PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Peu d’organes ont été étudiés avee autant de soin que l’œil ; l’anatomie, la physiologie, la pathologie de 1 a])pareil optiiiue, ont fixé tour à tour l’attention d’observateurs nombreux et habiles; l’ophthalmogénèse seule restait dans l’ombre. Il laul recbercber les eauses de cette a|)parente négligence dans les difficultés qu’on rencontre à chaque pas, lorsiju’on essaie de se rendre compte du mode de développement de l’œil humain. 11 est impossible, en ellél, d’obtenir un nombre sullisant d’embryons pour suivre jour par jour les métamorphoses de l’œil, et c’est précisément au début de la vie intra-utérine, à l’époque où le développement de cet organe est le plus rapide, le plus important à analyser, qu’on a moins souvent l’occasion de l’examiner. Ce n’est qu’à l’aide d’observations longtemps continuées, en étudiant à la Ibis l’opbthalmogénèse chez l’homme et chez les animaux, qu’on peut ])arvenir à relier entre eux les faits épars, à remplir les lacunes et à tracer un tableau à peu près complet de l’iiistoire du développement de l’œil. Cette étude présente le plus haut intérêt, aussi bien
pour le pralicien que pour celui qui se borne à des considérations spéculatives, car elle peut seule donner la clef de beaucoup de problèmes restés obscurs en opbthalmologie; seule aussi elle nous explique les anomalies congénitales de l’organe de la vision.
L’ouvrage de M. d’Ammon, fruit de plus de trente années de recherches, figure dignement parmi les travaux qui ont porté si haut le nom des ophthalmologues de l’Allemagne moderne. Non-seulement l’auteur a eu le mérite de traiter d’une manière approfondie une matière presque neuve, mais encore il a élevé l’embryologie de l’œil au niveau des autres branches de l'ophthalmologie. Les premières recherches de M. d’Ammon sur le développement de l’œil remontent à l’année 18^22; interrompues plusieurs fois, tantôt pour essayer de nouveaux procédés d’observation, tantôt pour chercher dans les ouvrages nouveaux d’embryologie tout ce qui était de nature à éclairer l’ophthalmogénèse, elles n’ont été publiées qu’en 18o8. Quelques pages détachées, entre autres une dissertation sur le développement et les fonctions de la tache jaune de la rétine chez l’homme, insérées dans différents recueils scientifiques, avaient bien fait augurer de l’œuvre complète; cet espoir n’a pas été déçu. En parcourant le livre dont nous offrons la traduction au lecteur, on ne peut s’empêcher d’admirer la sagacité, la merveilleuse habileté d’observation, l’infatigable patience de l’auteur. S’il n’estpas parvenu, comme il l’avoue lui-même, à résoudre dans tous ses éléments la question qu’il s était posée, son travail n’en restera pas moins un guide et un modèle pour les observateurs qui viendront
après lui.
Kîi présence d’une œuvre aussi imporlanle, le rôle du Iraducleur devient très modeste. Il doit s’effacer autant que possible devant l’individualité de l’écrivain et sacrifier, s’il le faut, lelégancedu style à la fidélité. C’est ce que nous avons tâché de faire, au risque de donner à notre travail une tournure plus germanique que française. M. d’Ammon a bien voulu contribuer lui-méme à l’exactitude de notre traduction, en corrigeant soigneusement sur l’exemplaice dont nous nous sommes servi, les erreurs typographiques qui s’étaient glissées dans l’édition allemande.
Les figures qui accompagnent ce travail ont été dessinées d’après nature par un artiste habile de Dresde, M. Kranlz. Il en est beaucoup qui offrent un aspect vague, confus, peu agréable à l’œil; c’est que, en effet, les organes qu’elles représentent, en voie de se développer, à peine ébauchés, n’ont pas encore atteint eux-mémes la netteté et la régularité qui caractérisent l’œil complètement formé.
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