‹ Histoire du Cotentin et de ses îlesChapitre 11 sur 54 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sîluaiion de Guernesey. — Tentati?e du comte de Marlborough pour la soumettre au roi. — Expédition contre Serk. — - Georges de Carteret commissaire député et f ice-amiral du nn dans les Iles. — Les corsaires de Jenej. — Projets contre Guernesey* ^ Mission de Pierre Carey. -> 16&l<*

La différence qui, depuis le commencement des troubles, existait dans l'attitude des deux îles sœurs, s'accusait toujours très-nettement Le lieutenant gouverneur de Guernesey^ avec l'avantage d'être dans une forteresse que son isolement au milieu de la mer rendait inexpugnable , éprouvait Tinconvénient de ne communiquer avec ses partisans que très- difficilement Ces derniers, d'ailleurs, étaient réduits à l'impuissance par une magistrature en grande majorité presbytérienne. Pourtant, le parlement n'était pas sans inquiétude. Le major Russell, à son entrée en fonctions, avait fortement indisposé les habitants en leur imposant de nouvelles taxes. A l'occasion de leur perception, il y avait eu, dans la paroisse de St-Sauveur, un soulèvement qui ne s'était apaisé que par l'intervention d'une compagnie de soldats, et dans lequel deux personnes avaient été tuées. Le gouverneur avait dû s'engager à ne rien entreprendre, désormais , sans l'avis des États et de la cour royale.

En 1644, cette émotion n'était point encore calmée. Ce fut sans doute ce qui fit naître chez les royalistes l'espoir de soustraire l'archipel normand tout entier au pouvoir

des rebelles, et l'idée de tenter une occupation de Guernesey et de Serk.

Le samedi 3 février, le comte de Marlborough, qui était au service du roi en qualité de général d'artillerie, parut devant St-Pierre-Port avec deux vaisseaux et deux frégates. Le lundi suivant, pendant la nuit, il se rendit auprès de sir Osborne et convint, avec lui, d'adresser, le lendemain, une proclamation aux habitants. Un officier ftit chargé de cette mission; les gens du comité Tempe obèrent d'aborder, en le menaçant de leurs mousquets.

Le comte remit à la voile, et jeta l'ancre, le 7 février, dans la baie de Ste-Gatherine, à Jersey. Il soumit au capitaine Georges un plan d'attaque qui fut approuvé par les États. Ce plan consistait à réunir trente à quarante bateaux de pèche, portant chacun cinq ou six hommes de la milice ; à joindre à la troupe ainsi formée les marins et les soldats montés sur les vaisseaux, et à opérer la descente sous la protection des canons de l'escadre et du eh&teau. Mais comme on était dans la saison de la coupe du varech, ni promesses ni menaces ne purent décider un seul milicien, ni un seul pécheur à sacrifier son intérêt à la cause du souverain.

Découragé par cette égoïste indifférence , le comte de Marlborough poursuivit sa route accompagné du lieutenant gouverneur (1). Il alla à St-Malo prendre des munitions et des vivres, qu'il réussit à débarquer à Falmouth, en évitant les croiseurs qui l'attendaient au passage. Le roi avait le plus pressant besoin de ces secours. La fortune semblait décidément abandonner ses armes. Il ne recrutait plus son armée qu'avec une difiiculté excessive, tandis que celle de l'ennemi s'accroissait chaque jour. L'armée d'Ecosse, à la solde du parlement, venait de franchir la

(4) Charles 11, etc., U I, p. 199.

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Tyne, le 19 janvier 1644, et, deux jours après, le corps de troupes royalistes, qui avait été rappelé d'Irlande, était complètement mis en déroute devant Nantwich, par le général Fairfax (1).

Quelques jours après l'expédition infructueuse de lord Marlborough, Russell envoya à Âurigny un de ses officiers, nommé Pierre Lefebvre, sieur de Lépine, qui s'y établit avec quelques soldats au nom du parlement (2) ; puis, il somma de nouveau sir Osborne de se rendre (3). Sur son refus, six vaisseaux parlementaires parurent devant St- Pierre, dans les premiers jours d'avril, et tentèrent, pendant une nuit et à marée basse, de surprendre le chftteau. Us furent repoussés « avec perte des leurs (4). »

Georges de Carteret était revenu, le 11 mars^ de St- Malo, après y avoir réglé les affaires du roi. Il reprit les poursuites contre ses adversaires, et fit prononcer par la cour royale, qui ne lui refusait rien, la révocation des quatre jurats ennemis passionnés de son oncle , la confiscation de leurs biens, et leur remplacement par des notables royalistes. Michel Lemprière fut déclaré traître et rebelle ; tous les actes reçus par lui comme bailli furent annulés et brûlés, sur la place publique, par la main du bourreau (5).

