HA VI. K N
s'étaient mis à la tète dos paysans, el gardaient tous les passages, faisant le genre de guerre qui sc pratiquait alors dans toute la Péninsule, c’est-àdire barricadant l’entrée des villages, dérobant les vivres, cl massacrant les malades, los blessés ou les traînards. Mais le général Loison était. aussi vigoureux qu’aucun officier de sou temps. Il laissa dans les forts d’ Aluicida quatorze ou quinze cents hommes les moins capables de soutenir les fatigues d’une longue route, les pourvut de vivres et do munitions., et s'achemina avec trois mille; pour traverser tout le nord du Portugal par Almcida, la Guarda , Abrantès et Lisbonne. Il eut plusieurs fois à passer sur le corps des révoltés et àjespunir sévèrement; mais il sut partout sc faire respéclor, s'ouvrir les chemins, se procurer des subsistances, et il arriva enfin à Abrantès, n’ayant perdu que deux cents hommes pendant le trajet le plus pénible et le plus périlleux.
Le général Kcllermann se tira d’Elvas tout aussi heureusement. Déjà, au bruit de l’insurrection de l’Andalousie et de l'Estrémadure, les Algarves cl l'Alcutcjo avaient commencé à s’agiter. Le général kcllermann envoya des détachements dans divers sens, à llèga notamment, où il fil une exécution sévère, parvint à contenir les révoltés, puis laissa à Elvas, comme le général Loison à Aluicida, tout ce qui était le moins capable de marebrr par les chaleurs étoulfanles de juillet, et il rentra sans obstacle à Lisbonne par la gauche du Tage. II n'y avait plus dès lors de troupes françaises qu’à Alineida, Elvas, Setubal, Pcniche, Lisbonne et les environs.
De toutes parts en ell’et on annonçait comme certaine l’arrivée d'uue armée britannique, venant suivant les uns de Gibraltar et du Sicile, venant suivant les autres de l'Irlande et de la Ilaltiqua L'amiral sir Charles Cottou avait plusieurs fois touché au rivage, parlementé tantôt à l’emboucluire du Tage, tantôt à celle du Douro, et partout promis un débarquement prochain. La connaissance survenue cil même temps du désastre du général Dupont fut pour les esprits un dernier stimulant, et en un eliu d u d le Portugal, qui ne s'était encore révolté que partiellement, se souleva tout entier, depuis le Minho jusqu'aux Algarves.
C’est à Oporlo que l'incendie éclata d'abord. On y chargeait du pain pour un détachement de troupes françaises. Le peuple à celte vue s’insurgea, s'empara des voilures, les pilla, et en un instant toute la ville fut debout. L’évéque se mita la tête de l'insurrection, et le drapeau portugais fut relevé partuut aux cris de Vive le prince régent! L’incendie se propagea dans les provinces, faillit se communiquer à Lisbonne même, traversa le Tage, se répandit dans l’Alcntejo, et viut sc réunir au fou qui s’était une seconde fois alluniè vers Elvas, par le contact avec l’Estrémadure. A Oporto, on était entré en communication ouverte avec les Anglais; à, Elvas, on entra en communication tout aussi ouverte avec les Espagnols. Un corps de ceux-ci, composé de troupes régulières, s'avança métue de