‹ Histoire du Conservatoire impérial de musique et de déclarationChapitre 17 sur 271 · ÉLÈVES MILITAIRES · texte numérisé non relu

ÉLÈVES MILITAIRES

1856 Une décision du Ministre de la guerre ayant supprimé le Gymnase militaire, dont la Direction avait été confiée pendant plusieurs années à M. Carafa, Membre de Tlristitut, une convention passée entre M. le Ministre d'État et M. le Ministre de la guerre décida que cinquante Élèves militaires recevraient l'Education musicale au Conservatoire. La direction de leurs études a été confiée au Directeur de l'Établissement. Tous les frais en sont supportés par le Ministère de la guerre. Voici la désignation des Classes militaires et les noms des Professeurs :

Classe d'harmonie et de composition, M. Bazin (Professeur au Conservatoire).

Classe d'harmonie, M, Jonas (Répétiteur au Conservatoire). ^^, -Classe de solfège, M. Alkan (Répétiteur au Conservatoire).

Classe de solfège, M. Durand (Répétiteur au Conservatoire).

Classe de cornet à pistons, M. Forestier.

Classe de saxophone, M. Sax.

Classe de saxhorn, M. Arban.

Classe de clarinette, M. Klosé (Professeur au Conservatoire).

Classe de trombone, M. Dieppo (Professeur au Conservatoire).

Classe de flûte, M. Tulou (Professeur au Conservatoire).

Classe de hautbois, M. Yerroust (Professeur au Conservatoire).

Classe de trompette, M. Dauverné (Professeur au Conserva-

tion dans l'intérieur du Pensionnat; ils y avaient Professeurs de solfège, de vocalisation et de chant, une classe de musique d'ensemble et de lecture de la partition, sans compter l'étude accessoire du clavier pour l'accompagnement; voilà pour la musique. Ils recevaient, en outre, le soir, et trois fois par semaine, des leçons de langue française et italienne, de géographie et d'histoire, et, en dehors de celles de déclamations, il y avait des exercices de tenue et d'escrime. Comme on le voit, rien n'était négligé pour faire de ces Élèves des artistes distingués en même temps que des hommes du monde. Les Élèves ne sortaient que munis de permissions et devaient rentrer à heure fixe : les journées étaient bien remplies par de nombreuses études, de façon à empêcher le goût des distractions extérieures. Les infractions au Règlement étaient d'ailleurs rigoureusement punies et comme l'admission au Pensionnat exemptait de la conscription, le Gouvernement avait d'autant plus de droit de se montrer exigeant à l'égard des règles établies, qui ne l'étaient, du reste, qu'en vue de la santé et de l'intérêt des Élèves. (Ménestrel du 22 Mai 1859. )

Un jury, présidé par M. le général Mellinet, de la Garde impériale, est chargé de l'examen des aspirants aux Classes.

Une Commission spéciale examine les Candidats aux fonctions de chefs et sous-chefs des musiques militaires de Tarmée.

Elle est composée de :

MM

Le Général Mellinet, Président.

Le Général Guiod.

Ambroise Thomas, Membre de l'Institut .

François Bazin, Professeur au Conservatoire.

Georges Kastner.

Le Commandant Marel, Aide de camp du général Mellinet, Secrétaire.

Des Concours ont lieu pour les Élèves des classes militaires, comme pour les classes d'Élèves civils. Ils reçoivent pour prix des médailles d'or et d'argent.

Le Conservatoire admet aujourd'hui plus de 600 Élèves dans ses classes^ ils y reçoivent gratuitement l'éducation musicale et dramatique des meilleurs Professeurs du monde. Des Exercices dramatiques et lyriques qui ont lieu plusieurs fois dans l'année permettent d'apprécier leurs progrès. Il fournit chaque année des sujets aux Théâtres Impériaux et à tous les autres Théâtres de Paris, de l'Étranger et des Départements. L'École instrumentale n'a pas de rivale : elle sert de modèle à tous les Conservatoires d'Europe et fournit des Professeurs à la France et à l'Étranger*

Les Concerts du Conservatoire offrent le résumé de ce que peut produire cette École : c'est comme le disait dernièrement un jeune Prince russe émerveillé de la perfection de l'exécution^ une des Gloires de notre pays.

Le Ministre d'État, qui a aujourd'hui cet Établissement dans ses attributions, en comprend toute l'importance et s'occupe de tout ce qui peut améliorer son organisation et accroître sa réputation. La décision que Son Excellence vient de prendre pour faire exécuter en marbre le buste de Bernard Sarrette, fondateur de l'Établissement, est une preuve éclairée de sa bienveillante protection et de la consécration qu'il veut donner aux services rendus à cet Établissement.

La Direction du Conservatoire, dont la France s'enorgueillit à

si juste titre^ ne pouvait être donnée qu'àTun des chefs de TÉcole musicale française, à Fune des gloires de nos scènes lyriques. Le Gouvernement n'a fait que sanctionner le choix de Topinion publique en la confiant à M. Auber

DîâPâSON NORMAL.

1 808 i 7 juillet. Arrête du Ministère d'État qui institue une Commission chargée de rechercher les moyens d'établir en France un diapason musical uniforme, et de déterminer un étalon sonore qui puisse servir de type invariable et d'indiquer les mesures à prendre pour en assurer l'adoption et la conservation. Cette Commission est composée de :

MM. Pelletier, Secrétaire général du Ministère d'État, Président.

Auber , Directeur du Conservatoire Impérial fie Musique et de Déclamation, Membre de l'Institut. Berlioz, Membre de l'Institut.

Despretz, Membre de l'Académie des Sciences, Professeur de Phy.-ique à la Faculté des Sciences. Doucet (Camille), Chef de la Division des Théâtres. Halévy (F.), Membre de l'Institut, Secrétaire perpétuel de l'Acariéiriie des Beaux-Arts.

Lissajous, Professeur de physique au lycée Saint- Louis, Membre du conseil de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.

Mellinet, Général de Division, chargé de l'Organiia-

ti(m des Musiques militaires.

Meyerbeer, Membre de l'Institut.

Monnais (Edouard), Commissaire Impérial près les

Théâtres Lyriques et le Conservatoire, liossini, Membre de l'Institut.

Thomas (Ambroise), Membre de l'Institut.

Le l*-" février 1859, cette Commission a adressé le Rapport suivant à M. le Ministre d'État. Il a été rédigé par M. Halévy^ Membre de l'fnslitut, qui a prouvé, une fois de plus^ qu'il pouvait traiter les sujets les plus hérissés de termes teclmiques avec un talent et un choix d'expressions qui en font oublier l'aridité. L'ordonnance et la progression des diverses parties de ce Rapport en font un document très-remarquable, et nous le reprodui-

sons avec d'autant plus de bonheur, qu'il terminera dignement notre ouvrage et mettra un terme à la monotone énumération de tous les éléments qui le composent.

Page 1