Mais ces satisfactions données aux vengeances politiques et aux haines de famille, n'amélioraient pas les finances. La récolte avait été mauvaise ; le blé était rare^ et il était impossible d'ajouter aux charges qui, déjà, pesaient sur

(1) UisU of the Rebet, f. VU, p. 76.

{%) Le:20féT, ld6& (n. s.), enregistrement à la cour d^Aarigny de la patente de lient, gouv. du sieur de Lépine (Osbome*8 mss. ).

(8^ La sommation est du 22 fév. et la réponse d'Osbome du lendemain 23 ( Osb. mss. ;.

{à) Gazette de'Renaudot, ann. 16^4, n« kO. Lettre de St-Malo da 18 ayriL

(5) Charles U, etc^ t; I, p. 201 et suiv.

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les campagnes. Le gouverneur songea à réaliser, pour son compte, une partie des projets de lord Marlborough» et à reconquérir Tancien domaine de sa famille, la petite île Serk, dont son beau-frère et cousin, Philippe da Garteret, était le seigneur, et dont les revenus avaient été confisqués par le comité de Guernesey (1).

L'eipédition se composa d'une pinasse à douze ramest sur laquelle monta le capitaine Lane, commandant en chef, avec quarante hommes; d'un petit b&timent de moindre tonnage, sous les ordres du capitaine Chamber* lain. avec trente hommes, et de deux barques plus petites. La flottille mit à la voile de Jersey, dans la soirée du 25 mai. L'obscurité de la nuit et le mauvais temps séparèrent les deux divisions, et leur imprimèrent des directions différentes. Le rendez- vous avait été fixé à YEperquerie (2), Le capitaine Lane y arriva le premier, et attendit ses compagnons. Une sentinelle l'aperçut et donna. l'alarme. Il craignit, s'il descendait à terre, de n'être pas secouru. Ses hommes^ qui n'étaient pas marins, étaient malades et peu disposés, pour la plupart, à tenter l'aventure, n supposa que son lieutenant s'était perdu. Il revint à Jersey.

Chamberlain n'avait pas péri. Voyant qu'il ne pouvait gagner le lieu convenu, il avait abordé sur un point plus rapproché du centre de Tîle, dans la baie de Dicart^ et

(I) Philippe de Carteret, fils de rancien lieaL gou?. était, pendant la vie de son père, appelé M. de .Scrk. ( Hisiorical Sketch of Ihe island of Sark^ a p. The Guermey Magazine^ numéro du mois d'août 187^. — L*aulcur de cet Eiini est le rév. Cachemaille, minislre de Serk, décédé en 1877.) Les revenus de nie étaient évalués à 100 liv. slcrl. par an (A true estimation of the pw hii^iMe revenue of Guernsey, — Pièce datée de dOA9. — Ilaviiland^s mss. )•

(S) A reurémilé nord de Hie. 11 y avait à cet endroit un étroit escalier taillé dans le rocher, et qui conduisait au haut de la falaise, où un corps de garde avait été établi {Historic, Sketch,, etc., snp. cit. )•

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s'était avancé à travers la campagne. Il avait surpris dans son lit et fait prisonnier le commandant de la petite garnison; et, en allant de maison en maison, il avait désarmé les habitants. Il s'était aussi emparé de plusieurs canons et d'une certaine quantité de munitions. La victoire semblait acquise; elle fut de courte durée. ' Le jour venu, les trente-deux envahisseurs s'aperçurent qu'ils étaient seuls. Les insulaires le virent aussi. Des signaux furent faits aux navires qui croisaient en vue de rîle. La frégate du capitaine Joseph Bramsby survint, vers la fin de la journée, et mit à terre un détachement qui saisit Chamberlain et ses hommes^ et les emmena à Guernesey, où ils subirent une dure captivité.

L'irritation que cet échec causa à Georges de Carteret s'accrut encore du refus qu'il essuya d'échanger le brave capitaine contre deux prisonniers parlementaires (1). Le capitaine Lane fut chassé honteusement; il passa à l'ennemi. Une correspondance ayant été surprise entre les rebelles de Guernesey et les captiEs du château Elisabeth, ceux-ci furent transférés dans les cachots de Montorgueil

. Le comte de Warwick crut que ces coups de la mauvaise fortune décideraient sir Osborne à une capitulation tant de fois demandée et refusée. Il lui écrivit donc, le 7 juin, du bord de son vaisseau le Saint-James, à l'ancre devant Lyme, que l'armée royale était en fuite et le roi assiégé dans Oxford par vingt mille hommes ; qu'il l'engageait à reconnaître l'autorité du parlement, au nom duquel il lui promettait « toutes les faveurs imaginables (2). »

(1) CharUi II, elc, l. I, p; 2\h el suiv. Au mots craoût 4656, G. de Carteret engagea réqaipuge d\in navire de Cherbourg, qai réussit & foire évader Ciiamberlain et à Pamcner à Jcrscr.

