RAPPORT DE LA COMMISSION
Paris, le 1" fémer 1859.
Monsieur le Ministre,
Vous avez chargé une Commission « de rechercher les moyens d'établir en France un Diapason musical uniforme, de déterminer un étalon sonore, qui puisse servir de lype invariable, et d'indiquer les mesures à prendre pour en assurer l'adoption et la conservation. »
Votre arrêté était fondé sur ces considérations :
« Que l'élévation toujours croissante du Diapason présente des inconvénients dont l'art musical, les corripositeurs de musique, les artistes et les fabricants d'instruments ont également à souffrir; et que la 'iifférence qui existe entre les Diapasons des divers pays, des divers établissements musicaux et des diverses maisons de facture, est une source constante d'embarras pour la musique d'ensemble, et de difficultés dans les relations commerciales. »
La Commission a terminé son travail. E le vous doit compte de ses opérations, de la marche qu'elle a suivie; elle soumet à l'appréciation de Votre Excellence le résultat auquel elle est arrivée.
Il est certain que dans le cours d'un siècle, le Diapason s'est élevé jpar une progression constante. Si l'étude des partitions de Gluck ne suffisait pas à démontrer, par la manière dont les voix sont disposées, que ces chefs-d'œuvre ont été écrits sous l'influence d'un Diapason beaucoup moins élevé que le nôtre (1), le témoignage des orgues contemporaines en fournirait une preuve irrécusable. La Commission a voulu d'abord se rendre compte de ce fait singulier, et de même qu'un médecin prudent s'efforce de remonter aux sources du mal avant d'essayer de le guérir, elle a voulu rechercher ou au moins examiner les causes qui avaient pu amener l'exhaussement du Diapason.
On possède les éléments nécessaires pour évaluer cet exhaus-
(1) Les partitions de Monsigny et de Grétry donnent lieu à la même observation.
sèment. Les orgues dont nous avons parlé accusent une différence d'un ton au-dessous du Diapason actuel. Mais ce Diapason si modéré ne suffisait pas à la prudence de l'Opéra de cette époque. Rousseau, dans son Bictionnaife de Musique (article Ton), dit que le ton de l'Opéra à Paris était plus bas que le ton de chapelle. Par conséquent, le Diapason, ou plutôt le ton (1) de l'Opéra était, au temps de Rousseau, de plus d'un ton inférieur au Diapason d'aujourd'hui.
Cependant les chanteurs de ce temps, au rapport de beaucoup d'écrivains, forçaient leur voix. Soit défaut d'études, soit défaut de goût, soit désir de plaire au public, ils criaient. Ces chanteurs, qui trouvaient moyen de crier si fort avec un Diapason si bas, n'avaient aucun intérêt à demander un ton plus élevé, qui aurait exigé de plus grands efforts; et, en général, à nulle époque, dans aucun pays, aujourd'hui comme alors, jamais, le chanteur, qu'il chante bien ou mal, n'a d'intérêt à rencontrer un Diapason élevé, qui altère sa voix, augmente sa fatigue, et abrège sa carrière théâtrale. Les chanteurs sont ddnc hors de cause, et l'élévation du Diapason ne peut leur être attribuée.
Les Compositeurs, quoi qu'aient pu dire ou penser des personnes qui n'ont pas des choses de la Musique une idée bien nette, ont un intérêt tout contraire à l'élévation du Diapason. Trop élevé, il les gêne. Plus le Diapason est haut, et plus tôt le chanteur arrive aux limites de sa voix dans des cordes aiguës ; le développement de la phrase mélodique est donc entravé plutôt que secondé. Le Compositeur a dans sa tête, dans son imagination, on peut dire dans son cœur, le type naturel des voix. La phrase qu'il écrit lui est dictée par un chanteur que lui seul entend^, et ce chanteur chante toujours bien. Sa voix, souple, pure, intelligente et juste, est fixée d'après un Diapason modéré et vrai qui habite
(1) Le mot Diapason n'avait pas encore reçu le sens qu'on lui donne aujourd'hui, et le petit instrument dont on se sert pour donner le ton n'existait pas. (( L'instrument qui sert à donner le ton de l'accord à tout un orchestre, et que quelques-uns appellent choriste^ est un sifflet cjui, au moyen d'une espèce de piston gradué, par lequel on allonge ou raccourcit le tuyau à volonté, donne toujours à peu près le même son sous la même division, etc. » (Rousseau, Dictionnaire de Musique, au mot Toti.) On donne encore aujoin^d'hui, en Italie, le nom de corista au Diapason. Il existe au cabinet de physique de la Sorbonne un de ces choristes dont parle Rousseau.
l'oreille du Compositeur. Le Compositeur a donc tout avantage à se m.ouvoir dans une 'gamme commode aux voix, qui le laisse plus libre, plus maître des effets qu'il veut produire, et seconde ainsi son inspiration. Et d'ailleurs, quel moyen possède-t-il d'élever le Diapason? Fabrique-t-il, fait-il fabriquer ces petits instruments perfides, ces boussoles qui égarent? Est-ce lui qui vient donner le la aux orchestres? Nous n'avons jamais appris ou entendu dire qu'un maestro, mécontent de la trop grande réserve d'un Diapason, en ait fait fabriquer un à sa convenance, un Diapason personnel, à l'effet d'élever le ton d'un orchestre tout entier. Il rencontrerait mille résistances, mille impossibilités. Non^ le Compositeur ne crée pas le Diapason, il le subit. On ne peut donc non plus l'accuser d'avoir excité la marche ascensionnelle de la tonalité.
