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DES GARÇONS DE CLASSES

Les garçons de classes doivent toujours être en tenue pendant la durée de leur service, c'est-à-dire depuis neuf heures du matin jusqu'à quatre heures du soir. Ils ne peuvent, sous aucun prétexte, s'absenter dans cet intervalle ni se faire remplacer même par quelqu'un de leur famille.

Ils doivent tous les jours, avant huit heures du matin, avoir balayé les classes et les escaliers, épousseté les instruments de service, et deux fois par semaine ils sont tenus d'enlever les toiles d'araignée et de nettoyer l'intérieur des pianos.

En hiver, tous les feux doivent être allumés à huit heures du matin. Ils doivent, deux fois par mois et à tour de rôle, gratter, laver et éponger le grand escalier de l'Administration.

Au moment où une classe vient de finir, ils doivent la visiter pour s'assurer qu'aucune dégradation n'y a été commise, fermer le piano et la classe, rapporter les instruments au bureau de service , et en cas de dégât, en faire le rapport au Surveillant.

A la fin des classes, ils veilleront à ce qu'aucun Élève n'emporte les solfèges et méthodes qu'ils ont en compte pour le service.

Ils ne laisseront stationner aucun Élève dans les corridors ou escaliers, et s'ils éprouvaient de la résistance, ils en référeraient aussitôt au Surveillant.

Ils empêcheront toutes personnes étrangères aux classes d'y entrer pendant les leçons, à moins qu'elles ne justifient d'une autorisation du Directeur, ou qu'elles ne soient conduites par le Surveillant.

Le concierge du Conservatoire devra tous les jours balayer la cour et nettoyer les guérites et les lieux d'aisances ; il ne laissera apposer aucune affiche sur les murs, et ne laissera stationner aucun marchand ambulant sous la porte cochère, sans la permission du Directeur.

Il ne laissera promener aucun Élève dans la cour ou sous le vestibule, pendant la durée des études ; il empêchera les pensionnaires de se mettre à la porte pour regarder dans la rue, et il ne devra, sous au-

cun prétexte, les laisser sortir sans une permission du Chef du pensionnat.

DU PENSIONNAT

Le Chef du pensionnat des hommes, sous la surveillance du Directeur et de l'Administrateur du Conservatoire, est investi spécialement de toutes les attributions relatives au maintien de l'ordre et de la police du pensionnat.

Les Élèves seront tous les jours levés à six heures en été, et à sept heures en hiver. Le lever sera annoncé par le son de la cloche.

Le déjeuner se fera à huit heures précises, pour que les Élèves puissent se rendre à neuf heures dans leurs classes respectives.

A la fin de leurs leçons, ils se rendront immédiatement au pensionnat; il leur est expressément défendu de rester dans la cour pendant la durée des classes, c'est-à-dire depuis neuf heures jusqu'à quatre heures.

Aucun Élève ne pourra se présenter à table ou dans les classes s'il n'est vêtu décemment.

A dix heures toutes les lumières doivent être éteintes et remises au Chef du pensionnat.

Il est expressément défendu aux Élèves de se procurer particulièrement les moyens d'avoir de la lumière dans leur chambre après l'heure ci-dessus indiquée, afin d'éviter les dangers qui pourraient en résulter pour l'établissement et pour eux-mêmes.

Il ne sera permis à personne de fumer dans l'intérieur de l'établissement.

Les Élèves ne pourront rien exiger des domestiques sans l'autorisation du Chef.

Aucun Élève ne pourra sortir, pour quelque motif que ce soit, sans un permis écrit et signé du Chef du pensionnat, et qu'il devra déposer chez le concierge du Conservatoire. Ceux qui ne se soumettraient pas à ces dispositions seraient considérés comme ayant violé le Règlement, et seraient consignés dans l'intérieur du pensionnat. En cas de récidive, ils seraient exclus du Conservatoire.

Il est expressément défendu aux pensionnaires d'introduire dans leur cliambre aucune personne étrangère au pensionnat.

Les pères, mères, frères et oncles sont seuls exceptés. Ces visites de parents n'auront lieu que le dimanche. Les amis ne pourront être également introduits que le dimanche et seulement dans la salle d'attente.

Les demandes en réclamations que les Élèves auront à faire, soit au Directeur, soit à l'Administrateur, devront parvenir à ces derniers par l'entremise du Chef du pensionnat.

Lorsqu'un Élève devra dîner ou passer une partie de la journée

hors du pensionnat, il ne lui sera accordé de permission que sur la demande des père, mère, frères et oncles, ou sur celle d'un Professeur. Cette permission ne sera valable, autant que possible, que jusqu'à onze heures du soir.

Aucun autre motif que celui de maladie entraînant la nécessité de garder le lit ne saurait exempter un Élève de se rendre aux classes ; s'il n'était qu'indisposé, cette raison ne le dispenserait pas d'assister à la leçon comme auditeur.

Le Surveillant des classes devra s'assurer chaque jour que les Élèves suivent exactement les études, dans les différentes classes qui leur sont assignées.

Les Élèves ne devront aller au spectacle que lorsqu'ils sont accompagnés par le Chef ou une personne de confiance déléguée par lui . . Il en sera de môme à l'égard de la promenade, qui , dans tous les cas, ne peut avoir lieu qu'à l'heure de récréation.

Il existe trois degrés de punition, savoir :

1° Défense de sortir de l'enceinte de l'École ;

2° Retenue dans l'intérieur du pensionnat ;

3° Exclusion du pensionnat et du Conservatoire royal de Musique.

Celui qui encourra cette dernière punition ne pourra obtenir de certificat d'Élève du Conservatoire.

Le premier degré de punition sera applicable pendant un jour pour chaque infraction aux devoirs prescrits par le Règlement.

Dans le cas de récidive, le second degré sera appliqué.

On infligerait la peine du troisième degré à ceux des Élèves qui, au mépris du Règlement et des remontrances du Directeur, persisteraient dans leur insubordination.

Paris, le l^' décembre 18/i2.

Signé : AUBER.

Approuvé par nous, Ministre^ Secrétaire d'État au départemeyit de C Intérieur,

Paris, le 30 décembre 1842.

Sifirwe .- T. DUCHATEL.

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