‹ Histoire du diocèse de BayeuxChapitre 140 sur 161 · LXIX. — page · texte numérisé non relu

LXIX. — page

Èpitaphe du P. Eudes.

Cette èpitaphe, composée par M. l'abbé Bellenger, ancien recteur de l'université et professeur à la faculté des lettres de Caen , fut placée sur la tombe du P. Eudes en 1810, dans le chœur de l'église Notre-Dame. On exhuma aussi à la même époque les restes des premiers supérieurs de sa congrégation ;

ils furent déposés dans les caveaux de l'église. M. l'abbé Boseher, aumônier du lycée, depuis curé de Saint-Pierre, prononça l'oraison funèbre.

Hic

è sacello seminarii

quod olini erexerat

asportatae et repositae jacent

relliquiœ

ven. presbyteri Joannis Eudes,

congreg. Jesu et Mariae et monialium à Caritate

fundatoris et primi superioris.

Ecciesiasticœ scientiae propagator

fuit indefessus,

et clericalis disciplina?

exemplar.

Quà in Deum et S. S. Virg. Deip. ardebat

caritate ni

verbis et scriptis prœdieavit,

vità comprobavit.

Piè vixit,

sanctè obiit

die 19 aug. 1680, anno ;et. 79.

LXX — page2:«.

Le P. Dunot

Nous avons dit que la direction de l'hôpital de Bayeux fut confiée au P. Dunot, Jésuite, avant 1684. C'est lui, sans doute, que nous retrouvons à Vire en 1686, chargé de la congrégation des artisans. Ce qui reste des statuts, se termine ainsi : « approuvé par nous cy-dcssous signé F. Dunot (ou F; Dunod),

missionnaire du roi tant pour les établissements et règlements des hôpitaux que des congrégations de la sainte Vierge. »

LXX1. — page 236.

Origine de la fête en l'honneur de l'Immaculée Conception.

Msr Daniel, évoque de Coutances, dans le mandement qu'il vient de publier sur la définition dogmatique de l'Immaculée Conception, attribue à sa ville épiscopale l'honneur d'avoir célébré cette fête la première en Normandie. — Voici le texte du savant prélat, et l'autorité sur laquelle il s'appuie.

« Nulle part, dit-il, ces sentiments ne sont plus sincères et plus unanimes que parmi les populations normandes ; car, de tout temps, ces religieuses populations se sont fait remarquer pour la pieuse vénération et le filial amour qu'elles ont voué ù la bienheureuse vierge Marie, et pour leur empressement à lui attribuer le titre d'honneur et de gloire que l'Église vient de consacrer. Si nous en croyons l'illustre fondateur de la congrégation des Eudistes, c'est aux Normands, c'est même à la ville de Coutances que revient l'honneur d'avoir commencé à célébrer la fête de l'Immaculée Conception. Au rapport de ce religieux, qui a laissé un grand renom de science et de vertu , le bon Geoffroy de Montbray aurait, dans le xie siècle, peu de temps après la conquête de l'Angleterre, dédié à l'honneur de la Conception Immaculée de la Mère du Sauveur, une des chapelles de la superbe cathédrale qu'il faisait bâtir : « On « peut dire, poursuit ce savant auteur, que la première cathé- « drale de Normandie dans laquelle on a commencé à célébrer v< la fête de la Très-Pure Conception de la Mère du Rédemp- « teur, est celle de Coutances; il est même très -probable « que cette cathédrale est la première, non-seulement de la « province de Normandie, mais de tout le monde, qui a été « honorée par la célébration de cet admirable mystère. »

Nous avons vu (page 236) que l'on célébrait la fête de la Conception en Orient dès le ve siècle, et à Naples dès le ixc

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Premier chant royal au Puy du Palinot à Caen , présenté par noble et vénérable maistre André Blondel , chanoine de la presbende de Missy, en l'église Cathédrale de Bayeux, en l'an

Sapientia edificauit stbi domum cxcidit columnai septem, (Prouer. nono.)

Av lieu fangeux reuestu de verdure, Vn puissant Roy voulut esdifier Place en honneur sans macule ou laidure, Qu'à tous viuans vouloit notifier Ayant désir pour le magnifier, Y ériger Vniuersitè close, La bastissatU pour son plaisir forclose D'auoir en soy macule ou indescence, Parfaicte en tout d'ouurage si exprès Que pour son bruit et sa tresnoble essence Tel onc ne fut ne sera par après.

Sur sept pilliers grande matière et dure Posez au front pour la fortifier.

11 accomplit ledilice ou structure Qu'en son esprit vouloit clarifier, De ses grands biens voulant l'amplifier, A luy donner Preuileges dispose, Puis de bon cœur par son esprit propose La décorer d'vne puissance immense Des Officiers, lesquels se tiennent prests. De bien seruir auecques diligence, Tel onc ne fut ne sera par après.