Remarquons que cette marche ascensionnelle, en même temps qu'elle a été constante, a été générale ; qu'elle ne s'est pas bornée à la France; que les Alpes, les Pyrénées, l'Océan n'y ont pas fait obstacle. Il ne faut donc pas, comme nous l'avons entendu faire, en accuser spécialement la France, qu'on charge assez volontiers des méfaits qui se produisent de temps à autre dans le monde musical. Notre pays n'a eu que sa part dans cette grande invasion du Diapason montant, et s'il était complice du mal, il en était en même temps la victime. Les causes de cette invasion, qui agissaient partout avec suite, ensemble, persévérance, on pourrait dire avec préméditation, ne sauraient être ni accidentelles, ni particulières à un pays. Elles devaient tenir à un principe déterminant, à un intérêt. En vertu d'un axiome bien connu, il faut donc rechercher ceux qui avaient un intérêt évident à surélever ainsi le la qu'espéraient nous léguer nos ancêtres.
Ceux qui fabriquent ou font fabriquer des Diapasons, voilà les auteurs, les maîtres de la situation. Ce sont les facteurs d'instruments, et on comprend qu'ils ont à élever le Diapason un intérêt légitime et honorable. Plus le ton sera élevé, plus le son sera brillant. Le facteur ne fabriquera donc pas toujours ses instruments d'après le Diapason; il fera quelquefois son Diapason d'après l'instrument qu'il aura jugé sonore et éclatant. Car il se passionne pour la sonorité qui est la fm de son œuvre, et il cherche sans cesse à augmenter la force, la pureté, la transparence des voix qu'il sait créer. Le bois qu'il façonne, le métal qu'il
forge, obéissant aux lois de la résonnance, prendront des timbres intelligents, qu'un artiste habile, et quelquefois inspiré, animera bientôt de son archet, de son souffle, de son doigté, léger, souple ou puissant. L'instrumentiste et le facîeur sont donc deux alliés, leurs intérêts se combinent et se soutiennent. Introduits à l'orchestre, ils le dominent, ils y régnent, et Tentrainent facilement vers les hauteurs oiî ils se plaisent. En elTet, l'orchestre est à eux, ou plutôt ils sont l'orchestre, et c'est l'instrumentiste qui, en donnant le ton, règle, sans le vouloir, les études, les efforts, les destinées du chanteur.
La grande sonorité acquise aux instruments à vent trouva bientôt une application directe, et en reçut un essor plus grand encore. La musique^ qui se prête à tout et prend partout sa place, marche avec les régiments; elle chante aux soldats ces airs qui les animent et leur rappellent la patrie. 11 faut alors qu'elle résonne haut et ferme, et que sa voix retentisse au loin. Les corps de musique millitaire, s'emparant du Diapason pour l'élever encore, propagèrent dans toute l'Europe le mouvement qui l'entraînait sans cesse (I).
Mais aujourd'hui la musique militaire pourrait , sans rien craindre, descendre quelque peu de ce Diapason qu'elle a surexcité. Sa fierté n'en souffrirait pas, ses fanfares ne seraient ni moins martiales, ni moins éclatantes. Le grand nombre d instruments de cuivre dont elle dispose maintenant lui ont donné plus de corps, plus de fermeté, et un relief à la fois solide et brillant qui lui manquait autrefois. Espérons d'ailleurs que de nouveaux
(1) Nous lisons dans une lettre qui nous est adressée par M. Kittl, directeur du Conservatoire de Prague : (( Il est fortement à désirer qu'on en arrive à une conclusion, car il y a des plaintes continuelles sur l'élévation progressive du Diapason, et l'Europe entière saura gré à la France d'avoir voulu s'en occuper, car le succès ne lui manquera pas. »
« En Autriche, les orchestres militaires sont la cause de cette élévation, leur Diapason différant d'un demi-ton d'avec celui des divers établissements musicaux. Cette différence date du temps de l'empereur Alexandre P""; lorsqu'il devint propriétaire d'un régiment autrichien, il ordonna qu'on fît, pour les musiciens du régiment, des instruments nouveaux. Le luthier, pour donner du relief à cette musique, éleva le Diapason des instruments, ce qui, comme de raison, prêta au son plus de fraîcheur et de brillant. Cette innovation excita l'envie des autres orchestres militaires, qui tous montèrent leur Diapason. »
progrès dans la facture affranchiront bientôt certains instruments d'entraves regrettables, et leur ouvriront l'accès des riches tonalités qui leur sont interdites. L'iïonorable général qui représente dans la Commission l'organisation des corps de musique seconderait de tous ses efforts cette amélioration désirable, ce progrès véritable, qui apporterait aux orchestres militaires des ressources nouvelles, et varierait l'éclat de leur sonorité.
