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Extraits de la rétractation de M. Omer-Louis-François- Antoine Michelet , vicaire de feu M. Fauchet , évêque constitutionnel du Calvados.
« Je suis âgé de vingt-trois ans , et il y a cinq ans que je suis prêtre ; je le fus donc à l'âge de dix-huit ans ; alors je n'appréciois pas assez la sainteté de cet état. A l'instant, je fus vicaire de l'évêque intrus du Calvados
« J'ai la pleine conviction qu'ayant été ordonné prêtre par
un évoque schismatique, qui n'avoit aucune mission du souverain Pontife, je n'ai reçu par mon ordination qu'un caractère de mort et de fatalité, comme l'a fort bien dit Tévêque constitutionnel du Mont-Blanc, dans sa rétractation.
« Je déclare protester contre tous les actes que j'ai faits, en qualité de membre du conseil de l'évêque intrus du Calvados, de vicaire-directeur et professeur de théologie en son séminaire.
« Je déclare que je n'étois pas le véritable pasteur des parties que j'ai mariées ; que les absolutions que j'ai données, abstraction faite à l'article de la mort, sont de nul effet.
« Je rétracte formellement l'approbation que j'ai donnée aux mesures prises par les proconsuls envoyés dans les départements , pour travailler à saper la religion dans ses fondements, et à l'extirper, en remettant mes lettres de prêtrise.
« Je me repens bien sincèrement d'avoir donné un grand scandale dans la ville de Bayeux et ailleurs, en promettant , comme firent plusieurs de mes collègues , d'attacher mon sort à celui d'une femme, pour me soustraire aux persécutions des tyrans, en mission dans les départements.
< Je ne dissimulerai pas que je suis plongé dans la plus violente anxiété , lorsque cette réminiscence amère vient m'accueillir, tant elle (est) abjecte et ravalante, n'ignorant pas qu'un prêtre ne doit pas se marier. J'étois jeune, j'étois dans l'incandescence des passions ; j'implore donc l'indulgence et l'excuse de mes supérieurs et des fidèles, à qui je demande un pardon indicible de m'être mal conduit.
« Je veux vivre désormais dans la religion de mes pères et avec les mêmes vertus qu'eux. A la vérité , j'ai fait du mal ; mais je ne vais plus m'occuper qu'à le réparer. Il est beau Je rentrer dans le chemin de la vertu lorsque l'on en est écarté. Faudroit-il faire le sacrifice de ma vie, tant pour obtgnir grâce auprès de la Divinité, que pour expier toutes mes erreurs, que je ne balancerois pas, tant je suis navré de chagrin de m'être comporté d'une manière aussi reprochable. Ah ! quand la conscience nous accuse , rien ne nous justifie , et le monde nous estimeroit, que nous ne nous estimerions pas nous-
même. Que Dieu, que les hommes nous pardonnent, nous ne nous le pardonnons pas, quand nous avons porté des coups cruels aune religion aussi douce, aussi munificieuse (sic)' que l'est la nôtre. Je me trouve dans cet état de perplexité : lorsque je viens à réfléchir aux égarements auxquels je me suis livré, aux scandales énormes que j'ai causés , je ne puis mettre de frein à ma honte ! je suis dévoré des plus vifs regrets ! Je me suis odieux à moi-même ! Je suis outré d'indignation !...
< Du lieu où j'attends les coups de la Providence , ce 27 août 1796. » Michelet.