(2) Osl)oriie*s mss. *

Et MAZARIN. lai

Sir Osborne répondit simplement qu'il resterait fidèle au roi et qu'il priait Dieu, s'il succombait, d'assister sa femme et ses enfants sur le sol étranger, où ils vivaient exilés (1}. 11 ne se dissimulait pourtant pas toutes les difflcoltés qui l'assaillaient. Les approvisionnements ne lui parvenaient qu'à de rares intervalles et à travers mille obstacles. Son crédit était épuisé; ses biens d'Angleterre étaient confisqués. Il reçut, au mois d'août, un dernier envoi de vivres, vêtements, . bois, etc. que Georges de Carteret lui avait fait (2) ; néanmoins, il était, au mois d'octobre, obligé de représenter au roi qu'il serait dans l'impossibilité de résister plus longtemps, s'il n'était promptemént secouru. Dans le mois suivant, il adressait la même prière à lord Henry Jermyn^ qui venait de succéder à son père dans le gouvernement de Jersey (3). Le 22 janvier 1645, le roi lui annonça que des ordres étaient donnés, et qu'il recevrait, prochainement, les choses qui lui manquaient (4).

Précisément à cette date, le jurât Pierre Garey, qui n'avait ni oublié ni pardonné le guet-apens du capitaine Bowden et ses deurmois de captivité au château Cornet, avertissait le comte de Warwick « que la plupart du com- « mun peuple s'était mis en mutinerie et insurrection « contre son lieutenant et contre les bien-affectionnés, et « qu'il était urgent d'envoyer des vaisseaux (5). » Le comte répondit, le 24 janvier, qu'il emploierait toute sa sollicitude à la défense de l'île (6).

(4) Lettre da 32 jain iôhh ( Osb. mss. ).

(5) Lettre de G. de Carteret à Osborne, du 16 août iUà.

(3) Les lettres patentes ne furent enregistrées à la Cour royale de Jersey que le 1 0 Tévrier 1645.

(6) Lettre ôalée d^Oxford (Osb. mss.).

(5) Lettre (en français) de janvier 46Â5 (Osb. mss.). (6J Lettre (en français) (C Toy^s mss*).

Le même Pierre Garey avait reçu du comité de Londres mandat de se transporter à Serk, d'y prendre toutes les (dispositions qui lui paraîtraient convenables pour mettre rtle à l'abri d'un nouveau coup de main des Jersiais, et de récompenser les soldats d'être restés fidèles^ en leur distribuant une somme de lOOécus (1).

Les appréhensions éprouvées par les parlementaires de Guernesey ne venaient pas seulement des tendances manifestées par la population et que Pierre Garey dénonçait encore, au mois de mars, à Tamiral (2) ; elles étaient aussi inspirées par les actes du lieutenant gouverneur de Jersey,

Georges de Garteret avait été nommé, par lettres patentes du 13 décembre 1644, commissaire député viceamiral dans les lies de Guernesey, Jersey, Serk, Aurigny et « régions maritimes adjacentes (3) », avec des attributions si étendues qu'elles ne différaient guère de celles d'un souverain absolu. Il eut le droit de faire naviguer ses corsaires sous le pavillon royal et régulariser leurs prises par une cour d'amirauté tout à sa dévotion (4). Une dizaine de petites frégates, arméest.et équipées dans les ports de Normandie et de Bretagne^) transformées en vaisseaux de guerre pour le service de Sa Majesté, devinrent la terreur du commerce anglais. Ainsi pratiquée, la course constitua l'une des principales ressources à l'aide desquelles on subvenait aux dépenses considérables qu'eues ) Ordre des Communes da parlement à M. Carey, du 40 janvier 16A5. (2) Lettre du iO mars i6&5 de P. Garey au comte de Warwick (Carej, ms8.)«

(8) Ces lettres n*0Dt été retrouvées que récemment parmi les papiers de la famille du seigneur de Saumarez, Amias Andros (Chartes II, t. I, p* 231. ^ Bisior, fn5J.].