Nous croyons avoir établi. Monsieur le Ministre, que l'élévation du Diapason est due aux efforts de l'industrie et de Texécution instrumentales; que ni les compositeurs, ni les chanteurs n'y ont participé en rien. La musique religieuse, la musique dramatique, ont subi le mouvement sans pouvoir s'en défendre, ou sans chercher à s'y dérober. On pourrait donc, dans une certaine mesure, abaisser le Diapason, avec la certitude de servir les véritables, les plus grands intérêts de l'art.
Nous avions l'assurance que ce fait <( de l'élévation toujours croissante du Diapason » ne s'était pas produit en France seulement, que le monde musical tout entier avait subi cet entraînement, mais il fallait en acquérir des preuves authentiques ; il fallait aussi savoir dans quelle mesure, à quels degrés différents s'était fait sentir cette influence dans les divers pays, dans les centres principaux. Nous avons donc pensé, Monsieur le Ministre, que, pour mener à bonne fin l'étude que Votre Excellence nous avait confiée, il fallait commencer par nous renseigner au dehors et autour de nous, interroger les chefs des Établissements importants en France et à l'Etranger, prendre connaissance de l'état général du Diapason, faire en un mot une sorte d'enquête. Cette conduite nous était d'ailleurs tracée par l'arrêté même qui nous institue, dans lequel vous signalez avec juste raison « la différence qui existe entre les Diapasons des divers pays comme une source constante d'embarras. »
Nous nous sommes donc adressés, sous vos auspices, et par l'organe de notre Président, partout où il y a un Opéra, un grand Etablissement musical, dans les vi les où 1 art est cultivé avec amour, avec succès, pratiqué avec éclat, et qu'on peut nommer les capitales de la Musique, demandant qu'on voulût bien nous renseigner sur la marche du ton, nous envoyer les Diapasons en
usage aujourd'hui, et d'anciens Diapasons, s'il était possible, pour en mesurer exactement l'écart. En même temps nous demandions aux horpmes éclairés à qui nous nous adressions de nous faire connaître leur opinion sur l'état actuel du Diapason, et leurs dispositions, favorables ou conlraires, à un abaissement, à une modération dans le ton. La musique est un art d'ensemble, une sorte de langue universelle. Toutes les nationalités disparaissent devant l'écriture musicale, puisqu'une notation unique suffit à tous les peuples, puisque des signes partout les mêmes représentent les sons qui dessinent la mélodie ou se groupent en accords , les rhythmes qui mesurent le temps, les nuances qui colorent la pensée; le silence même s'écrit dans cet alphabet prévoyant. N'est-il pas désirable qu'un Diapason uniforme et désormais inva" riable vienne ajouter un lien suprême à cette communauté intelligente, et qu'un la toujours le même, résonnant sur toute la surface du globe avec les mêmes vibrations, facilite les relations musicales et les rende plus harmonieuses encore?
C'est dans ce sens que nous avons écrit en Allemagne, en Anglet'Crre, en Belgique, en Hollande, en Italie, jusqu'en Amérique, et nos correspondants nous ont envoyé des réponses consciencieuses, des renseignements utiles, des souvenirs intéressants. Quelques-uns nous adressaient d'anciens Diapasons âgés d'un demi-siècle, aujourd'hui dépassés: d'autres des Diapasons contemporains, variés dans leur intonation. Tous, reconnaissant et repoussant l'exagération actuelle, nous envoyaient leur cordiale adhésion. Trois d'entre eux, nos compatriotes (i), tout en partageant l'opinion générale, demandent, il est vrai, qu'on fixe le Diapason à l'état actuel de celui de Paris, mais c'est pour l'arrêter dans sa progression ascendante, et en faire un obstacle à de nouveaux envahissements; obstacle impuissant, à notre avis, qui protège le mal, l'oppose à lui même, et le consacre au lieu de le détruire. Les autres sont unanimes à désirer un Diapason moins élevé, uniforme, inaltérable, véritable Diapason international, autour duquel viendraient se rallier, dans un accord invariable. Chanteurs, instrumentistes. Facteurs de tous les pays. La plupart de nos correspondants étrangers joignent à leur approbation l'éloge de l'initiative : « Je vous dois des remercîments, nous
(1) MM. Daussoigne-Mélml, Georges Hainl et Auguste Morel.