Elle eut Recteur singulier sur nature, Pour Royaux dons prendre et ratifier, Conseruateur en sa Iudicature, Prudent, expert, pour tout iustifier.

Quatre Docteurs prompts à vérifier Les dons exquis que ce Roy luy expose Furent présents, et chacun d'eux compose En son honneur liures de conséquence, Vn Messager passant champs, villes, près, Va proclamer d'vne saincte éloquence Telle onc ne fut ne sera par après.

Gens de sçauoir, gens de littérature, Vindrent la voir pour y fructifier.

Les ignorans contemplans sa closture Son nom exquis vouloyent mortifier, Lors on eust veu esprits viuifier Qui exprimoyent mots plus fragans que rose, En confondant en mettre aussi en prose Les grands erreurs et damnable insolence, Des détracteurs les poussant de si près , Que d'elle on dict malgré leur violence Telle onc ne fut ne sera par après.

Dieu Roy Puissant mis en ceste Escriture Marie ell'eut pour la sanctifier Et maintenir Vniuersité pure Sur sept vertus et la glorifier.

Le fils de Dieu prest à ratifier , Fut le Recteur auquel tout sens repose. Le sainct Esprit conseruateur ie pose, Et les Docteurs d'Eglise est la Credence, Son messager aux habits diaprez C'est Gabriel: concluant ma sentence, Telle onc ne fut ne sera par après.

Prince du Puy, mercier par droicture De bon vouloir on doit la geniture Du virginal sedre et intact Siprez, Dont deflenseur estes faisant droicture, Qu'en son concept saincte et digne facture Telle onc ne fut ne sera par après.

LXX11I. — pack 251

Tour centrale de la Cathédrale. — Sépulture de Mô'r de Nesmond.

Les espérances que nous avions conçues au sujet de la Cathédrale, ne se sont point réalisées. Au mois de février 1855, MM. Tostain, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées ; Guy, architecte de la ville de Caen ; Fessard , ingénieur du chemin de fer de Paris à Cherbourg, avaient bien voulu se charger de prouver à M. le ministre des cultes que la tour pouvait être consolidée, et le pays avait accueilli cette nouvelle avec joie. Des éclats de pierre, qui ont jailli le dimanche 27 juin au-dessus d'une des portes du chœur, ont appelé à. Bayeux M. Violet-Le Duc, inspecteur des édifices diocésains, et il a exprimé l'avis que la tour devait être démolie. En présence de cette nouvelle, qui coïncidait avec une attaque de paralysie dont Monseigneur venait d'être frappé, en tournée de confirmation, le chapitre et le conseil municipal ont arrêté qu'une commission serait désignée pour se rendre immédiatement auprès de l'Empereur et du ministre; qu'elle s'efforcerait d'obtenir la consolidation de la tour, ou du moins la reconstruction de cette partie que l'on doit au patriarche de Jérusalem, et dont la beauté échappe à toute contestation. La commission désignée par le chapitre se composait de .MM. d'Hérembert, irrand-chantre, vicaire-général; Marais et Perlée, chanoines titulaires, La commission du conseil muni-

cipal comprenait, avec MM. Despallières, maire de Bayeux, et G. Villers, adjoint, MM. Pezet, président du tribunal civil, et Douesnel , ancien député , tous deux membres du conseil. M. le ministre des cultes a bien voulu prendre en considération les vœux dont nos députés étaient les interprètes. « Votre tour, leur a-t-il dit, on vous la reconstruira. » L'empereur, dont tous les moments étaient absorbés par les occupations qui précèdent l'ouverture des chambres, a fait dire à ladéputation de lui soumettre sa demande par écrit, et qu'il se montrerait toujours très -disposé à ordonner tous les Iravaux de reconstruction qui lui seraient proposés. Alors nos députés ont adressé à l'empereur une supplique, comprenant le résumé des demandes qu'ils étaient chargés de lui présenter. Cette supplique est ainsi conçue:

« Sire ,

« A la vue des préparatifs qui annoncent la démolition prochaine de la. tour centrale de la Cathédrale de Bayeux , la population de la ville s'est émue, et le conseil municipal, déférant à un vœu exprimé de toutes parts, a nommé une députation chargée de se rendre près de Votre Majesté ; le chapitre de l'église Cathédrale s'est associé à cette manifestation par le choix de trois de ses membres, chargés de vous exposer le vœu de l'autorité ecclésiastique, dont le vénérable évêque du diocèse, retenu par l'état de sa santé, est privé d'être l'organe.

« C'est avec un profond regret que nous avons appris que les hautes occupations de Votre Majesté ne lui permettaient pas de nous recevoir.

