‹ Histoire du culte des divinités d'Alexandrie. Sérapis, Isis, Harpocrate et Anubis, hors de l'Égypte depuis les origines jusqu'à la naissance, de l'école néo-platonicienneChapitre 28 sur 63 · LXXIX · texte numérisé non relu

LXXIX

(4) V. notre Catalogue , Bas-reliefs.

(5) Annal. , l. c.

(6) Preller, Région., p. 196, et les observations de M. C.-L. Visconti, Bullet. arch. comun., 1872, p. 39-40.

LES TEMPLES ALEXANDRINS DE ROME

coon (1). Nous voyons encore moins que M. C.-L. Visconti quelle difficulté il peut y avoir à ce qu’Athénodore eût fait une statue d’Isis. Il est également possible que celle de Rome fût l’original lui-même, comme le Supplice de Dircé (2) , de la même école , ou qu’elle fût une copie.

Mais, par Isis Athénodoria, faut-il entendre un temple, ou seulement une statue exposée en plein air? Les régionnaires, en effet, au lieu de dire Isium , comme plus haut, disent cette fois Isis. Les images de divinités dressées au coin des carrefours ou le long des voies publiques n’étaient pas rares dans Rome ; on cite la Fortuna Mammosa, l’Hercules cubans et d’autres encore.

Une inscription (3), que l’on prétendait avoir été trouvée entre l’église de Saint-Sixte et les Thermes de Caracalla , a longtemps servi d’indice à ceux qui cherchaient la position d’un Isium dans la douzième région (4). Cette inscription est fausse (5).

M. C.-L. Yisconti croit reconnaître dans un fragment de pied colossal, déterré près de l’église de Saint-Césaire , un reste de l’Isis Athénodoria. Il exprime d’ailleurs son opinion avec réserve, et nous n’avons garde de nous montrer plus affirmatif que lui . Dans les sujets représentés sur le bord de la sandale dont ce pied est chaussé, il n’y a rien qui ait trait spécialement au culte d’Isis.

Nous rappellerons que « dans le jardin contigu à l’église des - SS. Prisca et Priscilla, » sur la pente de l’Aventin qui regarde l’E.,fut trouvée, en 1709, la table isiaque à laquelle le nom de Ficoroni est resté attaché (6). Cet endroit n’est pas éloigné sans doute de celui d’où provient le planisphère égypto-grec de Bianchini (7). Peut-être pourrait-on étendre jusque-là le tracé de la XIIe région, qui n’est pas bien déterminé de ce côté, et placer dans le voisinage de Santa Prisca l’Isis Athénodoria; à moins que l’on ne voie un indice plus important dans la mosaïque polychrome du musée Kircher, qui représente une chasse à l’hippopotame sur les bords du Nil. Elle a été exhumée dans la vigna Mac-

(1) V. Overbeck, Antike Schriftquellen für Gesch. der K., n,s 2031 , 2037 , et Gesch. d. griech. plastik, t. II, p. 204 et suiv.

(2) Le Taureau Farnèse , trouvé aux Thermes de Caracalla.

(3) Gruter, LXXXIII, 15.

(4) Entre autres à M. Visconti , l. c.

(5) Orelli, 2494, et la note d'Henzen, p. 219, C. I. L., VI, fais., p. 9*, 7, et

p. Il*, 18.

(6) Ficoroni, Vestigie e rarità di Roma anlica , p. 80. V. notre Catalogue ,

(7) Frôhner, Sculpture antique du Louvre , p. 15. V. notre Catalogue, n° 232.

LES DIVINITÉS D’ALEXANDRIE HORS DE l’É&YPTE.

carani , « au pied du premier olivier que l’on rencontre en ipontant la colline , le long du mur de Servius, contre l’église de Santa Saba (1). »

Les temples que nous venons de décrire n’étaient sûrement pas les seuls que l’on eût élevés dans Rome aux divinités alexandrines. Nous avons dû passer sous silence des monuments importants, soit parce qu’aucun texte écrit ne signale un édifice sacré à l’endroit où ils ont été trouvés, soit parce qu’on en ignore la provenance exacte. Tels sont, entre autres :

Un autel isiaque rond, en basalte, qui faisait autrefois partie de la collection de la villa Médicis et qui a été transporté au musée des Uffizi, à Florence (2);

Un buste colossal d’Isis, en marbre, auquel le vulgaire a donné le nom de Madama Lucrezia , et qui, depuis 1465 environ, est dressé près du palais de Saint-Marc, à Rome (3).

Des morceaux qui ont de telles proportions n’ont pu trouver place que dans de grands sanctuaires. Mais proviennent-ils de ceux que nous avons énumérés? Le lieu où ils ont été vus par le premier auteur qui les ait mentionnés est-il bien celui qu’ils occupaient dans l’antiquité? Autant de questions insolubles.

Les divinités alexandrines avaient une foule de chapelles dont les régionnaires ne parlent pas , parce que l’importance en était secondaire. De ce nombre étaient les mansiones. On donnait ce nom , dans l’ancienne religion romaine , à des espèces de reposons permanents où les Saliens faisaient des stations lorsqu’ils parcouraient, les jours de procession, les divers quartiers de la ville (4). Les Isiaques voulurent en avoir aussi ; on en connaît un. qu’un collège avait élevé à Isis et à Osiris pour obtenir d’eux la conservation de la maison impériale (5). Ceci s’accorde fort bien avec les textes et montre que le culte alexandrin , à partir d’une certaine époque , jouit de tous ]es privilèges de la religion nationale, et qu’il donna ses cérémonies en spectacle au peuple jusque dans la rue.

(1) Bullet. inst. arch. R. 1858, p. 51; 1870, p. 80. De Ruggiero, Catal. d. mus. Kircher, p. 265.

(2) Dessin dans Kircher, Œdip., t. I, p. 225-226. V. notre Catalogue, n° 117.

(3) V. notre Catalogue, n» 36.

(4) Orelli , 2244, Bull. inst. corr. arch., 1842, p. 134.

(5) C. I. L., YI, 348, et add., 3692.

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