écrit-on {\), pour la cause importante que vous avez entrepris de plaider : il est bien temps d'arrêter les dérèglements auxquels on se laisse emporter.» — «J'adopte la somme entière de vos sages réflexions^ nous dit un aulre Maître de chapelle des plus distingués (2), en espérant qiie toute l'Europe applaudira vivement à la Commission instituée par S. Exe. le Ministre d'État^, à l'effet d'établir un Diapason uniforme. La grande élévation du Diapason détruit et efface l'effet et le caractère de la musique ancienne^ des chefs-d'œuvre de Mozart, Gluck, Beethoven. » — « Je ne doute pas, écrit-on encore (3), que la Commission ne réussisse dans cette question importante. Ce sera un nouveau service rendu par votre nation à l'art et au commerce. » — « L'élévation progressive du Diapason, dit un autre de nos honorables correspondants (4), est non-seulement préjudiciable à la voix humaine, mais aussi à tous les instruments. Ce sont surtout les instruments à cordes qui ont beaucoup perdu pour le son, depuis que l'on est obligé, à cause de cette élévation, d'employer des cordes trèsminces, les cordes fortes ne pouvant résister à cette tension exagérée; de là, ce son qui, au lieu de se rapprocher de la voix humaine, s'en éloigne de plus en plus. » — « Fixer le Diapason une fois pour toutes, dit un cinquième (5), ce serait mettre fin à bien des doutes, à une multitude d'inconvénients, et même de caprices. Je vous témoigne le vif intérêt que nous portons dans toute l'Allemagne musicale à l'exécution de votre projet. » — Vous avez bien dit, écrit-on encore (6), que l'Europe entière est intéressée aux recherches des moyens d'établir un Diapason • uniforme. Le monde musical a senti depuis longtemps la nécessité urgente d'une réforme, et il remercie la France d'avoir pris l'initiative. » — M. Drouet, Maître de chapelle du grand -duc de Saxe-Cobourg-Gotha, nous a envoyé trois Diapasons d'époque et d'élévation différentes, et une note intéressante. Enfin nous avons
(1) M. François Erkel, maître de chapelle du théâtre national de Pesth.
(2) M. Reissiger, premier maître de chapelle à la corn' de Dresde.
(3) M. Joseph Abenheim, directeur de la chapelle de S. M. le roi de Wurtemberg.
{[i) Le maître de la cour, directeur de la chapelle impériale de Paissie, M. de Lwoff, à Saint-Pétersbourg.
(5) M. Ferdinand David, directeur du Conservatoiic de Leipzig.
reçu de deux hommes très-compétents, M. Wieprecht, Directeur de la Musique militaire de Prusse, à Berlin, et M. le docteur Furké, des mémoires où la matière est traitée avec une véritable connaissance de cause. Les auteurs s'associent entièrement à la pensée qui a institué la Commission.
Ces nombreuses adiiésions, émanées d'autorités si considérables, nous donnent l'assurance qu'une proposition d'abaissement dans le diapason sera bien accueillie dans toute l'Allemagne. Il faut d'ailleurs rappeler ici que déjà, en 1834, des musiciens allemands réunis à Stuttgard avaient exprimé le vœu d'un affaiblissement du diapason, et recommandé Tadoption d'un la sensiblement plus bas que notre la actuel (1). Certes, il y aura d'abord des difiicultés qui naîtront surtout de la division de l'Allemagne en un si grand nombre d'États différents. C'est une opinion qui nous a été exprimée (2), mais il y lieu de penser qu'après quelques oscillations, un type invariable et commun s'établira dans ce pays, qui pèse d'un grand poids dans les destinées de l'art musical.
Nous n'avons encore reçu dltalie qu'une seule lettre. Elle est de M. Coccia, directeur de l'Académie philharmonique de Turin, maître de chapelle de la cathédrale de Novare. M. Coccia a bien voulu nous adresser le Diapason usité à Turin (3), un peu plus bas que celui de Paris, et le plus doux [il più mite), dit M. Coccia, qu'il ait rencontré jusqu'à présent. 11 en recommande l'adoption. M. Coccia est donc aussi de l'avis d'un adoucissement dans le ton, et c'est d'un bon augure pour l'opinion de l'Italie, dont il faut tenir grand compte.
Nous avons reçu de Londres une communication de MM. Broadwood, célèbres facteurs de pianos. Ils ont eu l'obligeance de nous adresser trois diapasons, employés tous les trois dans leur éta-
(1) Le la proposé par la réunion de Stuttgard est à 880 vibrations. Le Diapason actuel de Paris est à 896, celui de Berlin à 003.
(2) M. François Lachner, compositeur célèbre, directeur général de la musique de la cour de Bavière, s'exprime en ces termes : u .Te désire vivement, dans l'intérêt de l'art, que la Commission surmonte heureusement les difficultés qui se montreront sans doute dans l'exécution de ce projet. Recevez l'assurance que, pour ma part, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour réaliser votre idée.
