XLIV INTRODUCTION
re. Il y travailla depuis 1066 jusqu'en 1070. Guillaume-Bonne-Àme , son successeur, termina ces travaux, et fit célébrer la dédicace de l'église, en 1077, par Jean d'Avranches, archevêque de Rouen. Aux donations de Guillaume et de ses fils en faveur de la nouvelle abbaye, il faut ajouter celles d'un grand nombre de seigneurs normands. Il en résulta, tant en Normandie qu'en Angleterre, plusieurs riches prieurés dépendants de l'abbaye. Le monastère fut donné aux religieux de Saint-Benoît. En 1663, Anne de Bourbon, duchesse de Longueville, y introduisit la réforme de Saint-Maur. Odon Rigaud, archevêque de Rouen , y trouva , dans ses visites , depuis cinquante-quatre jusqu'à soixante-dix religieux, sans compter ceux qui habitaient leurs prieurés. A cette époque (xine siècle), le revenu était de 4,000 livres tournois en France , et de 1 1 0 livres sterling en Angleterre. Au xvme siècle, le revenu était évalué à 70,000 livres (1). La taxe en cour de Rome était de 1,060 florins, carmes. On ignore la date précise de l'établissement des Carmes à Caen. On trouve seulement un legs stipulé en leur faveur à la date de 1275. Il est connu que leur fondateur , Jean Pillet, vivait à cette épo-
(l)Je n'ignore pas que l'abbé Delarue l'évalue, pour cette époque, à 192,000 livres, de même qu'il évaluait à 250,000 livres le revenu de l'évêché, estimé 100,000 livres dans les documents officiels. Je déclare ici une fois pour toutes que, sans prétendre expliquer ces différences, je continuerai d'indiquer le revenu des abbayes et des prieurés tel que je le trouve officiellement constaté dans la France ecclésiastique de 1764 et 1787.