‹ Histoire du développement du droit romainChapitre 11 sur 53 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

droit aux biens (familia dans le sens matériel) est exclusivement réservé aux membres de la communauté (famiha dans le sens personnel).

C’est à la familia même que le langage a emprunté le nom de celui qui est à sa tête, le pater famUias. Il le désigne ainsi comme celui qui a le devoir de nourrir la famille, de la protéger et de la maintenir (C. Ce devoir, l'adulte seul peut le remplir; telle est la règle, car d’après la loi commune, le père ne meurt que lorsque les enfants sont adultes. Meurt-il avant, son bien, à la vérité, échoit aux enfants (])atrimonium, patrimoine, bien du père); juridiquement, ils remplacent alors le pater familias. Dans ce sens l’enfant au berceau lui-même est pater familias, c’est-à-dire propriétaire du patrimoine qui lui est échu — mais l’incapacité naturelle des enfants non adultes à se protéger eux et leurs biens, est suppléée par rintervention d’un protecteur spécial (le tuteur).

Herus est une autre expi'ession qui désigne le chef de famille. Par ce mot, l’on entend le nouveau chef de famille, l’héritier {heres), et la désignation de l’objet meme de la propriété privée s’y rattache (heredium). 11 est douteux qu’à l’époque antique le mot domiuLis fût déjà connu avec cette signiûcaiion. La lex Aquilia du VI" siècle appelle herus celui qu'elle aurait parfaitement pu qualifier de dominus.

La position juridique du chef de famille par raiiport à la familia, fera l’objet d’un examen subséquent. Nous avons d abord à considérer l’établisse nent de la maison romaine, qui ne s’accomplit que par l’entrée de la femme dans la demeure (deductio in domum).

Toute femme que l’homme introduit dans sa maison pour partager son existence, ne devient pas sa femme. Pour lui conférer ce titre, des conditions spéciales et des formalités particulières sont requises. Rien n’empêche l’homme de

sanscrit pâ, uourii% protéger, maintenir, V. Gürtiüs, 1. c.

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