‹ Histoire du diocèse de Bayeux (volume 2)Chapitre 60 sur 93 · XXXIV. - Page · texte numérisé non relu

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Lettre de M. l'abbé Moulland. curé de Saint-Martin de Bayeux, à M A. , commandant de la garde nationale , à l'occasion des désordres commis dans la cathédrale le 12 mars 1793.

« Citoyen ,

« Je suis autant indigné que surpris des horreurs dont on souille nos temples, et des attentats qui se commettent contre nos personnes. Ce ne sont pas seulement de vils animaux qui profanent nos autels, des maîtres, encore plus immondes qu'eux, les couvrent de leurs vomissements exécrables. On m'égorgerait plutôt que de souffrir de pareilles abominations ; mais puisque je ne puis les empêcher , je n'en dois pas non plus être témoin. Hier , je voulus élever la voix de la religion pour confondre ces monstres ; aussitôt le tonnerre de l'impiété se fit entendre. Tous les démons semblèrent sortir de l'enfer , et me couvrirent de leurs hurlements épouvantables. Des cannibales parlaient déjà de me faire dévorer par leurs chiens, ou de m'assommer à coups de massue. Un, plus honnête et plus charitable, me déchira la jambe d'un coup de soulier, et me prouva que le parjure et le mensonge accompagnent toujours la lâcheté, la bassesse. Je ne me retrouverai jamais dans une assemblée, où il n'y a ni ordre, ni liberté, ni décence; où régnent au contraire la tyrannie la plus affreuse, la grossièreté la plus sale , la scélératesse la plus horrible ; je serai de cœur avec les âmes honnêtes , je ne blesserai plus les yeux des méchants. »

« 13 mars 1793 — an II de la République. »

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