‹ Histoire du consulat et de l'empireChapitre 38 sur 51 · CHUTE D£ L*EIIPIRE £T RESTAURATION (181&). US · texte numérisé non relu

CHUTE D£ L*EIIPIRE £T RESTAURATION (181&). US

prompte^ il aVait perdu la tète et s'était précipitamment sauvé de Fontainebleau. On ajoute qu'un long assoupissement était survenu , qu'après une sueur abondante les douleurs avaient cessée et que les symptômes effrayants avaient fini par s'effacer, soit que la dose se fût trouvée insuffisante , soit que le temps en eût amorti le venin. On dit enfin que Napoléon , étonné de vivre, avait réfléchi quelques instants : Dieu ne. le veut pas ! s'était-il écrié. »

Pendant ces funérailles de l'Empire , notre gloire militaire recevait encore , aux pieds des Pyrénées, un éclat inespéré, mais qui ne pouvait plus avoir d'effet sur nos destinées politiques. C'était au maréchal Soult qu'on le devait. Nous l'avons vu quitter Bayonne , dont il avait, pendant cinq mois, défendu les approches pour se porter sur Toulouse menacée par lord Wellington. Il avait couvert cette ville d'un camp retranché dont la circonvallation assez étendue annonçait qu'il comptait sur de puissants renforts de l'armée de Suchet, qui , après ses glorieux travaux, restait encore dans un état imposant. Ce secours ne vint pas, et on ne sait à quelle cause l'attribuer. Soult se vit donc obligé de se défendre seul contre les forces de l'Angleterre , de l'Espagne et du

Portugal. La disproportion du' nombre des combattants permettait peu respérance de la victoire et semblait condamner jusqu'à la résolution de se défendre. Ce fut cependant une nouvelle bataille de trois jours ^ dont les avan« tages restèrent, presqi^e jusqu'à la dernière heure, balancés entre les deux armées. Il est fort à présumer que le maréchal Soult se vit surtout arrêté par les nouvelles qu'il reçut de Paris et surtout par le décret de déchéance. Le 41 avril, il se vit obligé d'abandonner et json camp retranché et la ville de Toulouse qui tomba au pouvoir du vainqueur.

Les événements qui suivent feraient un double emploi dans l'histoire de l'Empire et dans celle de la Restauration. Je ne veux plus parler que de la scène pathétique où Bonaparte, faisant ses adieux à son armée j recouvra toute sa grandeur.

Le désert s'était fait autour de lui , dans son palais de Fontainebleau, où, suivant le témoignage du baron Fain , il restait à peine vingt personnes attachées à son malheur, et pour la plupart attachées à sa personne. Le dernier coup qui lui fut porté fut la disparition de son Mamelouck Roustan. C'était cet Âfiricain dont la fidélité lui avait paru la plus inébranlable; il

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le faisait coucher toutes les nuits auprès de sa persoûtie. Mais ce Musulman h'était fidèle cju'â la fortune.

Le 20 avril , Napoléon se présenta pour la dernière fois à sa garde impériale. « Soldats ! dit-il d'une voix émue et pénétrante, Je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans je vous ai trouvés constamment sur le chemin de Thonneur et de la gloire ; dans ces derniers temps > comme dans ceux de notre prospérité, vous n'avez cessé d'être des modèles de bravoure et de fidélité. Avec des homtnes tels que vous, notre cause n'était pas perdue; mais la guerre était interminable : c'eût été la guerre civile , et la France n'en serait devenue que plus malheureuse. J'ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie; je pars. Vous, mes amis, continuez de servir la France. Son bonheur était mon Unique pensée ; il sera toujours l'objet de meà vœuxl Ne plaignez pas mon sortj si j'ai consenti à me survivre, c'est pour servir encore â votre gloire. Je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble. Adieu, mes enfants! Je voudrais vous presser tous sur mon cœur; que j'embrasse au moins votre drapeau!.... »