« Privés de l'honneur d'arriver jusqu'à elle, nous ne faillirons cependant pas à la mission qui nous a été confiée, et si nous ne somi?nes pas assez heureux pour lui adresser de vive voix nos doléances, elle nous a fait donner l'espoir qu'elle daignera du moins nous lire, et garder dans sa mémoire le souvenir des demandes que nous lui adressons.

« Sire, nous avons été informés par M. le ministre des cultes que Votre Majesté a suivi toutes les phases de l'affaire relative

à la tour centrale de notre Cathédrale. Nous n'entrerons donc dans aucune exposition de faits, et pour ménager les moments si précieux de Votre Majesté, nous nous bornerons à résumer les demandes que la population et le clergé nous avaient chargés de former auprès d'elle.

« Nous supplions donc humblement Votre Majesté d'ordonner :

« 1° Que de nouvelles et dernières études soient faites pour apprécier les projets présentés dans le but de la consolidation de la tour centrale en son entier, et pour en éviter, s'il est possible, la déplorable démolition.

« 2° Si le nouvel et définitif examen des hommes de l'art enlève tout espoir de consolidation et de conservation , ne serait-il pas suffisant de dégager la tour du poids seulement de la coupole, et, en déposant cette partie construite au xvm* siècle, de conserver les deux autres parties , construites successivement du xin* au xv* siècle?

« Comme il serait, possible que des travaux faits dans un but de consolidation entraînassent des dépenses plus considérables que les travaux de démolition, nous nous empressons de déclarer à Votre Majesté qu'il est dans l'intention de Mgt lévêque d'ouvrir dans le diocèse une souscription, qui serait accueillie avec empressement, tant est vif et unanime le désir de conservation exprimé par la population tout entière , et que tout rend certain que cette contribution volontaire de tous les fidèles procurerait une somme considérable, qui soulagerait d'une manière sensible la dépense à la charge du trésor de l'État.

« 3° Enfin, Sire, si des études dans le double but que nous venons d'exposer n'étaient point prescrites, ce ne serait point sans succès que la population de la ville de Bayeux, s'adressant aux sentiments religieux de Votre Majesté, solliciterait d'elle l'exécution la plus prompte d'une démolition que rien ne pourrait plus arrêter, et la reconstruction la plus prompte aussi du monument.

« Sire, la Cathédrale est déjà interdite dans le chœur et dans

les deux tiers de ses nefs, par les ordres du ministre des cultes, effrayé de la responsabilité qu'un événement pourrait faire peser sur lui. Ce ne sont pas seulement la nécessité de la religion, la dignité de l'évêque, celle du chapitre, la pompe et l'éclat du culte catholique, qui se trouvent compromis par la suppression des cérémonies épiscopales, mais une paroisse de la ville, de près de six mille âmes (la paroisse Notre-Dame), n'a pas d'autre église que la Cathédrale, et l'exiguité de la partie qui reste, l'expose à rester privée des secours que ses besoins religieux lui rendent nécessaires.

« Des travaux immédiats, des crédits suffisants accordés pour leur rapide exécution peuvent seuls conjurer les inconvénients de cette situation, et peut-être ses dangers. Nous les sollicitons de Votre Majesté; nous appelons sa sollicitude sur l'état pénible où la ville de Bayeux, où son digne et vénéré prélat, où le clergé sont et vont se trouver placés. Notts avons la conviction profonde que nous ne nous serons point adressés en vain à Votre Majesté pour le faire cesser. »

Dans la réunion du chapitre du 22 juin 1855, il avait été décidé que les sépultures de Louis de Harcourt, patriarche de Jérusalem; de François de Nesmond et de Henry II de Salisbury, tous trois évoques de Bayeux , seraient transportées du chœur dans la crypte, pendant la durée des travaux. Les fouilles exécutées sous la tour centrale, depuis le vendredi 29 juin jusqu'au mardi 3 juillet, n'ont amené que la découverte d'une sépulture: celle de Msr de Nesmond. Le corps du vénérable évêque, renfermé dans un cercueil en plomb, occupait le milieu du chœur ; son nom et la date de sa mort se trouvaient sur la face interne du couvercle ; le corps, revêtu des ornements épiscopaux , était entier; la mitre sur le bras gauche, le chapeau à glands sur les pieds. La croix en or et la bague ont été enlevées et déposées dans le trésor. On a laissé sur la poitrine une petite croix en bois noir, qui avait été placée dans la main droite. Le corps du prélat, renfermé dans son cercueil de plomb, et revêtu d'un cercueil en bois,

sera conservé provisoirement derrière l'autel de la crypte ; un procès-verbal de l'exhumation , scellé dans un flacon cylindrique , a été joint à ses précieux restes. Plusieurs personnes ont demandé qu'il leur fût permis de les visiter : quelques-unes en ont approché avec respect du linge et des vêlements.

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