XL INTRODUCTION
Elle était regardée comme la première de la ville ; on y célébrait les solennités , auxquelles tout le clergé de la ville était appelé à prendre part ; — 2° Notre-Dame-de-Froide-Rue, dont le patronage formait une prébende canoniale; — 3° Saint-Sauveur- >> du-Marché, sur la grande place où se tient de temps immémorial le grand marché de la ville ; — 4° Saint- Jean, dont la cure avait été érigée en prébende.
Cinq autres existaient au xie siècle, avant Guillaume-le-Conquérant :
1° Saint-Georges-du-Château. L'emplacement du château de Caen, était habité avant l'époque où l'on en fit une forteresse, et avait son église paroissiale;— 2° Saint-Etienne-le-Vieux. Le nom de cette paroisse ne prouve pas, comme on l'a cru, qu'elle fût une des plus anciennes de la ville : elle n'est ainsi appelée dans les fondations du duc Guillaume que pour la distinguer de l'église Saint- Etienne, qui s'élevait alors à ses côtés. Huet s'est trompé en attribuant son origine à saint Regno- })ert- — 3» Saint-Michel-de-Vaucelles , située dans un faubourg de Caen, était le chef-lieu d'un doyenné rural, dépendant de l'archidiaconé d'Hyesmes. Néanmoins son clergé faisait corps avec celui des paroisses de la ville; — 4° Saint-Julien. Quoique située dans le faubourg, cette paroisse avait conservé quelques extensions sur la ville, ce qui la suppose existante avant le tracé des plus anciennes fortifications; — 5° Saint-Martin. On croit qu'elle remontait à la seconde moitié du ixe siècle, époque à laquelle le culte du saint évèque de Tours se répandil dans les Gardes.
INTRODUCTION. XU
Quatre furent fondées du temps de Guillaume-le- Conquérant, après 1066:
1° Saint-Gilles, qui ne fut dans le principe qu'une chapelle dépendant de l'abbaye de Sainte-Trinité, et élevée dans ce quartier par la duchesse Mathilde pour la sépulture des pauvres; — 2° Saint-Nicolasdes-Champs. Cette paroisse, qui occupait la majeure partie du Bourg-l'Abbé , fut formée aux dépens de Saint-Étienne-le -Vieux et de Saint -Martin , pour être donnée à l'abbaye de Saint-Etienne ; — 3° Saint- Ouen a la même origine. Avant de faire partie du Bourg-l'Abbé , ce petit quartier formait un hameau particulier connu sous le nom de Villers ; — 4° Sainte- Paix-de-Toussaint. Cette paroisse n'était dans l'origine qu'une simple chapelle fondée par le duc Guillaume, et nommée Sainte-Paix , parce qu'on l'érigea en 1061, après le concile de Caen, où fut proclamée la trêve de Dieu. On l'appelait aussi l'église de Toussaint, en mémoire des reliques que l'on avait apportées à Caen de toute la province, et sur lesquelles on fit jurer aux barons normands l'observation du concile.
A côté de cette chapelle, il a existé, sur le territoire de Sainte-Paix, une autre église appelée Notre- Dame-de-la-Fontaine. Celle-ci a été curiale; mais elle faisait partie du doyenné de Troarn, étant considérée comme une seconde portion de Mondeville. Ce ne fut qu'en 1729 que la paroisse de Sainte- Paix fut réunie à la bourgeoisie de Caen.
De ces treize paroisses, Saint-Pierre, Notre-Dame, Saint-Sauveur et Saint-Jean appartenaient à l'évêque et au chapitre de Baveux. T/abbaye de Sainte-
XLH INTRODUCTION.
Trinité possédait Saint-Georges, Saint-Étienne-le- Yieux, Saint-Gilles et Saint-Martin. L'abbaye de Saint-Étienne avait juridiction sur Vaucelles, Saint- Nicolas et Saint-Ouen. De l'abbaye de Fécamp dépendait la cure de Sainte-Paix , et de l'ordre de Malte, celle de Saint-Julien.
Aujourd'hui les paroisses curiales de Caen sont au nombre de sept : Saint-Étienne , Saint-Sauveur, Notre-Dame, Saint-Jean, Saint-Pierre, Saint-Gilles, Aaucelles ; auxquelles il faut ajouter les deux succursales de Saint-Julien et de Saint-Ouen.
Ont été supprimées: Saint-Georges, Saint-Martin et Saint-Nicolas.
Les paroisses de Saint-Pierre , Saint-Jean , Saint- Gilles , Vaucelles et les succursales de Saint-Julien et Saint-Ouen sont rétablies aux lieux qu'elles occupaient.
Les paroisses de Saint-Étienne et de Notre-Dame ont été transférées , l'une , dans l'ancienne abbaye de Saint-Étienne, l'autre, dans l'ancienne église des Jésuites. L'église Notre-Dame-de-Froide-Rue est occupée par la paroisse de Saint-Sauveur. L'église de Saint-Martin et l'ancienne église de Sainte-Paix ont été démolies. Il reste, sous le nom de Sainte- Paix, une petite église bâtie à la fin du xvme siècle, et conservée en qualité de chapelle. Saint-Georges, Saint-Nicolas, Saint-Étienne-le-Vieux et Saint-Sauveur subsistent encore aujourd'hui, mais sans destination religieuse.
chapelles Huet, qui a consacré un chapitre de ses Origines aux chapelles de Caen , dit que le nombre en a été considérable, mais qu'il serait impossible d'en faire
de Cnrn.
INTRODUCTION. XUII
une histoire exacte. Contentons-nous de citer celles qui se trouvent dans les pouillés du xvnr siècle , au rang des anciennes fondations :
1 ° La chapelle Saint-Gabriel et la chapelle Saint- Agnan, dans l'église Saint-Georges-du-Château ; — 2° la chapelle de Brucourt ou Saint-Jacques-le-Majeur, dans le couvent des Capucins ; — 3° la chapelle de Hallebout, fondée en 1315, dans l'église même de Saint-Étienne, par Philippe de Hallebout. Elle avait quatre portions et quatre titulaires ; — 4° dans l'abbaye de Sainte-Trinité, les chapelles des Saints- Innocents , de Saint-Laurent , de Notre-Dame-du- Pardon, de Saint-Martin-sous-la-Tour, de Sainte- Trinité; — 5° la chapelle Saint-Louis-de-1'Officialité, dans le palais épiscopal ; — 6° la chapelle de Notre- Dame-des-Champs, située sur le territoire de la paroisse Saint-Julien; — 7° dans le faubourg Saint- Gilles , la chapelle Sainte-Agathe et celle de Saint- Thom&s-l' Abattu. Celle-ci, qui fut d'abord un hospice, ayant été réédifiée au xve siècle, on y fonda deux autels , l'un , en l'honneur de saint Quentin , l'autre, sous l'invocation de saint Sébastien; — 8° la chapelle du Nombril-Dieu, à la Maladrerie. Elle avait commencé par être une léproserie , avant de devenir un bénéfice simple.
L'abbaye de Saint-Étienne est l'œuvre de Guillau- communautés me-le -Conquérant. Les premiers travaux ont dû ^c^commencer avant la conquête de l'Angleterre, atten- Ab~ du que, dans un des actes qui s'y rapportent, le dest-Éti titre de comte pour duc est le seul qui soit attribué au fondateur. Saint Lanfranc , qui fut le premier abbé du monastère, fut aussi chargé de le construi-
tienne.