(3) M. Coccia pense que le Diapason de Turin qu'il nous envoie est aussi celui du théâtre de Vienne. Il le croit plus bas que celui de Venise et de Naples.
blissement, chacun d^eux affecté à un service spécial (1). Le premier, plus bas d'un quart de ton que le diapason de Paris, était, il y a vingt-cinq ou trente ans, celui de la Société philharmonique de Londres. Il a été judicieusement conservé par MM. Broadwood comme le plus convenable aux voix, et ils accordent, d'après le ton extrêmement modéré qu'il fournit, les pianos destin.es à Taccompagnement des concerts vocaux. Le second, beaucoup plus haut, puisqu'il est plus élevé que le nôtre, est celui d'après lequel MM. Broadwood accordent, en général, leurs pianos, parce qu'il esta peu près conforme à l'accord des harmoniums, des flûtes, etc.; c'est le diapason des instrumentistes. Enfin, le troisième, encore plus élevé, est celui dont se sert la Société philharmonique. Cette extrême liberté du Diapason (2) doit avoir ses inconvénients, et peut bien faire courir quelques hasards à la justesse absolue. Aussi MM. Broadwood font-ils des vœux « pour la réussite de nos recherches si intéressantes et si importantes pour tout le monde musical. »
M. Bender, directeur de la musique du roi des Belges et du régiment des Guides, voudrait deux diapasons, à la distance d'un demi-ton : le plus élevé à l'usage des musiques militaires ; l'autre, destiné aux théâtres. M. Bender pratique son système ; le diapason de la musique des Guides n'est pas applicable à la musique vocale. C'est le plus élevé de tous ceux que nous avons reçus.
M. Daussoigne-Méhul, directeur du Conservatoire royal de Liège, n'adresse pas de Diapason, celui qu'il emploie étant semblable à celui de Paris. Il est un des trois correspondants qui concluent à l'adoption définitive de ce Diapason, comme limite extrême, comme sauvegarde, et ne fût-ce, dit M. Daussoigne-Méhul, que pour arrêter ses dispositions ascendantes.
M, Lubeck, directeur du Conservatoire royal de la Haye, en nous envoyant son Diapason , un peu moins élevé que le nôtre, nous assure son adhésion et son concours (3). Vous voyez, Mon-
(1) Ces trois Diapasons sonnent Vut, ainsi que celui envoyé de Saint-Pétersbourg par M. de Lowff.
(2) Il y a près d'un demi-ton entre le Diapason n" 1 de M. Broadwood et leur Diapason n" 3.
(3) J'ai eu aussi à combattre la hausse continuelle du Diapason, En instituant un Diapason stable, vous rendrez un important service à l'art. Aussi ferai-je tout mon possible pour mettre en usage, chez
sieur le Minisire, combien de sympathies et d'approbations rencontre votre désir de rétablissement d'un Diapason uniforme.
Nous avions écrit en Arïiérique. New-York n'a pas encore ré^ pondu. M. E. Prévost, chef d'orchestre de TOpéra français de la Nouvelle-Orléans, nous a adressé une lettre d'adhésion et un Diapason qui ne nous est pas parvenu.
Nous avons reçu de quelques-unes des grandes villes de France, où la musique est en honneur, des renseignements communiqués par des artistes distingués.
Le Diapason qui nous a été envoyé par M. Victor Magnien, directeur de TAcadémie impériale de musique de Lille (1), est, après celui de M. Bender et après ceux de Londres, le plus élevé des diapasons qu'on nous a adressés. Il est plus haut par conséquent que celui de Paris. Sans doute il a subi, par un procédé de bon voisinage, l'influence de la musique des Guides de Bruxelles. Aussi M. Magnien se railie4-il avec empressement à la demande d'un diapason plus modéré.
M. Mézerai, chef d'orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux, nous a communiqué son Diapason, moins élevé que celui de Paris. M. Mézerai avait d'abord adopté celui-ci, mais, nous dit-il, il fatiguait trop les chanteurs.
Le Diapason de Lyon est celui de Paris, celui de Marseille est très-peu plus bas. M. Georges Hainl, chef d'orchestre de Lyon, croit qu'il faut maintenir le Diapason de Paris, malgré son élévation, dans la crainte d'affaiblir l'éclat de l'orchestre. M. Aug. Morel, directeur de l'École communale de Marseille (2), incline vers cet avis. Ces deux artistes forment, avec M. D. Méhul, le groupe que nous avons mentionné, proposant l'état actuel comme terme définitif.
Toulouse nous a adressé deux Diapasons : celui du Théâtre, moins élevé que le nôtre, presque semblable à celui de Bordeaux, et le Diapason de l'École de Musique (3), plus bas d'environ un
nous, le Diapason que vous fixerez pour la France. » (Lettre de M. Lubeck.)