A ces mots le général Petit, saisissant l'ai-

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gle, s'avance. Napoléon reçoit le général dans ses bras et baise le drapeau. Le silence d'admiration que cette grande scène inspire n'est interrompu que par les sanglots des soldats. Napoléon , dont l'émotion est visible , fait un efifort et reprend d'une voix plus ferme : « Adieu encore une fois , mes vieux compagnons ! que ce dernier baiser passe dans vos cœurs ! » M* Fain continue ainsi : (( Il dit» et s' arrachant au groupe qui l'entoure , il s'élance dans sa voiture au fond de laquelle est déjà le général Bertrand.» Quel cœur ne serait ému de ces mots que j'aime à répéter : « 4vec des hommes tels que i< vous notre cause n'était pas perdue; mais la (( guerre était interminable : c'eût été la guerre (( civile^ et la France n'en serait devenue que « plus malheureuse. » Ces paroles justifient une pensée que j'ai émise plus haut. Non! Napoléon ne se serait point décidé à commencer, sous les murs mêmes de Paris, cette guerre civile dont il montrait tant d'horreur. C'était avec une faible partie des siens qu'il aurait eu à combattre ceux qui avaient abs^ndonné sa cause au nom même de la liberté et des souvenirs de 1789. De teHes paroles soulagent un moment le cœur, et semblent indiquer dans Napoléon un homme qui saura, parla force de

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son âme , se créer un refuge jusque dans labîme où il est tombé.

Que d'autres voient une amère dérision dans le traité particulier qui ne conserva à Tempereur Napoléon, de tant de couronnes ; que la principauté de Vile d'Elbe , Thistorien qui s'élève au-dessus des considérations du vulgaire doit l'envisager sous un autre aspect. La carrière du plus puissant monarque était terminée pour Napoléon. Était-ce à dire qu'il fût mort pour une gloire ultérieure ajoutée à sa gloire immense ? N'avait-il plus de grands et louchants souvenirs à opposer à ceux qui devaient l'oppresser ? Semblable aux volcans éteints de l'île d'Elbe où il était conôné y son âme pouvait briller d'une sérénité dont la plus superbe cour n'offre qu'une image trompeuse. 11 peut y avoir déchéance pour un empereur, il n'y en a point pour le grand homme qui se montre supérieur aux coups de la fortune. Il garde les dons qui lui sont propres, et voit avec flegme ceux qui lui sont enlevés. Ce n'est point déroger que de faire le bonheur d'un petit nombre de sujets. Plus la lâche est facile, plus elle est délectable; c'est un repos pour un génie supérieur. On peut y transporter l'idéal d'un gouvernement paternel, familier, libéral, plein de quiétude et

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de cette dignité où respire la sagesse, ^e QOrt semblait lui offrir la Salente du Télémaque, mais il pouvait la régir sur des principes plus yaQteS; plus empreints de Tesprit du xviii^ siècle. Sou nom lui tenait lieu d'une armée. Combien ses partisans ne se fussent-ils pas e:i^tasiés sur les lois modestes qu'ils auraient proposées pour modèles à tous les souverains !

Il avait promis à ses soldats d'écrire ^es commentaires ; n'étaient-ils pas tout faits dans ses brillants bulletins des campagnes de ritalje et de rÉgypte, écrits avec toute la verve delajeunesseï du génie et de la victoire? 11 est vrai qu'il leur donna une splendeur nouvelle par samagnîGque description de l'Italie politique et militaire^ et surtout par le tableau de la bataille d' Arcole où il remplit les deux rôles d'Achille et d'Homère.

Mais ce que la France et la postérité lui demandaient le plus^ c^ était un exposé sincère de son gouvernement, dans lequel il aurait devancé la marche de l'historien qui établit une si grande et si affligeante différence entre son Consulat et son Empire. Il eût été beau à lui de donner pour épigraphe à ce tableau ces paroles de Louis XIV mourant : « J'ai trop aimé la guerre. »

Vous figurez-vous l'effet qu'eût produit sur le monde le ci-devant empereur élevé au rang

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d'un sage? Quel empressement à le visiter! La faveur de l'entretenir y eût décerné de véritables lettres de noblesse. Et tandis que le congrès des souverains et surtout celui de Vienne devenaient des sujets de murmure et d'alarmes, tandis qu'on y trafiquait des milliers ou des millions d'âmes, il se fût formé à File d'Elbe un congrès de sages ^ et les puissances de la terre ^ rois^ princes ou ministres auraient ap-* pris l'art de tomber avec grandeur ou plutôt de se survivre sous des titres nouveaux moins re« doutables au monde.

