‹ Histoire du consulat et de l'empire [Texte imprimé]Chapitre 146 sur 186 · STO · texte numérisé non relu

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sœur Klisa , gopvernanlc do' la Toscane, de veiller sur la tranquillité de - cette contrée, car le mécontentement, se répandant des pays enncmia dans les pays amis, agitait déjà l'Italie. Napoléon y envoya une colonne do gendarmes français, polir y organiser une gendarmerie italienne, prescrivit de . ' mettre en état de défense les châteaux de Florence, de Sienne, de Livourne,

afin d'avoir des refuges contre do nouvelles vêpres siciliennes, tant sa prévoyance reconnaissait elle-même les dangers de son imprudente politique. .

Quant à l'Espagne, il ordonna à Joseph de continuer les préparatifs de l'expédition de Portugal, que le maréchal Soûl! (levai I exécuter avec quatre divisions, et de n’acheminer le maréchal Victor sur l'Andalousie que lorsque le maréchal Soult aurait dépassé Üporlo. Il recommanda de bien soigner les divisions Valence, Levai, Dcssoles, Sehastiani, restées à Madrid comme ressource principale de la monarchie espagnole, et surtout de veiller à ce que le maréchal Ney avec ses deux divisions contint vigoureusement le nord de la Péninsule. 11 confia au général Suclict l'ancien corps de Moncey, qui venait d’achever lç siège de Saragosse, avec ordre de se préparer à marcher sur Valence , dès que le général Saint-Cyr aurait terminé ses opérations en Catalogne. Il reporta le 5’ corps commandé par le maréchal Mortier, de Saragosse sur Burgos, pour qu'il pût au besoin, ou donner la main.au maréchal Ney contre le nord de l'Espagne si celte région devenait inquiétante, ou repasser en Franco. si la guerre d'Allemagne exigeait de nouvelles ressources.

S'occupant enfin de faire concourir la marine à ses opérations, Napov léon ordonna à l'amiral IVuillaumex de partir de Brest avec deux vaisseaux

de 120, et six de 74; de se rendre devant Lorient et Hoche fort, où les.

| * contre-amiraux T ronde et Lhcrmitte se trouvaient chacun avec une di-

vision ; de les débloquer, de les conduire jusqu'aux Antilles, où ceux-ci devaient porter des vivres, -des munitions, des recrues, et reccvoir'en échange des denrées coloniales; de revenir ensuite en Europe, et de rallier l'amiral Ganteaume à Toulon, pour y prendre part à diverses expéditions' dans la Méditerranée. Tandis que l'amiral IVuillaumex allait exécuter celle course, l'amiral Ganteaume devait sortir de 'Toulon avec son escadre, et porter à Barcelone np approvisionnement considérable en poudres, piojccliles et grains. Dans l’Escaut le contre-amiral Allemand eut ordre de faire sortir l'escadre de Flessingue, delà tenir en rivière, toujours prête à roettre.à la voile, re qui ne pouvait manquer d'offusquer les Anglais, et d'occuper une notable partie de leurs forces. Napoléon enjoignit, en outre, à ('administration de la marine de réunir une certaine quantité do chaloupes canonnières aux bouches dé l'Escaut e( de la Charente, pour y garder tontes les passe;, et y veiller aux tentatives de destruction que les Anglais allaient probablement essayer contre les escadres mouillées dans ces parages. Il ordonna au ministre Décrûs de partir, pour les cotes, Jo

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jonr oit il partirait lui-même pour l'Allemagne , afin do présider & la ponctuelle exécution de ces diverses instructions.

Tont à coup , pendant que Napoléon faisait ainsi ses dernières dispositions, ort apprit que les Autrichiens avaient poussé la hnrdiesse jusqu'à saisir à Braunan un courrier français porteur de dépêches de la légation de Vienne à la légation de Munich. Ce courrier était un ancien officier français, établi à Vienne, et qui abandonnant cette capitale au montent de la guerre, s'était chargé de divers plis pour les ministres de sa nation. I/cnlèvement des dépêches qui lui étaient confiées, malgré ses vives protestations, malgré le cachet des doux ambassades qui aurait dû les faire respecter, parut à Napoléon l'équivalent d'une rupture. U se livra à la plus violente colère, fit adresser dé véhémentes interpellations à M. do Mettcrnich, et prescrivit, à titre de représailles, l’arrestation immédiate des courriers autrichiens sur toutes les roules. Scs ordres exécutés à la rigueur, et sans délai , lui procurèrent sur le chemin de Strasbourg l'enlèvement' de dépêches fort importantes. 11 les lut avec grande attention , et en conclut que les hostilités commenceraient à la mi-avril. La demande de ses passe-ports faite par M. de Metternich acheva de lui révéler l’imminence du danger, et il ordonna au major général Berthier de sè rendre à Donauuerth, soit pour réunir l'armée à Ralisbonne si on en avait le temps, soit pour la replier derrière le Lcch vers Donauuerth si le temps manquait, sauf à occuper Ralisbonne par une division du maréchal Uavout. Du reste, toujours l'œil sur le télégraphe, Napoléon se tint prêt à partir au premier signal. • ; ■