(1) Succursale du Conservatoire impérial de Paris.
(2) L'École de Marseille, ainsi que l'École de Toulouse, dont il est question quelques lignes plus bas, sont succursales du Conservatoire impérial de Paris.
(3) Ces deux Diapasons ont été adressés par M. Mériel, directeur de l'École de Toulouse.
quart de ton; différence remarquable^ qu'il importe d'aulani plus de constater, que Toulouse est l'une de ces villes à l'instinct musical, où le chant est populaire, où Tliarmonie abonde, et qui, de tout temps, a fourni à nos théâtres des artistes à la voix mélodieuse et sonore.
Le Diapason de l'École de Toulouse est, avec celui du Théâtre grand-ducal de Carlsruhe, dont il ne diffère que de quatre vibrations, le plus bas de tous les Diapasons qui nous ont été communiqués. Celui de la Musique des Guides de Bruxelles, qui compte neuf cent onze vibrations par seconde, est, à l'aigu, le terme extrême de ces Diapasons; celui de Carlsruhe, qui ne fait que huit cent soixante-dix vibrations, en est le terme au grave (1). Entre cet écart, qui n'est pas beaucoup moindre d'un demi-ton, se meuvent les Diapasons en usage aujourd'hui, et, par conséquent, les orchestres, les corps de musique, les ensembles de voix dont ils sont la règle et la loi, et dont ils résument pour ainsi dire Texpression.
Ainsi la France compte à ses deux extrémités un des Diapasons les plus élevés, celui de Lille ; un des Diapasons les plus graves, celui de l'École de Toulouse. On peut suivre sur la carte la route que suit en France le Diapason; il s'élève et s'abaisse avec la latitude. De Paris à Lille, il monte; il descend de Paris à Toulouse. Nous voyons le nord soumis évidemment au contact, à la prédominance de l'art instrumental, tandis que le Midi reste fidèle aux convenances et aux bonnes traditions des études vocales.
Nous vous avons présenté. Monsieur le Ministre, le résumé fidèle des informations qui nous ont été transmises; nous vous avons fait connaître les impressions que nous en avons reçues. En présence des opinions presque unanimes exprimées pour une modération dans le ton, et des opinions unanimes pour l'adoption d'un Diapason uniforme, c'est-à-dire pour le nivellement général du Diapason, librement consenti; en présence des différences re-
(1) Le Diapason n" 1 de MM. Braoadwood (ancien Diapason de la Philharmonique de Londres) est un peu phis grave que celui de Carlsruhe; il ne donne que 868 vibrations.
M. Jos. Strauss, Maître de chapelle de la cour, à Carlsrahe, en nous exprimant son adhésion, reconnaît que le Diapason qu'il emploie est celui qui fatigue le moins les chanteurs et les cantatrices, et qui convient le mieux pour l'exécution des opéras tant anciens que modernes.
marquables qui existent entre les divers Diapasons que nous avons pu comparer, différences mesurées avec toute la précision de la science en nombre de vibrations, et consignées dans un des tableaux annexés à ce rapport (1), la Commission, après avoir discuté, a adopté en principe, et à l'unanimité des voix, les deux propositions suivantes :
Il est désirable que le Diapason soit abaissé.
Il est désirable que le Diapason abaissé soit adopté généralement comme régulateur invariable.
Il restait à déterminer la quantité dont le Diapason pourrait être abaissé, en lui ménageant les meilleures chances probables d'une adop'ion générale comme régulateur invariable.
Il était évident que le plus grand abaissement possible était d'un demi-ton, qu'un écart plus considérable n'était ni praticable, ni nécessaire; et, sur ce point, la Commission se montrait unanime. Mais le demi-ton rencontra des adversaires, et trois systèmes se trouvèrent en présence : abaissement d'un demi-ton, abaissement d'un quart de ton, abaissement moindre que ce dernier.
Un seul membre proposait l'abaissement moindre que le quart de ton. Craignant surtout de voir les relations commerciales troublées, il proposait un abaissement très-modéré, et qui devait tout au plus, dans sa grande amplitude, atteindre un demi-quart de ton.
La question des relations commerciales est assez importante pour qu'on s'y arrête un instant. D'ailleurs, Monsieur le Ministre, en nous instituant, vous l'avez signalée à notre attention.
Parmi les documents qui nous ont été remis, figure une lettre signée de nos principaux, de nos plus célèbres facteurs d'instruments de tout genre. Dans cette lettre, adressée à Votre Excellence, sont exposés tous les embarras résultant «de l'élévation toujours croissante du Diapason et de la différence des Diapasons. » On vous demande de mettre un terme à ces embarras en établissant un système uniforme de Diapason. « Il appartient à Votre
(1) C'est le tableau A. Le tableau B constate l'élévation progressive du Diapason dans divers pays. Ces deux tableaux ont été dressés par MM. Despretz et Lissajous, membres de la Commission.