Lequel préférez-vous d'un tableau qui était si facile à réaliser, ou du tableau des cent jours?

Je termine^ dans la quatre-vingt-deuxième année de mon àge^ dans une douce retraite et avec le sentiment d'une parfaite indépendance, un ouvrage dont les difficultés m'avaient effrayé dans un âge plus beureux. J'ai cédé au désir de donner une suite et un complément à des essais d'histoire contemporaine favorablement accueillis du public et dont le premier remonte à un demi-siècle.

J'ai suivi avec une douleur respectueuse le convoi funèbre de deux générations qui comptent si peu de survivants; l'une moissonnée dans la ferveur de ses bienveillantes espé-

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rances, et l'autre dans le cours des plus admirables et des plus rudes épreuves de rhéroïsme. Je me suis incliné devant des colonnes qui rappellent soit des malheurs augustes ^ soit d'immortels services rendus à la patrie, et devant les cippes plus modestes élevés à de sublimes dévouements qui eurent mieux que la gloire pour objet. J'ai vu dès leur principe tous ces grands événements; j'ai communiqué avec ces héros martyrs de la tribune, de la liberté et de rhumanité ; je me suis fait écouter 4'une grande partie du cortège et surtout de ceux qui avaient des victimes à pleurer. De là est né ce que j'ai cru ma vocation historique. J'ai pensé que l'admiration pour les hautes vertus réclamait le feu sacré de l'indignation contre les grands coupables. Je me suis abandonné sans contrainte à ces deux sentiments.

La scène a beaucoup changé d'aspects, de héros, de personnages et même de catastrophes pendant que je me livrais à ce travail. De telles variations ont dû quelquefois jeter des nuances diverses sur mes couleurs, mais le fond du dessin est resté le même. Il y a dans la sève première des impressions, une force, une vérité que les plus brillantes couleurs de l'imagination ne peuvent pas remplacer toujours.

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L'histoire fournit les pièces justificatives des préceptes de la morale; et celle-ci ne rend ses décisions praticables qu'en les soumettant au creuset de Texpérience des siècles.

Nous avons vu Napoléon échouer dans ses guerres devant l'impossible ; c'est une barrière qu'on rencontre souvent dans les théories de félicité publique. Nos malheurs nous ont trop appris que les rêves de la raison qui exagère ses forces sont encore plus dangereux que ceux de l'ambition qui veut renverser tout obstacle. L'esprit s'irrite de son impuissance; le cœur s'aigrit et se déprave. On a voulu étendre sans mesure la puissance d'aimer ^ et l'on n'a fait qu'accroître à un degré inouï la puissance de haïr. Les enthousiastes créent des hypocrites qui les applaudissent et ne leur succèdent qu'en les égorgeant. Le despotisme est là qui sourit à cette œuvre perverse , bien sûr d'en recueillir les fruits; et telle nation peut être tellement épuisée de ses combats contre l'anarchie, et du sang qu'elle y a répandu , qu'elle pousse des cris de miséricorde vers un libérateur puissant qui d'arbitre deviendra dictateur , et de dictateur se constituera despote. Tel fut le destin de Bonaparte. Jamais on ne commença avec plus de sagesse et de génie une mission acquise par

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plus de gloire; jamais on ne la termina d'une manière plus désastreuse. Le ciel punit son orgueil en Taccablant de prospérités décevantes. Sa raison succomba sous ce fardeau.

Oq me communique après riropression de cet ou-* vrage , une lettre du général Moreau au prince royal dé Suède; elle est écrite peu de jours après son fatal départ des États-Unis et en expose les motifs. La ▼oie! î

« Mon cher général,

cf Ce n'est pas au prince royal de Suède que jem*adresse; je suis plein de respect pour lui, et je fais les vœux les plus sincères pour son bonheur particulier et la prospérité de la nation qu'il est destiné à gouverner.