(4) Cette cour ne se composait que d'un juge, qui était Amias Andros, seigneur de Saumarez, un des royalistes émigrés de Guernesey.

tratnait la guerre. Le représentant du roi à Jersey eut recours à deux autres expédients. Il obtint la nomination d'une commission de trois jurisconsultes, qui forma une sorte de chambre étoilée; connut des crimes de lëse- Majesté, et prononça des confiscations (1) ; il établit, en outre, par une décision de cette même commission, une taxe de dix sous par chaque quartier de rente en blé. Son autorité s'exerçait sans aucun contrôle, le titre de gouver* neur que portait alors Henry Jermyn (2), étant purement honorifique. Il avait môme la prétention plus ou moins disûmulée, en vei*tu des lettres patentes du mois de décembre, d'étendre son action sur toutes les parties de TarchipeK et il est hors de doute que la réduction de Guemesey était Tun de ses projets les plus suivis.

L'attention du comité des Communes fut attirée sur ce point, par un rapport que fit au colonel Russell, dans le courant du mois de septembre (1645), un capitaine de Flessingue que la tempête avait forcé de relftcher à St- Pierre-PorL Ce capitaine déclara que, se trouvant à 8t-Malo, un capitaine hollandais au service du roi lui avait raconté que le commandant de la flotte, Van John Osdoanck, avait donné rendez-vous à ses vaisseaux à

(I) CeUe commission, composée de John Poley, Nicolas Vaugban et Henry Jansoo, envoyés de Paris par la reine, fut installée le 2h avril i6à5; elle commença «rinstruction contre les rebelles prisonniers, après avoir condamné les absents. Le doyen Bandinel et son fils avaient tenté de s'évader de Montorguetl, le iO février précédent. Le doyen s*étalt tué en tombant sur les rochers, et son fils, arrêté et eufcrmé de nouveau , était mort de ses blessures, le 18 mars. On seul des accusés, Maximilien Desservi, Ait condamné à mort et exécuté. Les autres en furent quittes en payant de fortes amendes [Ckariet II, etc., L 1, p. 2&A. — Historic. m»t.t ap. Guern. magazine), — Le ms. de Chevalier renferme, sur ces fhils, de nombreux cl intéressants détails que leur looguenr ne nous permet pas de reproduire.

(S) Lord Jermyn avait accompagné la reine en France au mois d'avril i6AÂ.

Falmouih; qu'une expédition contre Guernesey se préparait : que déjà deux cents hommes avaient été engagés ; que trois frégates devaient aller à Bordeaux en embarquer un plus grand nombre, et que l'expédition se composerait de vingt à trente voiles et aurait lieu à la fin de septembre, si le vent et la mer le permettaient (i).

Cette révélation «causa un vif émoi aux autorités de rtle (2), que ne rassurait pas assez la présence des huit ou dix pataches qui stationnaient dans la rade. Pierre Garey, sur la prière de ses collègues, se rendit à Londres. Il fut reçu, le samedi 20 septembre, par les commissaires qui, sur la lecture des lettres dont il était porteur, Tautorisèrent à demander au vice-amiral un certain nombre de vaisseaux et à recruter deux cents carabiniers. A Douvres, il obtint sept frégrates, avec lesquelles il revint à Guernesey, le 5 octobre (3). Les pouvoirs conférés au comte de Warwick furent prorogés d'une année.

Ces mesures de précaution firent, sinon abandonner, du moins remettre les projets d'attaque à un autre mo* ment. En attendant, la détresse de sir Osborne augmentait. Il s'en plaignit amèrement aux commissaires du roi à Jersey (4). Aux fatigues et aux privations qu'il suppor* tait depuis trois ans, était venue s'ajouter la mutinerie de ses sbldats, qui, se sentant appuyés par les dispositions peu bienveillantes que Georges de Carteret avait trop

(i) Oistork, mss, — Osborne*8 mss. — Récit de E^icrre Carey de sa mission à Londres, 5 oct. 16Â5 (en français).

(2) Pierre Carey avait envoyé sa fille ù Rennes, et beaucoup d'autres avaient fait comme lui (Lettre de P. Carey à Tun de ses parents nommé Gamont, à Rennes, du S juin 16à5. — Carey, mss.)*

(3) Les sept frégates étaient : TIte Siar, The Creyhound, The Roùert, The LiUy, The Welcome^ The Dove et The Nieodemus ( Gareys mss. ).

(A) Lettre du 30 oct. 16^5.

souvent laissé apercevoir, demandaient un aulre commandant (1).

L'année se termina sans autre incident qu'une nouvelle lettre du comte de Warwick qui, le 31 décembre, pressa encore le vieux et énergique capitaine de rendre la citadelle au parlement, en lui promettant de le remettre en possession de tous ses biens, revenus, places et hpnneurs (2). Sir Osborne persista dans son refus (3). Plus que jamais i^ importait au roi de conserver le château Cornet, sans lequel la sécurité de Jersey eût été fort compromise. En face des événements de plus en plus graves dont l'Angleterre était le théâtre» les îles normandes apparaissaient comme le dernier refuge de la royauté vaincue par la révolution.

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