Excellence, disent les signataires, de faire cesser cette sorte d'anarchie, et de rendre au monde musical un service aussi important que celui rendu autrefois au monde industriel par la création d'un système uniforme de mesures. »
La Commission prend en haute considération les intérêts de notre grande fabrication d'instruments; c'est une des richesses de la France, une industrie intelligente dans ses produits, heureuse dans ses résultats. Les hommes habiles qui la dirigent et l'ont élevée au premier rang, ne peuvent douter de notre sollicitude; ils savent que nous sommes amis de cette industrie qui fournit à quelques-uns des membres de la Commission de précieux et charmants auxiliaires.
Mais si, parmi ces maîtres facteurs qui ont si bien signalé à Votre Excellence « les embarras résultant de la divergence et de l'élévation toujours croissante, » quelques-uns, comme il nous a été dit, craignent maintenant « les embarras » résultant des mesures qu'on veut prendre pour les contenter, que faudra- t-il faire? Puisqu'ils ont demandé, « avec tout le monde musical. » un Diapason uniforme, comment le choix d'un Diapason, destiné dans nos espérances et dans les leurs à devenir uniforme, peut-il troubler « les relations commerciales, » déjà troublées, à leur avis, par la divergence des Diapasons? L'établissement d'an Diapason uniforme implique nécessairement le choix d'un Diapason, d'un seul. Or, nous avons reçu, entendu, comparé, mesuré, vingtcinq Diapasons différents, tous en activité, tous usités aujourd'hui. De tant de la, lequel choisir? Le nôtre apparemment. .Mais pourquoi? De ces vingt cinq Diapasons, aucun ne demande à monter, beaucoup aspirent à descendre, et quinze sont plus bas que celui de Paris. De quel droit dirions-nous à ces quinze Diapasons : Montez jusqu'à nous? N'est ce pas alors que les relations commerciales courraient grand risque d'être troublées? N'est-il pas plus logique, plus raisonnable, plus sage, dans l'intérêt de la grande conciliation que nous voulons tenter, de descendre vers cette majorité, et n'est-ce pas ainsi que nous avons la plus grande chance d'être écoutés des artistes étrangers dont nous avons réclamé le concours, et que nous remercions ici d'avoir répondu à notre appel avec tant de cordialité et de sympathie?
Pour donner à l'industrie instrumentale un témoignage de sa sollicitude, la Commission convoqua les principaux facteurs, ceux qui avaient obtenu les premières récompenses à l'Exposition uni-
verselle de 1855, c'est-à-dire ceux même qui avaient écrit à Votre Excellence (1), et ce n'est qu'après avoir conféré avec eux et plusieurs de nos chefs d'orchestre (2), que la Commission délibéra sur la quantité dont pourrait être abaissé le Diapason.
Dans cette discussion, l'abaissement du quart de ton a réuni la grande majorité des suffrages; apportant une modération sensible aux études et aux travaux des chanteurs, sans jeter une trop grande perturbation dans les habitudes, il s'insinuerait pour ainsi dire incognito en présence du public; il rendrait plus facile l'exécution des anciens chefs-d'œuvre; il nous ramènerait au Diapason employé il y a environ trente ans, époque de la production d'ouvrages restés pour la plnpart au répertoire, lesquels se retrouveraient dans leurs conditions premières de composition et de représentation. 11 serait plus facilement accepté à l'étranger que l'abaissement du demi-ton (3). Ainsi amené, le Diapason se rapprocherait beaucoup du Diapason élu, en 1834, à Stuttgard. Il aurait déjà pour lui l'avantage d'une pratique restreinte, il est vrai, mais dont on peut apprécier les résultats (4).
La Commission a donc l'honneur de proposer à Votre Excellence d'instituer un Diapason uniforme pour tous les Établisse-
(1) MM. Triébert, Buffet, Ad. Sax, facteurs d'instruments à vent, M. Cavaillé-Coll, facteurs d'orgue, M. le représentant de la maison Érard, MM. Pleyel-Wolff, Henri Herz, facteurs de pianos, M. Alexandre, facteur d'orgues-mclodium, M. V> iliiaume, facteur d'instruments à cordes.
(2) M. Girard, chef d'orchestre de l'Académie impériale de Musique et de la Société des Concerts du Conservatoire ; M. Mohr, chef de musique de la Garde impériale; M. Deloffre, chef d'orchestre du Théâtre-Lyrique.
(3) « Convaincu de l'utilité de votre projet, je ferai mon possible pour accepter votre Diapason chez nous, si, d'après les recherches de votre Commission, le changement à faire ne se trouve pas être trop grand. ;> (Lettre de M. Ferdinand David, directeur du Conservatoire de Leipzig.)