((Comme soldat, j'admire les soldats de Gustave et de Charles XII; comme Français, je dois de la reconnaissance aux Suédois d'avoir choisi un successeur parmi nos compatriotes.

(( C'est donc à cet ancien compagnon d'armes, à ce compatriote, que je crois devoir et pouvoir ouvrir ma pensée sur la situation présente de l'Europe.

LETTRE DE MORBàU A BERNADOTTfi (1813). llW

ti D'après la honteuse défaite de rarmée fran* çaise en Russie, son chef n'échappera pas au double reproche de folie et de lâcheté y et restant ainsi exposé à la risée de TEurope et à Tindignation des Français , je nUmagine pas qu'il puisse con* server une autorité à la fois monstrueuse et in<quiétante pour TEurope, avilissante ^t tyransnique pour la France,

«L'instant favorable dont nous avons souvent parlé pour débarrasser notre patrie de ce lâche et insolent usurpateur, paraît s'approcher, mais si on ne hâte pas la catastrophe et qu'on se borne à l'attendre, il peut encore faire bien du mal. Malgré ses folies, il sait la guerre mieux que les adversaires qui lui ont été opposés jusqu'à présent. En retirant presque toute son àr« mée d'Espagne et y renvoyant Ferdinand VU, ce qui le dispenserait de laisser beaucoup de monde sur cette frontière, il peut rassembler au mois de juillet prochain deux cent cinquante à trois cent mille hommes, et opposer encore une terrible résistance, si surtout il est soutenu par la maison d'Autriche.

ce L'espoir de l'opposition à la nouvelle con-scription, qu'on devrait regarder comme certaine, sans une force disponible pour la faire exécuter, cesse si le mouvement de l'armée

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d'Espagne, traversant la France dans presque toutes les directions, se combine avec les levées de cette conscription; alors les vieilles bandes aguerries par quatre ans de guerre civile, renforcées parles recrues dont elles auraient forcé la levée, se précipiteraient au devant de Tarmée russe et des alliés qu'elle aurait pu se faire en Allemagne.

wNe pensez-vous pas qu'il doit exister parmi les prisonniers français en Russie, une masse assez considérable d'officiers et soldats furieux d'avoir été sacriQés nombre d'années à satisfaire Tambition et l'avidité de leur chef? La dernière campagne doit avoir ajouté le mépris à la rage , et je crois que c'est parmi eux qu'on doit chercher le noyau qui doit servir d'appui à la révolution qu'on doit tenter le plus promptement possible.

(f Je me rappelle l'affaire de Quiberon, entre-' prise avec des prisonniers, mais je crois que les circonstances sont bien difiTérentes et infiniment plus favorables. Les premiers combattaient contre la liberté de leur pays, sous une bannière qu'ils détestaient; ceux-ci, au contraire, se battront pour arracher la France à la tyrannie la plus avilissante qui ait jamais pesé sur aucune nation moderne.

LETTRE DE IIOBEAUA BBRNADOTTB (tSiS). 501

u Doit-on avoir confiance dans la manière dont ils combattraient s'il fallait en venir à cette extrémité?

« Je conçois tout l'avantage d'un gouvernement établi depuis six années et la répugnance que peuvent avoir ceux qui l'attaquent ^ à combattre les troupes de l'autorité reconnue ^ quelque monstrueuse et quelque illégale qu'elle puisse être.

(( Mais si la haine qu'on porte à Bonaparte dans toutes les classes et dans toutes les parties de la France y est telle qu'on le rapporte, elle servira à entretenir l'animosité des prisonniers de Russie et à leur faire considérer les appuis du gouvernement impérial comme les ennemis de la nation.

t( Gela établi , quels sont les moyens d'exécuter et peut-on se les. procurer? Trouvera-t-on parmi les prisonniers français un nombre d'hommes de bonne volonté suffisant pour tenter cette entreprise? — L'empereur de Russie consentira-t-il à le donner? Devrait-on chercher à pénétrer en France sans l'appui de l'armée russe ou ne vaudrait-il pas mieux l'essayer par un débarquement sur les côtes de Picardie ou de Normandie? Je considère le dernier moyen comme le plus avantageux.

r>U2 HISTOIRE DE L*BlinRB.