Les hostilités dont il assignait le commencement du 15 au 20 avril, commencèrent un peu pins tôt qu'il ne l’avait cru, L'ordre, en effet, était donné en Italie, en Bavière, en Bohême, d'ouvrir la campagne du 9 nu 10 avril. Le lieutenant général Bellegarde , qui commandait les cinquante mille hommes destinés à déboucher par la Bohême , passa la frontière du Haul-Palafinat sur deux points, Tirschenreit et Uernberg. Les quatre, corps des lieutenants généraux Hohenzollorn , Rosemherg, archiduc Louis , Hillcr, et les deux corps de réserve Jean de Liechtenstein et Kienmaycr, formant avec l'artillerie une masse d'environ 140 mille hommes, se trouvaient Ici" avril le long delà Traun, et le 9 avril le long do l’Inn, frontière franco-bavaroise , dont la violation allait décider la guerre , et amener l ime des plus sanglantes campagnes du siècle. Le 9 au soir, l'archiduc Charles, qui s’était mis à la tête de ses troupes, et qui était suivi de l’empereur, venu à Linti pour être plus près du théâtre de la guerre, envoya l’un de scs aides de camp au roi de Bavière, avec une lettre annonçant qu’il avait ordre de se porter en avant, et de traiter on ennemies toutes les troupes qui lui résisteraient. Il aimait, disait-il, à croire qu’aucune troupe allemande ne ferait obstacle à l'armée libératrice qui venait déli-

vrrr l'Allemagne de ses oppresseurs. Celte lettre fut la seule déclaration de guerre adressée à la Fronce et h ses alliés. Pour toute réponse le roi de Bavière quitta sa capitale afin de se rendre à Augsbourg, et les troupes bavaroises, campées sur l’Isar, à Munich et Landshut, eurent ordre de résister. Le maréchal Lefebvre en avait déjà pris le commandement pour les conduire à l'ennemi.

Le 10 avril au matin l’armée autrichienne s'ébranla tout entière pour franchir l’Inn et commencer la guerre. Elle ne savait pas bien exactement où étaient les Français, mais elle était informée qu'il y en avait à lilm, à Augsbourg, surtout à Ralishonne, où se dirigeait le maréchal Davout; elle, espérait les surprendre dans cet état de dispersion, atteindre le Danube avant leur concentration définitive, le passer entre Donauwertli et Ratisbonne , se joindre par sa droite avec le corps de Bcllegarde , et envahir victorieusement le Haut-Palatinat, laSouabc, le Wurtcmbcrg. Le corps de Hitler, celui de l'archiduc Louis, le deuxième de réserve, formant une masse de 58 mille hommes, et ayant le prince généralissime à leur tète, franchirent l'Inn à Braunau même, le 10 avril au matin. (Voir la carte n* 14.) Le corps de Hohenzollern , fort de 27 ou 28 mille hommes, le passa au même instant au-dessous de Muhlheim. Enfin le quatrième côrps avec le premier de réserve, présentant une masse de 40 mille hommes, exécuta son passage à Scharding, assez près du point où l’Inn so jette dans le Danube. A l’extrême gauche la division Jcllachich, d’environ 10 mille hommes, après avoir passé la Salza, fut dirigée sur Wasscrbourg, pour y traverser l’Inn et marcher sur Munich. A l’extrême droite la brigado Vecsay, qui comptait 5 mille hommes, et se composait de troupes légères, dut longer le Danube pour éclairer l’armée sur sa droite et occuper Passau , place importante à la jonction de l'Inn et du Danube. Sentant l'importance de ce point, Napoléon n'avait cessé d'adresser aux Bavarois de pressantes recommandations pour qu'on mit la place de Passau en état de défense, et avait même envoyé des officiers français avec les fonds nécessaires à l'exécution des travaux. Mais rien n'avait été fait à temps, et le commandant bavarois ne put que' se rendre aux Autrichiens. C’était un regrettable point d’appui qu’on leur avait livré par négligence, et dont ils pouvaient tirer plus tard un parti très-avantageux.