(li) Le théâtre grand-ducal de Carlsruhe, l'École de Toulouse, 'd'où les voix sortent fraîches, souples et bien disposées, emploient le Diapason que nous proposons; et, à cette occasion, on a fait remarquer que les jeunes Élèves venant de cette École éprouvaient de séj'ieuscs difficultés, et quelquefois une altération notable de la voix, lorsqu'il leur fallait sortir de ce Diapason modéré pour se mettre à l'unisson de celui de Paris.
luents musicaux de France ^ et de décider que ce Diapason, donnant le /a, sera fixé à huit cent soixante-dix (870) vibrations par seconde.
Quant aux mesures à prendre pour assurer l'adoption et la conservation du nouveau Diapason, la Commission a pensé. Monsieur le Ministre, qu'il conviendrait :
lo Qu'un Diapason type, exécutant 870 vibrations par seconde à la température de 15 degrés centigrades, fût construit sous la direction d'hommes compétents, désignés par Votre Excellence;
2o Que Votre Excellence déterminât, pour Paris et les départements, une époque à partir de laquelle le nouveau Diapason deviendrait obligatoire ;
S*» Que rétat des Diapasons et Instruments dans tous les Théâtres, Écoles et autres Établissements musicaux, fût constamment soumis à des vérifications administratives.
Nous espérons que vous voudrez bien, Monsieur le Ministre, dans l'intérêt de Tunité du Diapason, pour compléter autant que possible l'ensemble de ces mesures, intervenir auprès de S. Exe. le Ministre de la guerre pour l'adoption du Diapason ainsi amendé dans les régiments; auprès de S. Exe. le Ministre du Commerce pour qu'à l'avenir, aux Expositions de l'Industrie, les instruments de musique conformes à ce Diapason soient seuls admis à concourir pour les récompenses; nous sollicitons aussi l'intervention de Votre Excellence pour qu'il soit seul autorisé et employé dans toutes les Écoles communales de la France où l'on enseigne la Musique.
Enfin, la Commission vous demande encore. Monsieur le Ministre, de vouloir bien intervenir auprès de S. Exe. le Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes pour qu'à l'avenir les Orgues dont il ordonnera la construction ou la réparation soient mises au ton du nouveau Diapason.
Telles sont, Monsieur le Ministre, les mesures qui paraissent nécessaires à la Commission pour assurer et consolider le succès du changement que l'adoption d'un Diapason uniforme introduirait dans les mœurs musicales. L'ordre et la régularité s'établiraient où règuent parfois le hasard, le caprice ou l'insouciance; l'étude du Chant s'accomplirait dans des conditions plus favorables; la voix humaine, dont l'ambition serait moins excitée, serait soumise à de moins rudes épreuves. L'Industrie des Instruments, en s'associant à ces mesures, trouverait peut-être le moyen de per-
fectionner encore ses produits déjà si recherchés. Il n'est pas indigne du Gouvernement d'une grande Nation de s'occuper de ces questions qui peuvent paraître futiles, mais qui ont leur importance réelle. L'art n'est pss indifférent aux soins qu'on a de lui; il a besoin qu'on l'aime pour fructifier, s'étendre, élever les cœurs et les esprits. Tout le monde sait avec quel amour, avec quelle inquiétude ardente et rigoureuse les Grecs, qu'animait un sentiment de l'art si vif et si profond, veillaient au maintien des lois sur leur Musique. En se préoccupant des dangers que peut faire courir à l'arl musical l'amour excessif de la sonoîité, en cherchant à établir une règle, une mesure, un principe, Voire Excellence a donné une preuve nouvelle de l'intérêt éclairé qu'elle porte aux Beaux-Arts. Les amis de la Musique vous remercient, Monsieur le Ministre , ceux qui lui ont donné leur vie entière, et ceux qui lui donnent leurs loisirs, ceux qui parlent la langue harmonieuse des sons, et ceux qui en comprennent les beautés.
Nous avons l'honneur d'être avec respect, Monsieur le Ministre, De Votre Excellence,
Les très -humbles et très-dévoués serviteurs,
J. Pelletier, président, F. Halévy, rapporteur; Auber,
Berlioz , Desphetz, CAMiLLLE Doucet , Lissajous ,
Gé>ér\l Mellinet, Meyerbeer, Ed. xVIonnais, Rossim,
Ambroise Thomas.
16 février. A la suite de ce Rapport, le Ministre d'État a pris un Arrêté qui institue un Diapason uniforme pour tous les Etablissements musicaux de France.
Le Biap'ison normal sera mis en vigueur à Paris, à dater du l^"" juillet et dans les Départements à dater du 1" décembre 4859.
L'Étalon prototype de ce Diapason sera déposé au Conservavatoire.
M. Lissajous, Professeur de physique, Membre de la Commission, a été chargé, par le Ministre d'Etat, de la surveillance de la mise à exécution des dispositions contenues dans cet Arrêté.