de hautbois et de basson. — Parmi les Chanteurs, nous devons citer Farinelli, Gaffarellij Bavide, Raff, Mni^s Mara, Todi etc., et parmi les instrumentistes Bertaut, Rodolphe, Viottij Jarnowik, Punto, Heiser, etc.

Voici ce qu'en pensaient Burney et Mozart.

« J'allai au Concert spirituel (le 1 4 juin 1 770), écrit Burney, le » seul amusement qui soit permis dans les jours de grande fête. Le » premier morceau fut un motet de Lalande, Bominus regnavit, » composé à grand chœur et exécuté avec plus de force que d'ex- » pression. Le style était celui du vieil opéra français, et me parut » fort ennuyeux, quoiqu'il fût couvert d'applaudissements par Tau- » ditoire. Il y eut ensuite un Concerto de haubois, exécuté par Be- » sozzi, neveu des célèbres basson et hautbois de ce nom à Turin. » Je suis forcé de dire, pour l'honneur des Français, que ce mcr- » ceau fut très-applaudi. C'est faire un pas vers la réforme que de » tolérer ce qui devrait être adopté. Après que Besozzi eut achevé » son morceau, ]VP"^ Delcambre cria VExaudi Beus avec toute la » force de poumons dont elle était capable, et fut aussi bien ac- » cueillie que si Besozzi n'eût rien fait. Vint ensuite Traversa^

» premier violon du prince de Carignan, qui joua fort bien un » Concerto qu'on goûta peu. M°^« Philidor chanta un Motet de la » composition de son mari; mais quoique ce morceau fut d'un )^ meilleur genre pour le chant et pour l'harmonie que ceux qui » avaient été chantés précédemment, il ne fut pas applaudi avec » l'enthousiasme qui ne laisse pas de doute sur le succès. Le » Concert se termina par un Beatus vit, motet à grand choeur, » mêlé de solos. Le chanteur qui récitait ceux de haute-contre » beugla si fort qu'il aurait pu le faire si on lui eût mis le couteau » sur la gorge. Je n'eus pas de peine à m' apercevoir, par la satis- )) faction qui régnait sur toutes les physionomies, que c'était la » musique la plus convenable pour les Français et celle qu'ils » sentaient le mieux. Mais le dernier chœur mit le comble à leur » plaisir : de ma vie je n'ai entendu pareil charivari. J'avais sou- » vent trouvé que nos chœurs sont trop fournis et trop bruyants; » mais comparés à ceux-ci, c'est une musique douce et mélodieuse, » telle qu'il la faudrait pour inviter au sommeil une héroïne de » tragédie. »

Mozart écrivit sur le même sujet une lettre à son père le 3 juillet 1778 :

u J'ai fait une Symphonie pour l'ouverture du Concert Spirituel : » elle a été exécutée et a reçu une approbation unanime. Le )) Courrier de l'Europe en a parlé, je crois, donc elle a réussi. » J'avais grand'peur aux répétitions, car jamais je n'ai rien en- » tendu d'aussi mauvais; vous ne pouvez vous imaginer de quelle )) manière ma pauvre Symphonie fut estropiée deux fois de » suite : mais tant de morceaux sont en répétition que le temps » manque. Je me couchai donc, la veille de l'exécution, de mau- » vaise humeur et rempli de crainte. Le lendemain, je résolus )-> de ne pas aller au Concert; cependant le beau temps qu'il ht le )) soir changea ma résolution. J'y allai donc, résolu, si l'exécu- » tion n'était pas meilleure que la répétition, de sauter dans l'or- 0 chestre , d'arracher le violon des mains de M. La Houssaye, » premier violon, et de diriger moi-même. Je priai Dieu pour » que tout allât pour le mieux, et la Symphonie commença. Raff » était à côté de moi. Au milieu du premier Allegro était un pas- » sage que je savais devoir plaire : le public fut transporté : des » applaudissements unanimes éclatèrent. Comme j'avais prévu » cet effet, le passage était ramené à la fin par un Dacapo. VAn-

» dante plut aussi beaucoup, mais surtout le dernier Allegro. » Comme on m'avait dit ici que les Allegro commencent avec » tous les instruments et à Tunisson, je commençai le mien » par huit mesures piano pour deux violons^ et de suite forte. Le » piano fit faire chut, ainsi que je Tavais prévu ; mais dès la pre- » première mesure du forte les mains firent leur devoir. De joie, » j'allai, après ma Symphonie, au Palais-Royal où je pris une » bonne glace; je dis le chapelet que j'avais fait vœu de dire et » je m'en retournai à la maison. »

Legros, avec le concours de Gluck et de Piccini, régénéra le Concert spirituel. La salle des Maréchaux fut splendidement décorée : on y établit des loges : on y plaça un orgue. Ces Concerts furent ensuite donnés, en 1791, dans la Salle de spectacle du château.

Une entreprise de Concerts, d'un genre analogue aux Concerts spirituels, avait été fondée à Paris en 1773 par M. de la Haye, Fermier général, et par le baron d'Ogni fils. Surintendant des Postes, sous le nom de Concerts des Amateurs. Ils avaient lieu dans l'hôtel de Soubise ou de Rolian, rue de Paradis et Vieille rue du Temple; ils étaient dirigés par Gossec, qui avait alors vingttrois ans. Le chevalier de Saint-Georges y jouait le premier violon. En 1779, Fontesky, violoniste polonais, apporta en France les symphonies de Haydn et les fit exécuter à ce Concert des Amateurs.