L’Inn franchi , les Autrichiens marchèrent sur trois colonnes pour se rapprocher de l'Isar, où ils devaient rencontrer les troupes bavaroises cl tirer les premiers coups de fusil. Quoiqu'ils se fussent appliqués à rendre leur armée plus mobile, ils s’avancèrent lentement, par habitude d’abord, par le mauvais temps ensuite, et enfin par l’embarras de leurs magasins. Songeant à faire la guerre d'invasion, et ne sachant pas vivre partout comme les Français, ils avaient imaginé de substituer à leurs immenses dépôts de denrées alimentaires des magasins ambulants, qui devaient les

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•suivre dans leur» mouvements. Ils espéraient de la sorte pouvoir imiter plus facilement les concentrations subites et ordinairement décisives de Napoléon. A ces magasins se joignaient un fort bel équipage de pont et un immense matériel d’artilleriei Ils (estèrent donc embourbés pendant plusieurs jours entre l’Inn etl'Isar, et n’arrivèrent que lé 15 devant ce dernier fleuve. Jusque-là ils n’avaient aperçu que des patrouilles de cavalerie bavaroises, qu'ils avaient affecté de ne pas attaquer, pour prolonger une illusion qui leur plaisait, et qui leur persuadait qu’ils ne rencontreraient pas d’hostilités de la part des Allemands. L’archiduc s'apprêta à passer l’Isar devant Landshut le lendemain 10 (voir la carte n* 46), et cette fols il ne pouvait plus ni se faire illusion, ni en faire à personne, car les Bavarois bordaient le fleuve avec toutes les apparences de gens résolu» à se défendre. . ' ‘

Il changea un peu la disposition de ses colonnes pour celle opération importante, qui était la première de la guerre, et que pour ce motif il fallait rendre prompte et décisive. Il détacha de sa gauche le corps de Hiller vers Moosbourg, afin de préserver l’opération qui allait se faire devant Landshut de toute opposition du côté de Munich. II rapprocha du corps de l’archiduc Louis, qui restait seul par la séparation du corps de Miller, celui de Hohcnzollern , et leur prescrivit à tous deux de forcer le passage de l’Isar devant Landshut même. Il plaça en colonne en arrière les deux corps de réserve. Il ordonna au corps du prince de Rosenberg, qui tenait la droite, de passer I’Isar vers Dingolfing, point où l’on n’avait à craindre aucune résistance, et d’envoyer ses troupes légères à Ehclsbach , pour ôter à l’ennemi le courage de tenir à Landshut en voyant l’Isar passé au-dessous. Enfin la brigade Vecsay, déjà lancée le long du Danube, detail pousser scs courses jusqu'à Strauhing, fort près par conséquent de Ratisbonnc, afin de se procurer des nouvelles des Français.

Le 16 au matin, l'archiduc Charles, dirigeant lui-même lecorps de l’archiduc Louis, dont le général Radetzki commandait l'avant-garde, s’avança sur Landshut pour y franchir l’isar. Quand on. vient par la route de Brauuau, comme c’était le cas pour les Autrichiens, on descend par des.cotcaux boisés sur les bords de l'Isar, qui traverse la jolie ville de Landshut, et se ' répand ensuite dans des prairies verdoyantes. La ville est moitié sur le penchant des coteaux, moitié sur le bord du fleuve, qui , en la traversant, se sépare en deux. bras. La division bavaroise Deroy occupait Landshut, et avait mission de disputer le passage. Après avoir évacué la ville haute et toute la partie qui est sur la rive droite du fleuve, elle avait coupé le pont du grand bras, rempli de nombreux tirailleurs le -faubourg de Seligenlhal, et s’était rangée en bataille de l‘autre côté des prairies, sur les hauteurs boisées d’Altdorf, qui font face à celles par lesquelles on débouche sur Landshut, Le général Radetzki , se portant de la ville haute sur le bord du

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