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Badajoz jusqu’à Êvora, pour servir d’appui à l’insurrection portugaise.
Junot, qui était vif et entreprenant, céda malheureusement aa désir de réprimer l’insurrection partout où elle se montrait. Il fit partir le général Loison avec sa division pour disperser les insurgés de l’Alentejo, qui se trouvaient aux environs d’Evora. Il dirigea le général Margaron avec delà cavalerie sur un rassemblement qui venait de Coimbre vers Lisbonne. Il eut bien mieux valu dans cette saison brûlante tenir ses troupes fi-piches et reposées autour de Lisbonne, que d’en diminuer le'nomhre par le feu et la fatigue, pour réprimer des séditions aussi promptes à renaître quand on avait disparu , qu’à se soumettre quand on marchaft sur elles.
Le général Margaron n’eut qu’à paraître avec sa cavalerie pour disperser et sabrer les quelques centaines d’insurgés rassemblés du côté de Coimbre. Quant au général Loison, il lui fallut traverser tout l'Alentejo pour joindre l'insurrection de cette province réunie auprès d’Evora v et appuyée par un corps de troupes espagnoles. Après une marche difficile et fatigante, il arriva devant Evora, et y trouva en bataille les Espagnols et les Portugais. Il les aborda par le flanc, les culbuta, leur prit leur artillerie, et en tua un bon nombre. Les portes d’Evora ayant été fermées, il escalada les murailles, entra dans la ville, et la saccagea. En quelques jours les Espagnols furent renvoyés chez eux , et les Portugais ramenés à une obéissance momentanée. Les soldats étaient chargés de butin, mais épuisés de fatigue, et avaient à rebrousser chemin vers Lisbonne par une chaleur accablante.
Cependant les Anglais, tant de fois annoncés, paraissaient enfin. Dès l'insurrection des Asturies, et l’envoi de deux émissaires à Londres pour y faire connaître le soulèvement des Espagnes, le gouvernement anglais avait été averti de l’occasion imprévue qui s’olfrait à lui de multiplier nos embarras, et de soulever contre nous les résistances les plus opiniâtres. Le ministère Catining-Castlereagh avait naturellement résolu de porter tous ses efforts vers la Péninsule, et d'y susciter dans de plus vastes proportions, et d’une manière bien autrement durable, les obstacles qu’il nous avait un moment suscités dans les Calabres. L’ordre fut envoyé à toutes les forces britanniques de terre et de mer, répandues dans la Méditerranée, le golfe de Gascogne, la Manche, la Baltique, de concourir vers cet unique but. Des chargements d’armes, des envois d’argent, furent dirigés vers les côtes d’Espagne et de Portugal. Toutes les troupes dont l’expédition de Boulogne avait motivé l'organisation, et dont une partie venait de se signaler à Copenhague, furent destinées à opérer sur ce nouveau champ de bataille. Il était impossible en effet d’en offrir à l’Angleterre un mieux choisi, et plus commode pour elle. Avec un bon vent, on pouvait en quatre jours se transporter des côtes d’Anglétcmr au cap Finistère, aux baies de la Corognc et de l igo; aux bouches du DoUro ou du Tage. L’immense marine anglaise, croisant sans cesse autour de cette ceinture de
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côtes, pouvait toujours y approvisionner une armée de vivres et de munitions, tandis que les adversaires de cette armée sur un sol à demi sauvage, dépourvu de routes, devaient avoir la plus grande peine à se nourrir. Les lourds et solides bataillons britanniques, débarqués dans les golfes nombreux de la Péninsule, mettant pied à terre dans des postes bien retranchés, s’avançant hardiment si l'on remportait un succès, rétrogradant promptcmenl.si l'on essuyait un revers , pour gagner celte mer qui était leur appui, leur refuge , leur dépôt de vivres et de munitions, tour à tour soutenant en cas d'offensive les agiles Espagnols contre le choc impétueux de l'armée française, ou bien les laissant en cas de retraite s’en tirer comme ils pourraient, parla dispersion ou une soumission momentanée, recommençant enfin cette manœuvre sans se lasser, jusqu'à ce que la puissance française succombât d'épuisement , les bataillons britanniques allaient faire, disons-nous, la seule guerre qui leur convînt, et qui put leur réussir sur le continent.
< Tous les ordre; pour une grande expédition furent donnés avec une extrême promptitude. Cinq mille hommes sous le général Spencer, venus d’Egypte en Sicile, avaient été transportés à Gibraltar, de Gibraltar à Cadix, où les Espagnols, se faisant un scrupule de les recevoir, néaient ajourné, l'acceptation de leurs services. Ces cinq, mille Anglais, refuses à Cadix, avaient été débarqués aux bouches de la Guadiana, sur’ le territoire du Portugal , attendant le moment favorable pour agir. Dix mille hommes se trouvaient à Cork en Irlande. Ils lurent immédiatement embarqués sur une flottille escortée de plusieurs vaisseaux de ligne; on leur donna pour chef un officier qui s'était déjà fait connaître dans l'Inde, et qui venait de rendre de grands services au général Cathcart devant Copenhague : c'était' sir Arthur Wellesley, célèbre depuis par sa bonne fortune autant que par ses grandes qualités milifaires, sous le litre de duc de W ellington. Il avait pour instructions de fairq voile vers la Corogne, d'offrir aux Espagnols îles Asturies et de la Galice le concours des forces anglaises , 'et partout enfin de s’employer contre los Français autant qu'il le pourrait Le général Spencer avait ordre de venir se placer sous, son commandement dès qu’il en serait requis. Sir Arthur Wellesley allait donc se voir à la . tète de 15 mille hommes. Mais ces troupes n'étaient qu'une partie de celles qu'on destinait à la Péninsule. Cinq mille hommes sous les généraux Anstrulher et Ackland se trouvaient à Ramsgatc et Hanvich. Des bâtiments de transport étaient déjà dirigés sur ces points d’embarquement pour tes conduire auprès de sir Arthur W ellesley. Grâce à la proximité des lieux et aux vastes moyens de la marine auglaise, c’était une opération de dix à douze jours que de rassembler toutes ces forces en un même endroit. Enfin sir John Moore, revenant de la Baltique avec 11 mille hommes de troupes, devait être apheminé prochainement vers le point que les généraux anglais nu-