«Si par un malheur impossible à prévoir, ma femme n'avait pas été obligée d'aller en France pour rétablir une santé délabrée par la rigueur de ce climat/ il y a longtemps que je serais parti pour aller près de vous chercher la solution de toutes ces questionsi mais la crainte du traitement qu'elle pourrait éprouver m'a retenu. Je n'ai négligé aucune occasion de l'engager à hâter son retour, et comme il suffit qu'elle soit instruite de mes projets, du moment qu'une de mes lettres aura pu lui parvenir, je pars sans le moindre délai ; ainsi la réponse que je vous demandais dans le premier double de la présente vers la mi^avril, n'arriverait ici que longtemps après mon départ pour Gothenbourg.

L'empereur de Russie m'a fait proposer par son ministre ici de me rendre à Saint-Pétersbourg ; il doit connaître maintenant les motifs qui ont retardé mon départ; j'en ai également parlé à Rapatel en lui disant de prendre davance les ordres de l'empereur sur les moyens de lever un corps de prisonniers pour agir en France dans le cours de la campagne prochaine.

(c Présumant que mon épouse aura reçu les avis que je lui ai envoyés dans le courant de juin , je compte partir d'ici vers la moitié du même mois, sur un navire qui se prépare à cet

LETTRE DE MOREAU à BEflNAOCTTE (1813). 503

effet pour Gothenbourg. Je suis prêt à pénétrer en France à la tète de troupes françaises, mais je ne vous dissimule pas ma répugnance d'y marcher à la tète de troupes étrangères.

tt Supposez-Yoùs une grande résistance de la part de tous ces militaires, maréchaux et autres^ que Bonaparte a gorgés de richesses et enlacés de cordons ? Vous avez sûrement conservé ou des relations dans l'armée française , ou le souvenir du degré de fidélité ou de mécontente* ment des différentes classes qui la composent. Les connaissances doivent influer sur Topinion qu'on doit se former des obstacles qu'on rencontrera. .

«Quel gouvernement devrait-on établir si on détruit celui qui existe? J'ignore quelles sont les opinions dominantes dans un pays royalisé depuis dix ans. Quant à moi,, je suis parfaitement libre et sans préjugés; et si la nation désire les Bourbons, avec lesquels je n'ai jamais eu l'om-' bre de rapport , malgré la fameuse conspiration, je les verrais reprendre le gouvernement avec plaisir, sous des conditions qui assurassent la liberté personnelle des Français, garantie par quelques corps intermédiaires assez puissants pour arrêter l'ambition et l'avidité des courtisans; je crois même que c'est le seul moyen d'en

50& H18T0IBE DE L'EMPIRE.

finir. J'apprends qu'ils ont envoyé un agent à Saint-Pétersbourg, peut-être avec l'espoir d'y enrôler quelques Français : je ne désirerais nullement combattre sous cette bannière ^ qui jusqu'à présent n'a pas été heureuse en révolutions; et puis, je ne voudrais jamais me charger d'être l'instrument d'une vengeance particulière.

« J'ai vu avec beaucoup de plaisir par l'exposé des négociations entre la France et la Suède , qu'il y a quelque probabilité de vous voir en guerre contre Bonaparte. Je trouve cela bien avantageux pour la France qui, sans nul doute, trouvera en vous un appui dès qu'elle sera débarrassée du chef qui la déshonore.

« J'avais remis le premier double de la présente à un négociant américain se rendant pour affaire en Suède. Je vous priais de me faire envoyer un navire si vous jugiez ma présence nécessaire, et vous priais de me transmettre *vos instructions sous le couvert de David Parish, à Philadelphie; mais ayant jugé que je ne pourrais être rendu que vers la fin de septembre, ce qui serait trop long pour agir cette année , je me suis décidé à partir dans le courant de juin, vers l'époque où je prévoirai que ma femme pourra quitter la France.

« Le despotisme de M. Davoust, à Hambourg,

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