L'Opéra s'émut de leur succès et porta plainte contre le Concert d'amateurs :1e Prévôt des marchands appuya cette plainte. Le prince de Rohan refusa de leur retirer la salle.

Au bout de quatre années, cette Société d'amateurs se sépara et fut remplacée parla Société de la Loge Olympique, composée d'amateurs pris dans les classes les plus élevées de la société et des plus célèbres Professeurs de l'époque, sous la direction d'un chef nommé JSavoigiUe aîné. On y distinguait le comte d'Origny, Directeur général des Postes, le chevaUer de Cosse, Officier aux Gardes Françaises, de Sorcy, Officier de la Garde Suisse, Lavalette, Garde du Trésor royal, de Lahaye; Fermier général, etc.

Les Concerts de cette Société étaient donnés, sous la protection de la Reine Marie-Antoinette, aux Tuileries, dans la Salle qui suit celle des Maréchaux. Les auditeurs y portaient l'ordre de la Société : c'était une lyre en paillettes appliquée sur l'habit comme les autres ordres.

Le service d'ordre était fait par les Gardes Françaises.

Six symphonies, dites de la Loge Olympique, furent composées par Haydn pour cette Société.

Imbaultj Membre de Torchestre et marchand de musique, les fit graver. La seconde Symphonie concertante de Viotti y fut jouée, sous sa direction, par Guérillot et Grasset, devenu plus tard clief d'orchestre du Théâtre Italien.

Les chefs d'orchestre de la Loge Olympique furent : Navoigille aîné et Bertheaume. On distinguait parmi les solistes instrumentistes : Viotti, Mestrino, Jarnowik, Duport, Punto, Michel Lefèvre, Ozi, Devienne, Sallentin, Clementi, Dusseck, Cramer, Besozzi et parmi les chanteurs : David, Babini, Lays, Rousseau, Chéron, M'^es Xodi, Mara, Saint-Huberti, Renaud.

Elle fut dissoute en 1789.

En l'an VIII, les Concerts de la rue de Cléry furent organisés et lui succédèrent. — L'orchestre, composé de quatre-vingts exécutants, était dirigé par M. Grasset, les chœurs par M. Plantade. Les Symphonies d'Haydn y étaient exécutées avec un soin tout particulier.

g, L'abonnement des douze Concerts était de 72 francs. 11 y avait à peu près six cents abonnés.

Le Comité d'Administration était composé de MM. de Bondy, ancien Préfet de la Seine, Cherubini^ Grasset, Bréval, Perignon, Frédéric Duvernoy, de Crisnoy, Devilliers.

La Société fit frapper une médaille qu'elle envoya à Haydn lorsqu'il eut promis de venir assister à l'audition de ses œuvres, promesse que sa santé ne lui permit jamais de réaliser. Il oiïrit, comme témoignage de son affection à la Société, une Messe et un Te Deum. Garât s'y faisait entendre très-souvent, et on remarquait parmi les autres exécutants : Kreutzer aîné, Frédéric Duvernoy, Rode, Baillot, Romberg, Bomnick, Ozi, Bekambre, Sallentin, Devienne, Lefèvre , Dalvimane,Hummel; parmi les chanteurs : Blangini, Martinelli, Taclamagni, Adrien, M^n^s j^o^Za, Brancha, Armand, Buret, etc. Des actes entiers à'Iphigénie en Tauride et d'Orphée y furent exécutés : Garât les chantait.

La première Symphonie de Reicha y fut dite, pour la première fois, en 4801.

Cette Société fut obligée de quitter le local qu'elle occupait et de donner ses séances dans la salle Chantereine; elle se sépara bientôt après. Le mobilier et le fonds de musique furent partagés.

Le Te Beum d'Haydn échut au chef d'orchestre : la Messe du même auteur fut acquise par le Conservatoire.

En 1815, un nouveau Concert d'Amateurs fut organisé dans la rue de Grenelle et ensuite au Wauxhall. L'orchestre fut successivement dirigé par MM. David, Barbereau, Sauvage, Guénée, Vergues et Tilmant. C'est là que se firent entendre avec succès, au commencement de leur carrière, M^^es Jaiuureck et Borus, et Mm«s Bamoreau-Cinti et Babadie; Halma, de Beriot et Hau~ mann y jouèrent avec succès.

Ce fut au Wauxhall que fut chantée, pour la première fois, par La vigne, artiste de l'Opéra, la romance du Borysthène. M. Panseron commença à s'y faire connaître par deux romances concertantes l'une avec la flûte, l'autre avec le hautbois.

Ce Concert fut dissous en 1829. M. Chelard en fonda un autre, sous le titre à'Athênce Musical, dans la même année, sous les auspices de M. le comte Chabrol de Volvic, Préfet de la Seine, qui mit à sa disposition la salle Saint-Jean, à l'Hôtel de Ville. Il eut pour chefs d'orchestre MM. Barbereau, Vidal, Girard. On citait parmi les exécutants : MM. JJrahn, Becquié, Roëhn, Seuriot, Vaslin, Michu, Coninx, Veny, Pechignié, Mengal , Butteux, Cocken. Le piano était tenu par MM. Rigel et Massimino.

Les séances furent ouvertes à l'Athénée par un discours de M. Miel, Chef de Division à la Préfecture de la Seine, auteur de plusieurs écrits sur les Beaux-Arts.

MM> Kalkbrenner, Field, Listz, Herz, Hiller, Labarre, Habeneck, Servais, Batta, Beppo, Béer, Dabadie, Derivis, Wartel, Géraldi, Huner, M'"^^ Dabadie, Casimir, Falcon, Dorus-Gras, Deligny, Leroy, s'y sont fait entendre.

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